je suis un bon garçon, oui mais voyez-vous, on ne me fait pas deux fois le même coup

Publié le par Tzvetan Liétard

Si j’avais vu Potiche plus tôt, je ne l’aurais peut-être pas montrer en cinéclub. Il fait partie de sa grande tendance du cinéma français qui consiste à mettre en scène une époque révolue en la faisant résonner avec l’actualité (avec des répliques comme « casse-toi pôv’con » et « travailler plus pour gagner plus » ce qui l’a rendu intéressant d’un point de vue culturo-civilisationnel. En plus il a plu (la chanson d’Il était une fois aussi, sans jeu de mot) mais c’était un petit public. Deux moments réussis vers la fin : l’un avec Lucchini l’autre avec Godrèche.

Avec la confrontation des Groseille et des Le Quesnoy, La vie est un long fleuve tranquille aurait pu être un mélange de Chabrol et de Scola (que je ne connais guère). On a ri franchement deux fois (dont une fois grâce à Bouchitey disant Judas). On a été impressionné par Benoît Magimel et Catherine Heigl. Mais on a regretté d’avoir raté le coche. On m'a tellement trouvé bizarre de ne l'avoir jamais vu.

En revanche, Trois vies et une seule mort donne à cogiter. Je l’avais déjà vu à l’époque de sa diffusion sur Canal Plus (on m’en avait prêté une VHS). Ruiz était alors un nom familier, puisque j’avais lu Le Transpatagonien, ce recueil d’histoires co-écrit avec Benoît Peeters et illustré par Deubelbeiss… . J’en avais lu des extraits dans le magazine (à suivre) où j’avais aussi trouvé un reportage sur Mauvais Sang de Carax puisque Hugo Pratt y jouait un rôle. De Trois vies et une seule mort, il m’était finalement resté plus que je ne le pensais, y compris Roland Topor. Quand je me renseigne sur un des films du chilien, le qualificatif « déroutant » apparaît relativement souvent. Bon, ça l’est, mais bien moins que les deux autres vus plus ou moins récemment, un peu comme une façon de parler à laquelle on s’habitue. Est-ce dû d’ailleurs à cette habitude ? au fait que le film retombe sur ses pattes ? au décor parisien familier ? (il n’y a pas que les escaliers de la Sorbonne qui font penser à Après l'Amour) ? à Marcello Mastroianni et sa capacité à catalyser bizarrerie (comme dans l'Assassin d'Elio Petri) ? Enfin de compte, cette écriture Ruiz-Bonitzer est assez proche de l’idée que je me fais des production du tandem Buñuel-Carrère.

 

Potiche, François Ozon, 2010

La vie est un long fleuve tranquille, Etienne Chatiliez, 1988

Trois vies et une seule mort, Raul Ruiz, 1995

 

Pas de notice cette semaine, les copains.

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