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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 19:43

Le thème de la semaine devait être les séries de cinéma dont j'avais déjà vu un épisode. Charlton Heston, Dirty Harry, Nick and Nora Charles, Phibes, Dean & Jerry, Audiard, Hitchcock, Django... En fait, ce sont les questions de pouvoir, de justice et d'utopie qui ont été traitées. Accessoirement, la réception de la bande-dessinée par certains films.

 

Mais tout d'abord, cette semaine, Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort se sont cachés (pas longtemps) dans le public:

Jean-Pierre-Marielle-dans-shadow-of-the-thin-man.jpg

Jean-Rochefort-dans-Watchmen.jpg 

La Banquière m'a rappelé ces coproductions, d'ailleurs, la présence d'Ennio Morricone et de Romy Schneider lui en donne des allures. On a repéré au début le petit Louis-Ferdinand Destouches, dont la mère tenait une mercerie dans le passage Choiseul. Nous n'avons pas lu Mort à Crédit, mais Michel Polac nous a présenté le lieu dans cette émission consacrée à Céline.

La Planète des singes est plein d'imperfections, de choses qui semblent ne pas pouvoir fonctionner, d'énormes coïncidences que le livre aténue quelque peu (je l'ai lu justement au moment où nous avions appris Pythagore, en cinquième). Peu importe, ce film philosophique, scénarisé par Claude Levi-Strauss, se regarde comme un film de procès, une pièce de théâtre.

Nous avions déjà regardé Magnum Force ensemble et je dois dire qu'à l'époque, tout comme Bullit, il m'est un peu passé au dessus de la tête. Je n'en avais pas retenu grand chose. Je n’avais même pas reconnu Felton Perry que je connais depuis Robocop. Cette fois-ci, il m'a beaucoup plus intéressé. Le film sert à rendre la position de Harry plus complexe, et à le distinguer par exemple du Batman de Frank Miller.

Il est facile d'identifier Ni pour, ni contre (bien au contraire) comme un film de Cédric Klapish. J'ai cru comprendre à l'époque de Peut-être qu'on lui reproché d'avoir fait un film de science-fiction sans en avoir, sinon la culture, du moins l'amour. C'est peut-être la même chose ici pour le genre policier. L'auteur mets plein de Klapisheries (des notes d'humour décalées qui font toujours sourire) dans un genre qui peut aller dans tous les sens (naturalisme, réalisme social, stylisation à outrance, esthétisme) mais peut-être la rencontre est-elle trop superficielle, la rencontre entre la vie et le genre, les anecdotes de la vie quotidienne et les morts violentes et improbables. Le titre qui parmi ceux de Klapish sonne le plus comme une comédie (qui fait écho à la conclusion de ce qui me meut) contribue à brouiller les pistes. Parmi les réussites, due autant à l'écriture qu'à l'interprétation, mentionnons les personnages de Simon Abkarian et Zinédine Soualem.

L'Ombre de l'introuvable confirme ce dont je me suis aperçu la semaine dernière : je deviens à bon à repérer le méchant, quand c'est le type sympathique qui demande de faire quelque chose (genre « conduis » ou « laisse-moi conduire ») ou quand il trouve un indice déterminant (mais faux). Nick Charles et Harry Callahan vivent au même endroit )(San Francisco) à trente ans de différence. Mais on a un peu peur quand après Magnum Force on voit ceci :

Shadow-of-the-thin-man-arrestation-magnum-force.jpg

Dans Le retour de l'abominable Dr. Phibes, on retrouve des raisons d'aimer le premier (les meurtres inventifs et donc l'humour noir, ce qui nous suffit), on en retrouve moins d'autres (comme on a vu le premier, Phibes n'est plus trop mystérieux et beaucoup plus bavard).

