"Les protocoles de la rumeur" de Marc Levin (2005)

Dans la lignée des "reportages vérités" de ces dernières années, après Bowling for Columbine, Farenheit 9/11, Outfoxed ou Arnold à la conquête de l'Ouest, hier je suis allé voir "Les protocoles de la rumeur" de Marc Levin.
C'est en entendant, au lendemain du 11 Septembre, des rumeurs comme quoi aucun juif n'était allé travailler au World Trade Center pour la simple et bonne raison que cet attentat était un engrenage du grand complot juif pour gouverner le monde, le réalisateur a souhaité analyser cette rumeur et nous en faire profiter. Il étudie plus particulièrement l'influence d'un ouvrage antisémite, "Les protocoles des sages de Sion", attribué à un groupement d'auteurs juifs mais probablement un faux, créé en Russie au XIXe siècle afin d'alimenter la propagande anti-sioniste.
Comme pour les autres documentaires cités, les images sont fortes, choquantes, encore plus lorsqu'on est loin de maîtriser l'histoire politique et religieuse internationale. Il ne s'agit pas ici d'apporter une réponse ou une solution à "comment faire taire la rumeur" (bien entendu, des centaines de juifs ont aussi péri dans l'attentat), mais plutôt d'effectuer un panorama de quelques idéologies de la nuit des temps et qui persistent jusqu'à nos jours.
En vrac, on a donc pu voir des images de propagande nazie ou les juifs sont comparés plus qu'explicitement à des rats, un commercial néonazi très fier de ses chaussures à crampons "svastika", des téléfilms antisémites diffusés en Egypte où l'on voit un méchant sioniste égorger un enfant, une petite fille de 3 ans dire qu'elle n'aime pas les juifs parce que Dieu a dit qu'ils n'étaient que des singes et des porcs, des débats sur la mort du Christ ou encore des images du conflit israëlo-palestinien...
Je ne saurais pas dire si tout l'argumentaire est tout à fait objectif, mais en tout cas, ça fonctionne très bien pour nous conforter dans l'impression de vivre dans un monde complètement barge.
Conseil : après avoir vu ce film, écouter Pierre Perret : " Au nom de Dieu"