C'est pour lire

Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /2006 17:17

Initiée par Georges Chaulet en 1961, "Fantômette" a acquis ses lettres de noblesse en hissant au bout de ses bras menus la collection dite de la "bibliothèque rose", aidée de ses amis Oui-Oui et Patapon. Déclinée en bandes dessinées, en série télévisée, en dessins animés, et en pas moins de 12 longs métrages, ce personnage a vécu bien des aventures passionnantes : combattu ses propres clones dans "les 7 fantômettes", vécu une idylle impossible dans "Fantômette et le brigand", posé des lapins dans "Fantômette viendra ce soir", répondu au téléphone dans "Appelez Fantômette", gagné au Bingo dans "Fantômette et les 40 milliards", fait preuve de perspicacité dans "Fantômette ouvre l'oeil", j'en passe et des meilleurs...
Mais voilà qu'aujourd'hui sort ("enfin !", diront les mauvaises langues) le dernier épisode de notre aventurière en jupette jaune préférée : "Fallait pas jouer au con, Fantômette". Ultime roman de la saga, nous y découvrons une fantômette amère, dépitée de n'avoir pu éradiquer le mal malgré sa bonne volonté et raccrocher les gants, ou plutôt le masque, pour se consacrer à sa seconde passion : les soins vétérinaires.
Une oeuvre palpitante que je conseille à tous.

Par Mr Blouch - Publié dans : C'est pour lire
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Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /2006 17:17

Chez les extrêmes satyres, on a peur de rien et surtout pas de vous apprendre des trucs épatants. Aujourd'hui, apprenons ensemble d'où provient le gaz hilarant de notre ami le Joker par le truchement de l'adjectif usuel "sardonique" souvent employé pour décrire le rire, chose dont nous sommes coutumiers, car nous aimons rire.

Étymologie : L'apium risus, appelé également Sardonia, du nom de l'île de Sardaigne, espèce de renoncule qui a pour propriété de rendre les hommes insensés, favorisant une convulsion et distension des nerfs telle que les lèvres se retirent donnant l'impression que le malade rie, d'où l'expression.

Voilà. Apparemment on en trouve aussi en Gironde.

Par Mr Blouch - Publié dans : C'est pour lire
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Mardi 23 janvier 2007 2 23 /01 /2007 19:00

On est laid à Nanterre,
C'est la faute à Voltaire,
Et bête à Palaiseau,
C'est la faute à Rousseau.

Je ne suis pas notaire,
C'est la faute à Voltaire,
Je suis petit oiseau,
C'est la faute à Rousseau.

Joie est mon caractère,
C'est la faute à Voltaire,
Misère est mon trousseau,
C'est la faute à Rousseau.

...

Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C'est la faute à...

Par m. victor - Publié dans : C'est pour lire
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Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /2007 00:46

Chez les Rockfeller, colons misérables fixés dans le Kentucky.
La salle commune. Une grande table dressée sur des tréteaux. Repas de midi.
Nous sommes au début du XIXe siècle.

C'est un western en huis-clos.
Il y a une attaque d'indiens, mais c'est un huis-clos.
En fait, René de Obaldia a l'air de se ficher des westerns, c'est assez caricatural pour ne pas révolutionner le genre (des indiens qui attaquent des colons, même en 1965, ça devait déjà être un peu douteux comme représentation de l'histoire, non ? mais je crois que Obaldia s'en fiche aussi). C'est comme les huis-clos. Il aura peut-être inventé le western en huis-clos, mais ça n'est même pas sûr. Il faudrait visiter l'oeuvre d'O'Neill, le dramaturge mythographe officiel des États-Unis. Mais au fond, l'essentiel, c'est que cette pièce est drôle. Alors évidemment, elle joue avec les clichés. Je n'ai pas encore décidé si on veut les dénoncer, jouer avec, ou seulement s'en servir pour raconter une histoire. C'est une question à laquelle je n'ai pas répondu dans ma mise en scène imaginaire. Par contre, je me suis bien marré. Surtout grâce à Michel Simon, c'est lui qui joue le rôle de John-Emery Rockfeller, le patriarche qui prend de la place. Il faisait partie de la première distribution de la pièce, en 1965, alors je ne me suis pas privé de le réengager.
Question distribution, des noms qui font écho, car il y avait aussi Françoise Seigner, Caroline Cellier, Bernard Murat, Jacques Hilling, Rita Renoir, Francis Lemaire et Michel Roux.

Au fait, il paraît qu'une pièce de théâtre est mieux à regarder qu'à lire. C'est assez curieux, parce que souvent (pas toujours, et l'opinion se défend, et même très bien, mais souvent) ceux qui disent ça, ce sont les mêmes qui n'aiment pas lire des bandes-dessinées sous prétexte que ça bride leur imagination quand ils lisent une histoire. Oui mais ils disent qu'une pièce de théâtre est faite pour être mise en scène, parce que la lecture bride le plaisir de se laisser aller à l'histoire. Malgré un vice éventuel dans mon raisonnement, il y a contradiction n'est-ce pas ? Dans tous les cas, il y a représentation ou indice de représentation, et dans tous les cas, il y a des choses qui nous échappent et d'autres qu'on ajoute (ça s'appelle l'interprétation). C'est vrai que les indications scéniques ne sont généralement pas confortables. Ici, elles le sont, et parfois elles justifient qu'on lise le texte, puisqu'elles sollicitent des sens qu'une mise en scène doit souvent laisser de côté.

