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Dimanche 30 novembre 2014 7 30 /11 /Nov /2014 23:50

Films vus entre le 3 et le 5 octobre

 

Les projections de ces films de Heinz Emigholz (né en 1948) au  Dom Omladine, le weekend du 3 octobre, ont eu lieu dans le cadre du premier REZ ("cut"), la première édition du festival du film expérimental contemporain. Les organisateurs ont été ceux de  TKH ("Teorija Koja Hoda" / littéralement "Théorie qui marche"). Il paraît que la grille de lecture favorite des membres de cette association est celle du prisme de l'engagement et de la politique. Autant dire que l'intelligence et la distance de monsieur Emigholz les a probablement déçus. Le programme complet a permis de faire le tour d’une œuvre de poésie intense et cinématique, et surtout subversive.

En cliquant sur les liens ci-dessus, on trouvera d'autres liens, des images et des bandes annonces pour se donner une idée. L'affiche ci-dessous représente l'intérieur de l'église Saint-Joseph du Havre.


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Vous connaissez ces films dans lesquels quelques images topiques filmées en plan fixe plantent le décor ? On pense d’abord aux films d’Ozu, de Kaürismaki (j’imagine un recut de leurs films constitué de ces seuls plans) mais visibles également dans les westerns, les films de Wim Wenders, les films noirs… Bref, on peut dire que les images de ce type sont partout au cinéma*. Eh bien, c’est exclusivement d’images de ce type que sont constitués les films de Heinz Emigholz que nous avons eu la chance de voir.

 


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Chaque film, documentaire, sans commentaire, est consacré à un corpus d’œuvres d’un architecte différent limité à un ou deux pays. Peu importe dans quel ordre les bâtiments ont été filmés, le montage les montre dans l’ordre dans lequel ils ont été élaborés.


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Ces films sont cinématiques : ce ne sont pas des photos aux quelles on a adjoint une bande sonore. Le mouvement, fortuit, perceptible, donne la sensation du temps qui passe (l’une des raisons pour lesquelles j’aime les cinéastes cités plus haut). Les péripéties sont minimes (une voiture qui se gare, un oiseau qui traverse le ciel, des usagers passant…), voire nulles (un nuage qui bouge, un fil électrique qui frémit, un usager écoutant…), mais on s’y attache car ces péripéties sont également rares dans cette série constituée pour l’essentiel de natures mortes (architecturales, en béton, le thème central de ces trois corpus) filmées. Captif, l'attention du public peut grâce à cela respirer.


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Ces projections s’intégraient dans une réflexion sur le cinéma expérimental. Je n’ai pas suivi les débats. Il m’a semblé que l’expérience du cinéaste consistait simplement et avec bonheur à radicaliser des techniques exploitées dans des films que j’aime.

D'autre part, j’ai un problème avec le mot expérimental en tant que "genre cinématographique". Le même problème que l’opposition entre cinéma d’auteur et cinéma de genre, pourtant enterré par Jean-François Rauger dans un texte disponible un peu partout mais surtout ici, ou entre cinéma indépendant et cinéma commercial. Si l’adjectif "expérimental" s’oppose à "formaté", c’est une qualité. S’il exprime une volonté de recherche, alors le spectre de ce qu’il recouvre est large. S’il exprime une forme d’amateurisme, c’est un défaut dont le risque est de justifier n’importe quoi. Méfions-nous donc de ce terme et apprécions le radicalisme de cette œuvre réjouissante, car elle procure un réel plaisir, contemplatif.


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Je ne sais plus où j’ai lu que le talent d’un conteur est de parvenir à intéresser à ce qui n’est a priori pas intéressant. Qui est déjà arrivé en avance à un rendez-vous a peut-être eu l’occasion de laisser dériver ses sens avant de les concentrer sur un détail ou un ensemble remarqué, donc remarquable. J’ai aimé ces films vus en salle (bonnes conditions pour se concentrer, je n’aurais pas pu sur mon PC) pour la simplicité du dispositif et du propos. Ces films sont bien plus subversifs qu'un brûlot militant car ils travaillent le regard. Je ne les ai pas pour autant regardés en état de béatitude, je me suis parfois demandé l'heure qu'il était (comme en avance à un rendez-vous avec l'être aimé qui serait en retard).

