Jihad sur le D.J.

Publié le par Des Extrêmes Satyres

"Musique aux autres", en voilà une rubrique qui porte bien son nom.
J'ai un joli sujet de livre qui pourrait être traité aussi bien en polar qu'en pamphlet. Quoiqu'il en soit, il fera tressaillir voire trémousser dans les chaumières pour peu qu'on lui associe en illustration un compact disc, une cassette audio, ou tout autre support sonore. L'histoire ? Une quête de vérité, comprendre un détail de nos existences, un détail certes infime mais sans aucun doute davantage qu'un rouage dans la mécanique universelle. Notre narrateur ou notre héros, tout dépendra de la focalisation, tentera de percer le mystère des musiques populaires, ce secret d'un pouvoir tentaculaire exercé par un nombre étonnemment dérisoire d'oeuvres musicales. Un résumé de notre ouvrage pourrait être : "A quoi doit-on la diffusion de La Chenille lors des soirées familiales, mariages et autres rassemblements festifs ?". "La Chenille" sera bien évidemment interchangeable à loisir au sein de la liste non exhaustive suivante : "L'aventurier", "A la queue leu leu", "Le petit bonhomme en mousse", "YMCA", "La jument de Michao" (dans le cas de soirées bretonnes), "Born to be alive", "Les lacs du Connemara", j'en passe et d'autres.
Toute explication est la bienvenue, alors n'hésitez pas et faites nous en part.

Bien à vous.
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Publié dans Musique aux autres

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M
Dans le deuxième partie de ce soir ou jamais, celui du 23 mai. On évoque la question avec Alain Chanfort. Ca ne dure pas longtemps : http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/article.php?id_article=247&id_rubrique=107#<br /> On tourne aussi autour de ça dans le fameux entretien de brassens-brel-ferré qu'on peut lire ici : http://snoopairz.free.fr/ ... et qu'on peut entendre là : http://brassensbrelferre.free.fr/index.php. (elle est publiée par Fayard).<br /> (je ne sais pas si c'est bien légal, quelqu'un s'y connaît en droit ?)
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M
Cher Jo, tu es quelqu'un dont aurait tort d'être un fan, tellement tu fais du bien, et à ce titre je t'aime.<br /> Et j'aime les slaves qui semblent mieux te comprendre que nos compatriotes.<br /> J'écoute en ce moment "le berger". Est-ce que c'est une métaphore sur la société ?
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J
Tout ça me rappelle l'une de mes chansons : Vade Retro.http://www.dassin.org/musique/ra/vade_retro.ramPour information, j'ai beau être mort, internet me maintient en vie en permettant l'écoute de la plupart de mes oeuvres sur ce site (real audio) : http://www.dassin.org/fr/index.htmlA bientôt les amis !
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M
Réactions un peu en vrac :<br /> <br />  <br /> <br /> Il y a un vice dans la formulation du problème. Car il y a un vice dans la situation. Maintenant, il est en effet difficile de savoir ce qui fait qu'une musique commerciale soit populaire. Il n'y a pas de jugement de valeur. Une musique est commerciale parce qu'elle est défendue par des publicitaires qui soignent la présentation, vendue par des musiciens ou des marchands de disques qui inventent de nouvelles chansons partie par plaisir, partie pour gagner leur vie. Et tous ces efforts pour être reconnu font que la musique n'appartient plus vraiment au peuple.<br /> La musique populaire s'est imposée d'elle même avec le temps. Certaines chansons ont survécu, d'autres ont disparu à jamais, menant leur petite vie de petite chanson. Mais aujourd'hui tout est stocké, enregistré quelque part, maintenu en vie par des radio (nostalgie, rfm, etc.) sans raison particulière, sinon que, à un moment donné, ça s'est bien vendu (encore une fois, ce n'est pas un jugement de valeur). Ces disques, radios et autres banque de données sont autant de souvenirs à la disposition d'un peuple ainsi dépossédé de sa propre mémoire.<br /> <br />  <br /> <br /> Il y a des chansons que je suis très tenté de considérer comme populaires pour l'effet qu'elles me font, et surtout pour l'indépendance qu'elles prennent de leurs créateurs. C'est-à-dire que je les connais par cœur parce que je les ai choisies (et non subies), mais sur quels critères ? Je ne sais pas vraiment et qu'importe. Répondre à cette question reviendrait à faire de l'auto-psychanalyse. <br /> <br />  <br /> <br /> À présent, assiste-t-on à un phénomène un peu bizarre où les chansons qui pourraient devenir populaires restent confidentielles, sans pour autant être élitistes ?<br /> Pour conclure, une chanson populaire tient surtout à son mode de diffusion, et une chanson vraiment populaire (qui appartient au peuple, donc) est une chanson qui se transmet d'individu ä individu (comme les berceuses, et autres chansons qu'on dit traditionnelles), car elles invitent celui qui la retient à dépasser le stade du simple fredonnement conditionné, et celui qui transmet à dépassé le simple "tiens, écoute ça, c'est plutôt pas mal".<br /> <br />  <br /> <br /> Voilà, c'est juste une critique du choix du terme populaire en parlant des chansons évoquées, qui conduit peut-être à identifier le peuple à de simples consommateurs, ce qui est effectivement la tendance. Ça vient aussi du fait que je viens juste de lire La création des identités nationales, Europe XVIIIe – XXe siècle, Anne-Marie Thiesse, point seuil Histoire, et Comment peut-on être breton ? Essai sur la démocratie française, du génial Morvan Lebesque, Point seuil (livres où j'ai trouvé plein de raisons pour ne pas voter Sarkozy, Le Pen, ou Royal – ceux du ministère de l'identité nationale OU des symboles ä la mords moi l'nœud ). C'est pour ça que je suis assez réactif.
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D
J'ose espérer que les gens informés n'ont pas lu ce commentaire et que les gens qui l'ont lu n'ont pas été informés.<br /> Morvan Lebesque n'est pas si génial que ça au fond. Dans cette biblio, Surtout retenir Anne-Marie Thiesse.<br />  "Comment peut-on être breton" doit être accompagné de "le monde comme si (nationalisme et dérives identitaires en Bretagne)" de Françoise Morvan, en attendant d'affirmer ses certitudes, à travers d'autres livres, opinions, et surtout, recherches scientifiques, historiques et fiables. Je m'adresse à ceux qui, comme moi, ont grandi en Bretagne, se sont construit une identité à partir de tout le folklore accessible et dont l'origine est peut-être douteuse.<br /> Voilà, de livre en livre, de rencontre en rencontre...