John Reed, par Robert Rosenstone
Ce qui est particulièrment intéressant, c'est la description des États-Unis au moment de la première guerre mondiale et de la révolution d'octobre. On y retrouve des gimmicks familières aujourd'hui. Par exemple, un trait simple : on y apprend qu'en 1917, lors de la mobilisation des Américains contre l'Allemagne, "la choucroute (sauerkraut) fut baptisée "liberty cabbage"".
John Reed était contre cette guerre qu'il considérait comme une manipulation des patrons (l'occasion de faire des sous) aux dépens des peuples. D'après lui, elle ne concerne pas ces soldats et le nationalisme est un leurre.
Cette description documentée résonne avec notre actualité à nous, où on peut repérer certains mécanismes. Elle résonne sans doute aussi avec les années 70, au moment où le livre a été conçu et publié.
L'autre grand intérêt réside dans l'ambition littéraire de John Reed qui se rêvait poète. Rosenstone y décrit les correspondance entre le poète et l'homme d'action, entre l'art et la politique. Pour ça, la préface de Sartre à l'anthologie évoquée dans le billet précédent était tout aussi utile.
Dans un vrai journal, je n'en aurai pas parlé parce que je n'ai même pas lu une Histoire populaire des États-Unis d'Howard Zinn ni les Raisins de la Colère de Steinbeck. Dans un blog, on peut.
*J'ai acheté ce livre car en le feuilletant, j'ai vu le mot Belgrade. Je me préparais à y retourner.