De toute façon, ce que je préfère en littérature, ce sont les descriptions. Pourquoi pas, si c'est bien fait, celle d'un cafard qui circule autour d'une poignée de porte [private joke detected].

 

Un dernier mot sur le sujet des films. Il s'agit donc d'architecture. J'ai ainsi eu ma première leçon, empirique, d'architecture. J'ai entrevu quelques-unes des questions qu'il faut peut-être se poser pour situer une œuvre, pour concevoir un bâtiment.


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Le premier film diffusé est une promenade dans l’Italie de Pier Luigi Nervi (1891-1979). Le film m'a rappelé Il Fare Politica.


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Le deuxième permet d’alterner des visions de France et d’Algérie avec les bâtiments des frères Perret, Auguste (1874-1954) et Gustave (1876-1953)**. C'est à son propos que des questions sur en rapport avec les thème de colonialisme et de décolonisation ont été posées.


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Le troisième, dédié à Bruce Goff (1904-1982), évoque quelques plans de Paris, Texas (et me rappelle l’impression que certains des plus beaux films tournés sur l’Amérique sont des productions européennes). Maisons organiques, pittoresques, et surtout privées. On les visitait comme pour s'y installer. Elles étaient aussi les plus propices à imaginer des histoires domestiques...

 

 

 

Parabeton - Pier Luigi Nervi und Römischer Beton
2012, Aufbruch der Moderne – Teil I
Photographie und jenseits – Teil 19

DCP, 100 Minuten

Perret in Frankreich und Algerien
2012, Aufbruch der Moderne - Teil II
Photographie und jenseits - Teil 20

DCP, 110 Minuten

Goff in der Wüste  
2003, Photographie und jenseits – Teil 7
35 mm, 110 Minuten

 

 

 

* Toi aussi, tu regardes Blow Up de Luc Lagier, sur Arte ?

** Ces deux prénoms donnent envie d’avaliser le prénom "Augustave".

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Samedi 29 novembre 2014 6 29 /11 /Nov /2014 22:25

 

Quand j'apprenais le serbe, je me suis fait un petit pense-bête.


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Celui-ci, c'est pour ne pas confondre "čuti" ("entendre") et "ćutati" ("se taire").


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C'est intéressant, parce que pour écouter il faut se taire.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Protopicts
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Vendredi 28 novembre 2014 5 28 /11 /Nov /2014 21:56

Films vus entre le 29 septembre et le 3 octobre

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Le Dernier de la liste fut une emplette à Noz. On trouve toujours quelque chose à noz. Je n’avais jamais entendu parler de ce film de John Huston, réalisateur à la filmographie dont on dit qu'elle est prolifique et inégale. Cette comédie policière fait donc partie de la portion dite mineure de son œuvre. Pourtant, la jacquette est remplie de teasers dont le genre (un tueur en série plutôt whodunit que slasheresque), la distribution qui comporte plusieurs caméos aussi célèbres (Franck Sinatra, Burt Lancaster, Tony Curtis, Robert Mitchum, Kirk Douglas) que méconnaissables (à part Robert Mitchum et Kirk Douglas) mais surtout George C. Scott dont j’aime beaucoup l’humour qu’il soit volontaire comme ici ou dans the Hanging Tree, ou manipulé (dans Strangelove). Beau cadeau.

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Voir Que la bête meure après des vacances en Bretagne, passées à explorer la côte Finistère, celle de Crozon en particulier. C’est bien pour ça que j’aime le cinéma. Paul Decourt est probablement le pire personnage interprété par Jean Yanne. Réjouissant.

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Le Récupérateur de cadavres (The Body Snatcher) est une chose, les profanateurs de sépulture (Invasion of the Body Snatchers) en sont une autre. J’ai donc appris grâce à ce film de Robert Wise produit par Val Lewton (ça veut dire que c’est beau) l’existence de la nouvelle Stevenson. Boris Karlof est délicieusement inquiétant.