Les parties de La deuxième partie de naissance d'une nation ne mettant en scène que des blancs font penser à du Verhoeven, celles ne mettant en scène que des noirs à un film de zombies ou au Jud Süß (que je n'ai pas vu). Le tout a un air de Planète des singes suspecte. En effet, les blancs et les noirs sont présentés comme des espèces incompatibles. Certains noirs ambitieux (beaucoup veulent bien ne rester que des esclaves) veulent vampiriser les blancs en se mariant. Même les blancs les plus favorables à l'égalité des droits trouvent inacceptable l'idée d'un mariage mixte. Et tout cela doit convaincre que la guerre (entre les blancs) n'est pas bien. L'éducation à l'image a fait du progrès. Sidney Poitier, Melvin van Peebles, il était temps que vous arriviez. On le regarde en se disant que deux fois plus de temps s'est écoulé entre ce film et aujourd'hui (100 ans) qu'entre le film et les évènements décrits (50 ans). Les membres du Ku Klux Klan faisaient probablement tenir leur cagoule avec un débouche chiotte.

J'avais choisi de regarder Artistes et modèles parce que cette image se trouvait dans un super livre dont je causerai peut-être.

Artists---Models-Lady-Bat-ornella-volta.jpg

Malgré machisme dégoulinant de Dean Martin ou le crétinisme nasillard de Jerry Lewis, on se laisse séduire par la couleur, la musique et Shirley McLaine. Ce film décrit le monde de la bande-dessinée dont les auteurs sont des artistes frustrés. D'ailleurs, ils engagent (ha ha ha) des modèles pour dessiner, quoi, la couverture ? chaque case ? Contrairement à ce que prétend l'affiche, les artistes sont autant les femmes que les hommes, et itou pour les modèles. Shirley McLaine est épatante. Elle me rappelle quelqu’un, mais qui ?

Mort d'un pourri aussi comporte un personnage de dessinateur-de-bande-dessinée-qui-voudrait-se-remettre-à-la-peinture. C'est mon Delon du genre préféré. Ayant en tête ce film au visionnage de l'émission qui suit, Lautner est clairement un metteur en scène. Quand Klaus Kinski parle de sa vraie voix en français, il a un débit et un timbre assez proche de celui de Trintignant. Il y a aussi Ornella Muti et Stan Getz au saxophone, mais ce n'est pas non plus une coproduction. Il y a un contre-exemple à ce que je disais plus haut au sujet de l'ordonnateur qui distribue les places de voitures. Je voulais montrer le salon de Xavier Maréchal (Delon), je reviens au début quand Philippe Dubaye (Ronet) lance l'histoire. J'aperçois la planche de l'ami bédéaste de Maréchal. Cette ouverture a tout d'un incipit. C'est un peu absurde parce que ce détail est invisible à première vue.

J'en parle car dans cette émission, à la fin Jean-Baptise Thoret parle un peu rapidement en disant qu'en France, on a une approche trop littéraire du cinéma en donnant de mauvais exemples. Le rapport de base entre le cinéma et la musique, c'est le temps (qu'il y ait du rythme ou non, d'ailleurs). En revanche, ce que le cinéma a pris à la littérature, en tout cas quand il s'agit de raconter des histoire, c'est la notion de point de vue (dont les invités n'ont pourtant pas cessé de parler tout au long de l'entretien). Quand Michel Polac, à l'occasion de la sortie de Marienbad, avait demandé à Resnais de quel écrivain il se sent le plus proche, il attendait un nom du Nouveau Roman, (au moins Duras ou Robbe-Grillet). Resnais lui a répondu Zola pour cette raison précise. Encore une fois, c'est certainement par manque de temps que Thoret n'a pas réussi à clarifier son propos. Truffaut, à l'écrit, a pris ce temps, et ça a donné ce pamphlet dans lequel il fait, entre autre, la différence entre la littérature (à même de fournir des idées au cinéaste) et l'approche littéraire (qu'il reproche à Aurenche et Bost et qui consiste à remplacer le prétendu infilmable par un dialogue). Ça mis à part, merci à eux d'avoir partagé cette bonne autopsie de cinéma !

Dans Les cheveux d'or, Ivor Novello = Crispin Glover !

