Dick Tracy (Warren Beatty, 1990)
Quelques années ont passé depuis les dossiers spéciaux consacrés aux maquillages des méchants de Dick Tracy parus dans le journal de Mickey. 17 ans. Que le temps passe vite, mes amis. Déjà à l'époque, les photos proposées par ces journalistes à la solde de Walt Disney m'avait beaucoup marqué : citons en pagaille le Pruneau, Big Boy Caprice, Little Face, tous ces affreux visages affichant clairement des intentions à signer à la mitrailleuse Thomson, sans oublier bien entendu la mystérieuse Frisson Mahoney...17 ans plus tard, je me décide enfin à le regarder et quelle claque ! Un vrai régal pour les mirettes ! Warren Beatty se régale ici à ne pas faire exploser la palette chromatique pour se concenter uniquement sur le noir, le jaune, le rouge, le bleu, le vert, le blanc et quelques petites touches légères de violet sans en abuser. Banal ? J'ai juste oublié de préciser qu'il n'y avait quasiment aucune nuance, seulement des aplats de couleurs; les gangsters, policiers et journalistes s'habillant tous de couleurs vives qui chatoyent. Cet aspect bande dessinée est encore amplifié par un travail sublime sur les décors, en particulier les images de la ville, mélangées subtilement à des dessins emportant le spectateur dans un univers quasi-onirique faisant beaucoup penser aux décors de Tim Burton (la musique de Danny Elfman joue un rôle important dans cette ressemblance, il est vrai). Bref, on se retrouve ici avec un ancêtre glorieux (et en couleurs s'il vous plaît) de Sin City mâtiné d'un soupçon de Roger Rabbit.
Du côté des acteurs, ça cabotine, et ça cabotine sacrément bien du côté des gros méchants étant données les pointures qu'on nous propose (Al Pacino "qui ferait un terrible Joe Dalton si on lui demandait gentiment", Dustin Hoffman, James Caan) tandis qu'on la joue mystérieuse et glacialement brûlante du côté de la femme fatale (Madonna) et playboy cool aussi efficace avec les truands que maladroit avec les femmes pour notre incorruptible Dick Tracy (Warren "la classe" Beatty).
En conclusion, voici un petit extrait de dialogue :
- Dick Tracy (croyant que celle qui frappe à la porte est sa petite amie) : "Une seconde Tess, j'arrive ! Quel parfum de glace tu as pris ?"
- Frisson Mahoney : "Abricot, à déguster tout de suite, elle fond déjà de partout..."
Hum hum.
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