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Ponette fait partie de ces films que j’étais curieux de voir depuis leur sortie médiatisée à la fin du siècle dernier. Je crois que j’ai voulu attendre la majorité de l’interprète de Ponette pour le voir sereinement. Ce qui m’a frappé dans ce film, ce n’est pas le mélange de réalisme et d’onirisme, ce qui m’a frappé c’est la construction des personnages d’enfants à la fois réalistes et fictifs. Ils paraissent réalistes dans le sens où ils ne comprennent que confusément ; ils semblent parfois fictifs à cause d’un raisonnement qui a été écrit par un auteur. Ce qui est montré, c’est une capacité d’affirmation, de contradiction et de doute chez ces enfants. Jouer, être acteur (sauf dans le cas de l’actor studio) m’a toujours semblé le signe d’une capacité à se décentrer, ce dont on est plus ou moins capable vers sept ans. Lorsque j’essaie de me mettre dans l’état d’esprit que j’avais à quatre ans, je me sens en plein désarroi, sans repère, seul. De ce point de vue, cette fiction donne le vertige. Ce n’est pas un doute angoissé, même s’il est douloureux pour Ponette. Il n’est pas abusif de voir dans ce film une représentation de notre condition d’humain en état de recherche permanente du jeu ou de la vérité (tiens, ça me rappelle une page de Gébé). Il ne s’agit pas d’une vision infantile de la société.

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Fanfan la Tulipe s’inscrit dans ce petit cycle de film de cape et d’épée à la française. Encore une coproduction franco-italienne avec un héros joué par un comédien français et une héroïne interprétée par une comédienne italienne. Le film commence comme un Astérix avec un rappel du contexte et des bons mots (dont Louis XV, Marcel Herrand). À ce propos, le cinéma français des années cinquante fait souvent montre d’un humour qui annonce Astérix, créé en 1959. Papa, Maman, la Bonne et moi évoque un esprit du même acabit et même la java des gaulois, chanson de Ricet-Barrier, n’est pas pour rien dans la création de Goscinny et Uderzo. On s’amuse bien avec ce film.

 

The List of Adrian Messenger, John Huston, 1963

Que la bête meure, Claude Chabrol, 1969

The Body Snatcher, Robert Wise, 1945

Ponette, Jacques Doillon, 1996

Fanfan la Tulipe, Christian-Jacque, 1952

 

Les notices de Georges Sadoul…

 

Cette semaine Robert Wise :

(Winchester, 10 septembre 1914) Modeste, acceptant souvent des besognes, mais ne cherchant pas la publicité et ne posant pas au génie, ce très honnête réalisateur réussit quelques excellents films : la Tour des ambitieux,  The Set up, Le jour où la terre s’arrêta, le Coup de l’escalier, avant de diriger avec brio et intelligence West Side Story, qui renouvela la comédie musicale américaine, beaucoup grâce à la chorégraphie de Jerome Robbins.

D’abord monteur pour Orson Welles. [Une liste.]


Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Lundi 17 novembre 2014 1 17 /11 /Nov /2014 00:02

Quand j'apprenais le serbe, je me suis fait un petit pense-bête.


****

 

Celui-ci ne sert à rien.

On ne peux pas confondre "pratiti" ("suivre") avec autre chose.

 

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L'éléphant est un hommage, pas un plagiat.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Protopicts
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Dimanche 16 novembre 2014 7 16 /11 /Nov /2014 18:07

films vus entre le 21 et le 28 septembre

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Chaque fois que je regarde un film, j’aime à jeter un œil sur les avis de certains bloggueurs. Dans le cas de Cent dollars pour un shériff, il est apparu que la critique de ce film a souvent consisté en une comparaison avec le True Grit des frères Coen que je n’ai pas vu. Juste après avoir le film de Henry Hathaway, j’ai visionné la bande-annonce du remake dans lequel j’ai retrouvé tous les passages clés avec un traitement plus sombre. Le film paraît donc plus un remake qu'une adaptation originale de l’œuvre, même si semble-t-il, l'esprit est mieux respecté.
Denis Hopper et surtout Robert Duvall font glisser ce film vers quelque chose de plus étrange qu'un western familial, mais c'est surtout le personnage de John Wayne qui donne sa saveur au film, un personnage que j'ai adoré découvrir.