Dans Watchmen,Kovacs ressemble à Harry Callahan en plus petit, plus roux (Harry l'était déjà) et plus sale (Harry pue peut-être mais...). Si le personnage qui était derrière tout ça avait vu quelques-uns des films de cette semaine, il n'aurait pas perdu de temps à ce complot. L'adaptation était très bien faite, et l'absence d'éléments que je regrette (notamment les séances entre Rorschach et le psy) s'explique par le manque de temps. Je me demande comment on peut appréhender ce film sans avoir lu le livre, ce qui pousse à mettre en scène tous ces détails que la majorité ne captera pas (tout comme la planche affichée au début de Mort d'un pourri). Dans une interview, Alan Moore expliquait que l'accumulation de détails et de coïncidences servaient à donner du grain à moudre aux universitaires, à leur permettre de produire de l'analyse. Il a réussi. Le film aussi dans son dialogue avec le livre, les choix scénaristiques intelligents. Sur ce point, il n'y a que deux détails qui ne me satisfont pas. Je me souviens d'un site (dont le texte est reproduit ici) avec des analyses du livre de Moore & Gibbons. Toutes les références que ce site m'avaient apportées ont contribué à ma formation intellectuelle. Il présentait chaque personnage comme une allégorie, un archétype. Je l'avais imprimé et rangé avec mon album de Watchmen, celui traduit par Manchette. D'ailleurs, il paraît que le livre a été retraduit, ont-ils toiletté les "j'veux dire" dont la fréquence passe moins bien que les "I mean" (tout comme les "putain de" passent moins bien que les "fucking" at all end of field – à tout bout de champs). En écoutant la BO qui fait partie de la culture générale et intime de beaucoup d'entre nous, et en remarquant qu'elle était constituée de titres exclusivement américains (états-uniens et Leonard Cohen), j'ai réalisé que, non seulement les États-Unis étaient l'un des sujet de ce film, mais que c'était probablement la seule nation qui peut produire un film si marqué culturellement sans qu'on puisse y voir d'obstacles culturels. Un film français avec que des chansons françaises (sans que c'en soit le sujet, même si dans On connaît la chanson, on pourrait se demander pourquoi avoir exclu les chansons anglophones) ne doit pas éveiller si facilement d'émotions chez un étranger.

Le secret de la planète des singes, ou tout ça pour ça.

Dans L'inspecteur ne renonce jamais, la plus grande accumulation d'infractions aux règles de sécurité. Il y a aussi un débouche-chiotte.

En regardant Django il bastardo, je me suis demandé ce que donnera celui de Tarantino. S'il respecte le genre, je m'attends à y voir Di Caprio assister à un jeu sadique.

 

La Banquière, Francis Girod, 1980

Planet of the Apes, Franklin J. Schaffner, 1968

Magnum Force, Ted Post, 1973

Ni pour, ni contre (bien au contraire), Cédric Klapish, 2003

Shadow of the Thin Man, W.S. van Dyke, 1941

Dr. Phibes rises again, Robert Fuest, 1972

Birth of a Nation, part 2 Rise of the Ku Klux Klan, DW Griffith, 1915

Artists & Models, Frank Tashlin, 1955

Mort d'un pourri, Georges Lautner, 1977

Rafik-monte2, Arrêt sur image, 2012

The Lodger, a storz of the London fog, Alfred Hitchcock, 1927

Watchmen, Zack Snyder, 2009

Beneath the Planet of Apes, Ted Post, 1970

The Enforcer, James Fargo, 1976

Django, il bastardo, Sergio Garrone, 1969

Les vacances sont finies, la crève s’en va, je retourne au boulot.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 13:32

En attendant de voir la Sociologie est un sport de combat et de lire autre chose que ce que parler veut dire, une petite introduction à Pierre Bourdieu à l'usage des lycéens et des béotiens. Il semble qu'on caricature ses concepts d'habitus et de reproduction sociale parce qu'on a peur d'être condamné. Dire « contrairement à Pierre Bourdieu, je ne pense pas que l'homme soit condamné à la reproduction sociale » revient à dire « contrairement à Pierre Bourdieu, je ne pense pas » car Pierre Bourdieu ne dit pas « l'homme est condamné à la reproduction sociale. » En tout cas, si j’ai bien compris l’entretien.

La Honte est bien la preuve que Ingmar Bergman est aussi intelligent qu'émouvant. Voilà un film obsédant. Plus efficace que la semence de l'homme qui en partage les thèmes.