Côté humour, comme on l'a dit, c'est un western, mais ça aurait pu se passer n'importe où, n'importe quand. C'est en ça que j'ai pensé à Goscinny qui situe lui aussi certaines de ses histoire dans des époques qu'il ne respecte pas, mais qui sont bien pratiques quand même parce que les codes ne sont jamais qu'un cadre qui permet de raconter tout ce qu'on veut (sur l'échelle de Goscinny dans le barreau le plus réaliste serait Lucky Luke et le plus fantaisite serait Iznogoud, "Du vent..." se situerait sur le barreau Astérix). C'est ce que j'ai appris avec la moitié des albums de la série Lapinot, de Trondheim qui rendent hommage à des genres variés et divers.
Par contre, si la base de l'intrigue est faite avec des clichés, les personnages sont salutaires parce que ce sont des péquenots (en américain, on dirait red-necks, encore que, début XIXème, je ne suis pas sûr que ce soit dit) qui ne se comportent pas comme des péquenots de base. Si ça, c'est pas de l'amour pour ces personnages ! Parce que Obaldia a l'air de comprendre que le péquenot de base (comme le français de base, l'arabe de base, l'américain de base, la boulangère de base, le schizophrène de base) ça n'existe pas. Bon, ça fait pas réaliste, mais présentez-moi une seule personne réaliste dans votre réalité du coup pas si morne que ça, et on en reparlera. Et vous verrez à quel point je peux être de mauvaise foi. Je ne sais pas si Obaldia est de mauvaise foi, mais ses personnages sont vivants, ils peuvent ne savoir ni lire ni écrire, mais avoir des opinions sur la lutte des classes alors que la première Internationale n'a même pas eu lieu de l'autre côté de l'Atlantique.

Ah ouiche, mais qu'est-ce qu'on se marre à les écouter !

Pas d'illustration, parce que je n'ai pas retrouvé la couverture du livre de poche qui a été réalisée par Jouineau-Bourduge (oui, oui, un lien par nom, pour se faire une idée) et qui pour cette fois sied à mon goût.

Voilà, pour finir, parmi les nombreuses qualités de René de Obaldia, il faut noter qu'il fait partie des gens qui sont nés un 22 octobre.

Par m. florian - Publié dans : C'est pour lire
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /2007 12:16

La Bataille à Scutari est un texte de Jérôme et Jean Tharaud. C’est à la fois un reportage et un récit de voyage. On explore l'Albanie, le Montenegro et la Grèce en 1912 et 1913 au moment où les Balkans s’affranchissent de la domination turque (première guerre balkanique (octobre 1912-avril 1913). Le texte est publié immédiatement après le départ des Turcs.

Un récit de voyage parce qu’il y a une différence entre le narrateur du début et celui de la fin.

Un reportage parce qu’on a beaucoup de détails sur la situation à l’époque. Les détails sont parfois (souvent) hermétiques. Une présentation, un contexte est nécessaire. C’est ce dont est doté l’anthologie* dans laquelle je me promène en ce moment et qui contient entre autres romans (dont Capitaine Conan), nouvelles et reportages la Bataille à Scutari. C’est utile pour comprendre qu’on assiste à un moment historique dans un lieu pour le moins chargé. C’est du rapport entre le lieu (les montagnes, la mer) et l’Histoire. Les auteurs parviennent à évoquer le lien, ce qu’il a de ténu, entre les lieux traversés et ce qu’ils représentent pour l’écrivain cultivé. C’est une invitation au voyage pour le lecteur dilettante qui n’a jamais vraiment réussi à se représenter les voyages racontés par Ovide ou Homère. Les frères Tharaud présentent un lieu à la fois riche pour lui-même (des pages de contemplations) pour ce qu’il a de particulier (en le faisant contraster ou ressembler aux Bretagnes et autres pays nordiques) et pour les évènements dont il fut/a été/est le théâtre (cinq siècles de domination turque contre laquelle se sont "unis" Hellènes, Slaves,  Albanais…). On s’y découvre plus barbare, étonné de voir que l’autre n’est pas si barbare lui-même.**

 

Il y a quelque chose de désuet évidemment dans ces descriptions. Quoi ? Probablement le style, maîtrisé, révélant une gamme de tons – parfois ironique, parfois lyrique, parfois désabusé, parfois émerveillé – appropriés aux humeurs du narrateur, ce qui participe à rendre la diversité du monde qu’il visite, à travers la pluralité des regards qu’il porte. Quoi de désuet ? La logorrhée animée, les apostrophes, la lecture de soi (même fictionnelle), et ces listes qu’on trouve si rarement dans la plupart des textes actuels tendant vers le bref, la phrase efficace, courte, même semble-t-il dans une œuvre aussi longue que les bienveillantes***.

 

Ouaip, j’aime bien les fioritures.

 

 

* Balkans en feu à l’aube du XXe siècle, omnibus, 9782258059290

** Dernier exemple en date dans nos contrées. Dans un reportage du 11 mars réalisé à la suite du canular de la RTBF, un jeune Wallon découvre par le biais de sa copine flamande et bilingue que les flamands ne sont pas aussi tels qu’un Wallon peut être enclin à croire.
*** j’ai pas vu. j’ai pas lu, mais j’en ai entendu causé.

(et je m'aperçois que voici notre centième article)

Par m. florian - Publié dans : C'est pour lire
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