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L’arbre et la forêt s’inscrit dans le faisceau de contacts virtuels m’exhortant à m’intéresser à Wagner. Le jeu de François Négret m’a intéressé à ce comédien qui interprète un rôle relativement ingrat. Il m’avait déjà marqué, pour de similaires raisons, dans Au revoir les enfants, où il jouait une sorte de Lacombe Lucien.

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Après Les Mariés de l’an deux, je retrouve Jean-Paul Belmondo avec Cartouche. C’est intéressant de comparer ces deux films de dix ans séparés, situés à peu près à la même époque en raison de leurs auteurs souvent comparés, voire opposés (de Broca et Rappeneau, donc). Si je me prête au jeu, je dirais que je préfère celui-ci, qui me donne l’impression de respirer, de m’amuser…

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J’ignorai que la chanson Nature Boy fut révélée par Le garçon aux cheveux verts.


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Ça fait depuis que j’ai raté une représentation à Saint-Malo il y a dix/quinze ans que je voulais voir Cravate club. Les adaptations de pièces à succès m’intéressent, surtout quand je les découvre. C’est souvent une expérience un peu bâtarde qui n’est pas propre au cinéma, avec une mise en tension, un climax et une débandade. C’est le cas notamment des Jaoui/Bacri, de certains films de William Wyler. Ce n’est pas général (le théâtre du splendid) mais c’est souvent le cas (Tout baigne). En l’occurrence, l’évolution, la folie, de l’un des personnages ne m’a pas paru convainquante. Après superficielle réflexion, cela ne semble du fait ni de l’acteur (qui n’a rien à prouver) ni de la mise en scène, ni même, peut-être du fait de l'auteur. Je suis à peu près certain que ce récit fonctionne mieux au théâtre.
Édouard Baer, grâce à un personnage raisonnable, y est joliment juste.

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Mauvais sang se pose comme un À bout de souffle des années 80 (même si ce n’est pas le premier de Léos Carax). Ce qui m’a frappé, c’est la référence commune à il n’y a pas d’amour heureux, qui devient une sorte de méta-référence à cause d’À bout de souffle qui appliquait déjà une forme d’esthétique de la citation.
Michel Piccoli est plus vieux ou plus jeune que d’habitude. Je m’aperçois que c’est le seul film de la période que j’ai vu avec lui entre 1982 (Espion, lève-toi) et 1991 (La Belle noiseuse). C’est une matière intermédiaire intéressante.
C’est un film généreux.

 

 

True Grit, Henry Hathaway, 1969

L’arbre et la forêt, Olivier Ducastel & Jacques Martineau, 2010

Cartouche, Philippe De Broca, 1962

The Boy with green hair, Joseph Losey, 1948

Cravate club, Frédéric Jardin, 2002

Mauvais sang, Leos Carax, 1986

 

Les notices de Georges Sadoul

Cette semaine, Henry Hathaway :

(Sacramento 13 mars 1898 /) Il eut, dans son abondante carrière (environ cinquante films), deux grandes chances, en 1935, les Trois Lanciers du Bengale, réussite commerciale ; Peter Ibbetson, réussite artistique. Après la guerre, Louis de Rochemont l’orienta vers le style documentaire, et l’on put prendre cet artisan pour un auteur. [une liste]


Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Samedi 15 novembre 2014 6 15 /11 /Nov /2014 00:47

 

Quand j'apprenais le serbe, je me suis fait un petit pense-bête.


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Ici, c'était pour jouer sur la différence entre "se réveiller" (probuditi se) et "se lever" ("podignuti se").

 

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J'en ai quelques autres, je les ajouterai petit à petit.

 

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Protopicts
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Vendredi 14 novembre 2014 5 14 /11 /Nov /2014 00:27

Films vus entre le 15 et le 20 septembre
(ce qui, convenons-en, fait une paye, ce qui aurait dû avoir l’avantage de donner un peu plus de recul)

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Ça commence à Vera Cruz a la pêche. J’aime un peu tout dans ce film. Le rythme (ça commence tout de suite), l’humour, (les policiers mexicains sont paradoxalement à la fois efficaces et sympathiques).