(Re)voir Leningrad Cowboys go America, c'est se (re)pencher sur la condition humaine et sa capacité à dépasser le choc des cultures. D’autre part, leur jeu de scène si statique donne l'impression que jouer de la musique, c'est facile.

Une balle signée X représente mon baptême d'Audie Murphy. Dans la plupart des westerns que j'ai vu il y a toujours un petit quelque chose d'original. Ici, un tueur à gage qui amène ses cibles à dégainer pour les abattre en légitime défense (un peu comme le grand silence) instille une sorte de panique dans la ville, sans qu'on sache à qui il a affaire, ni s’il est vraiment méchant.

L'Auberge de la Jamaïque est tenue par Joss (c'est son prénom). On a adoré ce film de naufrageurs vu à la Kinoteka en version française et sous-titrée en serbe. Ça se passe en Cornouailles, et ça rappelle les Clients du Bon Chien Jaune. Bonne ambiance de naufrageurs Charles Laughton est bien doublé. J’ai reconnu tout de suite Gracchus Pleindastus, de la Serpe d’or ("ça veut dire quoi, je suis lalala ?"). Charles Laughton et Michel Simon dans un même film, ç’aurait eu de la gueule.

Le Pacha aussi s'appelle Joss (mais c'est son nom). La réplique des "cons sur orbite" est un peu tombée à plat, même si on a oublié qu'elle venait de ce film. Par contre la musique de Gainsbourg pourrait s'adapter à tous les films de ce genre. Essaie de dire ça rapidement : Gainsbourg s'barre, Gabin s'bourre, Gainsbourg et Gabin s'gourrent. Ici, Joss, c'est un peu l'inspecteur Harry. Deux hommes dans la ville dédouane Gabin

L’étrange créature du Lac Noir a deux fois rappelé Spielberg : le couple de scientifiques qui ne veut pas d'enfant tout de suite (comme dans Jurassic Park) et, à un moment, bien que recouverts par d’autres instruments, les coups d'archet sur la contrebasse (comme dans Jaws).

Le grand Shpountz est un titre intriguant. Ce n'est pas le nom du bateau (Shenandoah). Serait-ce le surnom de celui qui a passé 15 ans de sa vie à le fabriquer de ses mains et dont certains se sont moqué ?

 

Pierre Bourdieu, Dominique Bollinger & Philippe Miquel, 1991

Skammen, Ingmar Bergman, 1968

Leningrad Cowboys go America, Aki Kaürismaki, 1989

No name on the bullet, Jack Arnold, 1959

Jamaica Inn, Alfred Hitchcock, 1939

Le Pacha, Georges Lautner, 1968

Creature from the Black Lagoon, Jack Arnold, 1954

Le Grand Shpountz, Lise Blanchet, Jean-Michel Destang & Jean-Pierre Bozon, 1992

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 19:02

L'homme invisible est certainement le gentleman extraordinaire le plus effrayant en raison de son impunité. La plupart du temps dans les films de la période 30's/40's, le média principal est la presse, tandis qu'ici la radio a une place prépondérante. Les voix qu'on y entend dans ce film sont d'ailleurs tellement nettes qu'on imagine le speaker présent. À moins que ...

On retrouve dans Association criminelle comme prévu la fameuse séquence qui a inspiré l'une des plus fameuses de Reservoir Dogs, mais aussi une un peu plus inattendue que je connaissais de Jackie Brown, ainsi qu’un motif utilisé dans Till dusk from dawn. Richard Conte est parfait. Au jeu réducteur des physionomies, il évoquerait Paul Meurisse et Ralph Fiennes. Il deviendra peut-être un film de chevet : c’est la première fois que j’ai envie d’apprendre un film par cœur.

C'est dans Les Chinois à Paris qu'on peut voir le slogan "Breiz atao Tse Toung" ou que l'on peut assister à une magnifique représentation de l'opéra Carmeng. Michel Serrault est un bon acteur car son personnage de croyant sincère (en une cause caricaturée) est crédible.

C'est idiot de regarder une série en commençant par le dernier épisode. Dans Freaks & Geeks (merci Cécile), comprenant le contexte, on mesure quand même le chemin parcouru, et on se dit que cette série doit être très bonne, reprenant le meilleur de Code Lisa et des Années Collèges (les intéractions, le désarroi entre le désir d'intégration et la recherche de l'affirmation de son identité) avec en plus une belle bande son à base de riffs.

Nous voulions montrer un exemple de Free Cinema, nous choisîmes la balade à Picadilly Circus que constitue Nice Time.

C'est l'actualité météo qui est à l'origine de l'envie de montrer McCabe & Mrs Miller (suscitant plus de curiosité chez mes co-spectateurs qu'il grande silenzio). Je n'ai jamais vu ce film seul. C'est quasiment le seul film d'Altman que je connaisse.

Avant There's somethin' about Mary, Détour et Le voyage de la peur dissuadaient déjà de pratiquer l'auto-stop (quel que soit le côté du pouce). Le premier montre un personnage (joué par Anne Savage) qui dépasse Ida Lupino (they drive by night) ou Barbara Stanwyck (Double Indemnity, the Strange Love of Martha Ivers) dans l'hystérie manipulatrice. Le deuxième fait partie de ces cauchemars réalistes. Les deux sont aussi très noirs : le premier parce que pris dans un engrenage, le narrateur n’a que très peu de chance de s’en sortir, le second parce que les héros à la merci d’un psychopate en ont très peu aussi, les deux parce qu'on est jamais certain de l'issue avant la fin.

L’homme au masque de cire (comme si on appelait Usual Suspect : le premier en partant de la droite) avec un Vincent Price plus actif qui distribue des pains. Avec aussi Franck Lovejoy, mais ça se voit moins. Celui qui se voit le mieux, en revanche, c'est Charles Buchinsky dont le visage n'est pas inconnu.

 