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 Les mariés de l’an deux  est un film extrêmement calibré. Il paraît que c’est la marque de fabrique des comédies de Jean-Paul Rappeneau. La direction de Belmondo m’a impressionné. On le sent bridé, il en ressort une sorte puissance brute. Sami Frey est l’autre performance du film, mais cela est plutôt dû à l’écriture, sa froideur convenant bien à ce personnage d’aristocrate sans pitié. Ce film rappelle donc la Vie de Château mais paraît (autant que je m’en souvienne) plus réussi. Je classerais cette comédie de remariage à côté de Stavisky. Ce n’est pas seulement pour Belmondo, mais c’est parce que dans l’un il rencontre Dewaere et dans l’autre Depardieu.

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Ce que je retiens du film Le Procès, il me semble que c’est l’ouverture, la visite des policiers chez K. La folie, le rythmes, tout était travaillé. Pour la suite, ce sont surtout des bribes. J’ai été content de reconnaître Akim Tamiroff (vu dans Ocean’s Eleven et dans la Tulipe Noire). Le décor des bureaux m’a rappelé celui de ceux de the Appartment, sauf que chez Welles, ce n’était pas un trompe l’œil.


Foucault contre lui-même est instructif.

 

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Nous avons gagné ce soir a été limpide. Robert Ryan que je connais assez peu finalement est un acteur que j’affectionne à peu près autant que Sterling Hayden. Sur l’écran noir des nuits blanches, je pourrais imaginer un film dans lequel ils joueraient des frères. Dire qu’ils n’ont jamais joué ensemble.

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La Captive aux yeux clairs déroulement limpide, des personnages (Kirk Douglas) qui n’en pensent pas moins. Étant professeur de FLE (Français Langue Étrangère), je le placerai à côté d’Across the Wide Missouri, pour le français qu’on y entend. D’ailleurs les deux films se situent à peu près dans les mêmes régions. C’est pour l’anecdote. Pour le film, je me range sans contrainte à l’opinion générale sur Howard Hawks.

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Panique à l’hôtel aura été un Marx Brothers relativement pénible. En fait, ce n’est pas un film des Marx Brothers, c’est une pièce de boulevard jouée par les Marx Brothers.

 

The Big Steal, Don Siegel, 1949

Les mariés de l’an deux, Jean-Paul Rappeneau, 1972

Le Procès, Orson Welles, 1962

Foucault contre lui-même, François Caillat, 2013

The Set-Up, Robert Wise, 1949

The Big Sky, Howard Hawks, 1952

Room Service, William A. Seitler, 1938

 

Les notices de Georges Sadoul

Aujourd’hui, Orson Welles.

(Kenosha, 6 mai 1915) Il manquerait quelque chose au cinéma s’il n’avait pas existé, cet enfant prodige qui aimait à se grimer en vieillard, cet homme vieilli avant l’âge qui garde quelque chose de son enfance dans son génie et dans son désordre. Cocteau en a donné ce portrait : « Il est une manière de géant au regard enfantin, un paresseux actif, un fou sage, une solitude entourée de monde, un étudiant qui dort en classe, un stratège qui fait semblant d’être ivre quand il veut qu’on lui foute la paix. Il semble avoir employé mieux que personne […] cet air d’épave qu’il affecte parfois, et d’ours ensommeillé. » (1950.) Il apparut comme un météore, à 24 ans, dans un Hollywood ensommeillé, après avoir, par son adaptation radiophonique de « La Guerre des mondes » de H.G. Wells, affolé l’Amérique qui, à la veille de la guerre, crut à une invasion. Il y eut – dit-on – plusieurs morts, mais l’auteur involontaire de cette panique devint célèbre. Il était déjà très connu dans les milieux théâtraux d’avant-garde, comme acteur et comme metteur en scène. La RKO, grande firme d’Hollywood, lui accorda par contrat des pouvoirs absolus sur les films qu’il réalisait : « Voilà le plus beau chemin de fer électrique dont un homme ai jamais pu rêver » dit-il, après être entré dans les studios où il devait réaliser Citizen Kane, prodigieux portrait de l’artiste par lui-même, mais aussi du  milliardaire William Randolf Hearst. Ce magnat de la presse voulut interdire la sortie du film. Cet incident fut utilisé pour la publicité, et le film fut salué comme un chef-d’œuvre – qu’il était –, à New York et dans les grandes villes américaines avant d’échouer lourdement en province. Alors qu’il tournait un semi-documentaire en trois épisodes, il fut rappelé à Hollywood, et fut mis à la porte de la RKO réorganisée. On remonta et on mutila sa  Splendeur des Amberson . Il dut renoncer au cinéma pendant toute la guerre, où il participa activement à des campagnes progressistes. Revenu dans les studios comme réalisateur, il y dirigea son excellente Dame de Shangaï. Après avoir tourné Macbeth à Hollywood, il s’établit pour huit ans en Europe où il réalisa un Othello, et parut se consacrer aux adaptations Shakespeariennes. « Même s’il ne tenait pas toutes ses promesses contenues dans ses premiers films, ceux-ci suffiraient à sa gloire, écrivait alors André Bazin. Tout y aurait été remis en question : le personnage, le récit et la mise en scène. »