The Invisible Man, James Whale, 1933

The Big Combo, Joseph H. Lewis, 1954

Les Chinois à Paris, Jean Yanne, 1974

Geeks and Freaks, ép. 18, Paul Feig, 1999

Nice Time, Claude Goretta & Alain Tanner, 1957

McCabe & Mrs Miller, Robert Altman, 1971

Detour, Edgar G. Ulmer, 1945

The Hitch-Hiker, Ida Lupino, 1953

The House of Wax, Andre de Toth, 1953

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 15:28

Cette semaine, j’ai essayé de donner un fil conducteur au programme. Cela m’a permis de voir des films que je ne pensais pas voir. Évidemment, il y a trois exceptions dont une jeunesse chinoise. C’est un film très français (on y fait beaucoup l’amour avec une certaine tristesse) mais assez exotique (au sens de Segalen). On voit à l’université de Pékin des étudiants étrangers. Le film dure longtemps, le film dure 15 ans.
Nosferatu à Venise est un peu n’importe quoi. Il suffit de comparer le traitement de deux scènes au contenu similaire : le vampire suit une femme dans la nuit des rues de Venise. L’un est saisissant et l’autre est marrant. Nosferatu, à l’envers, ça fait Utarefson.
Alexandre Nevsky est le film de la semaine dont on se souviendra le moins, sauf concernant l’amitié entre Vassili et Gavrilo, et comme d’habitude, la foule.
Je n’aime pas dire d’un film que c’est une réflexion sur le cinéma. Mais le Magicien montre pourquoi il faut aimer les films avec Vincent Price et pourquoi il faut respecter toute la carrière de Max von Sydow.
Une fille dans chaque port était le premier film de la soirée Louise Brooks à la kinoteka de Belgrade. Projection splendide (la copie étaut nette), tout comme le film. C’est peut-être la première fois que je reste hilare et intéressé toute la durée d’un film muet. Victor McLaglen a une physionomie dont je me rappellerai pour elle même, même si elle m’a tour à tour rappelé celles de Maurice Chevalier, Yves Montand ou Tommy Lee Jones. Mais alors le dynamisme, la brutalité maîtrisée, l’expressivité goguenarde et naîve sont quelques couleurs de sa palette qui le rend éminemment sympathique. Coïncidence, on peut en voir ici des photos. Ce qu’y dit Howard Hawks de Louise Brooks est vérifié à deux cents pour cent dans ce film et le suivant. Bien plus marrant qu’un slapstick, avec de vraies bastons et de l’émotions. La scène d’ouverture montre Spike Madden au travail : c’est un marin. J’ai eu l’impression de voir pour la première fois sérieusement représenté le boulot de la mer. Si c’est tourné en studio, c’est très bien fait. On voyage (Amsterdam, Rio, Marseille, etc.) Le port d’Amsterdam rappelle celui de l’enfance de Marnie.
La conclusion du Journal d’une fille perdue est la même que celle de Detective Story, voire du Dictateur. Il y a de sacrées gueules, spécialement celles d’Andrews Engelmann et de Fritz Rapp. Il y a beaucoup d’émotions qui me paraissent inédites dans ces deux films, et ce n’est pas seulement dû à l’actrice même si elle y est pour beaucoup. J’en veux voir plus, de ces films muets dans les quels on voit bien plus que des gens s’agiter.
J’avais choisi de regarder Hamlet pour voir Peter Cushing. Je ne l’ai pas trouvé. Mais on y trouve une autres référence à la guerre des étoiles dans la voix de Hamlet père. Le film semble annoncer les Corman à la Poe des années 60 (une citation, puis un plan sur un château au bord de la mer, puis l’histoire qui se déroule dans ce seul lieu).
Tomorrow’s Saturday est un autre bijou du Free Cinema. Ces documentaires sans commentaires tentent de capturer une atmosphère et c’est très bon. On entend dans celui-ci Molly Malone, Rock my soul, une comptine et surtout Come along in dont je ne suis pas certain du titre mais dont les paroles furent introuvables sur le moteur de recherche le plus utilisé au monde (à tel point qu’il en est devenu un choix naturel). Maintenant, disponibles, elles le sont. Comme alors en ce bar fantasmé, ces films y seraient bien diffusés.
Pour Celebrity, Kenneth Brannagh devait imiter Woody Allen. J’ai retrouvé dans ce film la course du rat (Lauzier), l’un de mes livres préférés. Je doute que Woody Allen l’ait lu, il en a peut-être vu l’adaptation (je vais craquer, Leterrier). Le nombre de motifs communs à ces deux oeuvres, jusqu’à la structure, est étonnant. C’est peut-être le milieu qui veut ça.


頤和園, Yíhé Yuán (Palais d’été), Lou Ye, 2006
Nosferatu a Venezia, Augusto Caminito, 1988
Odia il prossimo tuo, Ferdinando Baldi, 1968
Aleksandr Nevski, Sergei Eisenstein & Dmitri Vasilyev, 1938
Ansiktat, Ingmar Bergman, 1958
A girl in every port, Howard Hawks, 1928
Tagenbuck einer verlorenen, Georg Wilhelm Pabst, 1929
Hamlet, Laurence Olivier, 1948
Tomorrow’s Saturday, Michael Grigsby, 1962
Celebrity, Woody Allen, 1998

 

Edith ! Cet article complète le film de Bergman évoqué plus haut. Merci, Le Cinéma est mort, une émission nécrophile (Canal B) !

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 01:01

Chanson entendue a capella dans Tomorrow’s Saturday de Michael Grigsby et trouvée nulle part ailleurs sur Internet. En attendant de savoir qui la chante, en voici les mots.

Come along in, you welcome stranger,
Come along in
Come along in to our back yard
Where your bottom gets cold when the wind blows hard
Come along in

What makes a man stay away from his wife when the streets are empty ?
What makes a wife turn dowdy when she’s turned twenty ?
It’s the whole bloody boredom of life, and you know it’s the truth
Come along in

I wish I was down by the sea with the sun on my face
Where there’s no bloody smoke, for it’s no bloody joke
When you hang out your drawers on the line
And the smut on the grime gets at’em
Come along in

You know, a young fella puts up for MP
Well, he chattered so hard that he convinced me
Sitting so pretty know we don’t see his face
Maybe thinks London’s a much better place
Come along in

Come along in, you welcome stranger,
Come along in
Come along in to our back yard
Where your bottom gets cold when the wind blows hard
Come along in

 

La seule référence trouvée ici.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Musique aux autres
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