Il avait révolutionné la technique du film en reprenant des moyens déjà connus : décors plafonnés, images en clair-obscur, « plans séquence », profondeurs du champ, retours en arrière, etc., mais en les unissant et en les transformant pour leur donner un sens nouveau, et de la radio lui était venue une nouvelle conception de la piste sonore dont le rythme s’alliait à un montage d’images employant les ressources les plus diverses. Il revint aux sujets contemporains et, dans une certaine mesure, au héros de Citizen Kane avec Monsieur Arkadin. Puis, réalisant après quinze ans d’absence un nouveau film aux Etats-Unis, il fit d’un sujet policier banal un poignant soliloque avec  la Soif du Mal. Le désordre de sa vie avait paru, dix années durant, l’ensevelir, l’enliser même. Et puis soudain Lazare souleva la dalle de son tombeau : ce fut le Procès, le premier film qu’il ait, depuis Citizen Kane, terminé et monté lui-même, adaptation de Kafka mais aussi autobiographie. Il n’avait pas gaspillé sa vie et son talent. Il les avait magnifiquement dépensés, lui qui s’était choisi pour épitaphe : « Je ne pense pas qu’on se souvienne un jour de moi. Je trouve aussi vulgaire de travailler pour la postérité que de travailler pour de l’argent. » [Une lsite]


Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Jeudi 6 novembre 2014 4 06 /11 /Nov /2014 19:43

Ceci vient de mon exemplaire de Coups de sang, un recueil de coups de sang de Cavanna.

Paru chez Belfond, en 1991. C'est un recueil de ce que Cavanna ne pouvait plus écrire dans Charlie Hebdo puisque la revue n'existe plus.

Cavanna existe toujours, lui.

C'est la première chronique du premier chapitre intitulé Les Assassins tranquilles.

Ça m'a paru d'actualité.

Je suis preneur d'informations sur le contexte (syndicats, revendications, etc.).

 

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Non, c’est pas possible ! C’est pas vrai ! Ils n’ont pas fait ça ! Si, ils l’ont fait.

Il faut les comprendre. Ils étaient en colère. Déçus. Désespérés. Ils se sentaient incompris, abandonnés. Il fallait bien qu’ils fassent quelque, quelque chose de gros, d’énorme, de terrible, pour qu’on les entende. Alors, ils ont amené les moutons.

S’ils avaient cultivé les tomates, ils auraient apporté des tomates. Eux, c’étaient les moutons. Ils ont amené des moutons. Des milliers de moutons. Des brebis, des agneaux. C’est ça, leur marchandise, à eux, leur production : du mouton. Ç’aurait été de la tomate, ou de la patate, ou du chou-fleur, ils auraient jété des tomates, des patates ou des choux-fleurs à la tête des CRS, en auraient répandu sur les routes, dans la cour de la Préfecture, enfin partout om ça fait de l’effet. Mais eux, c’était du mouton. Ça se manie moins facilement, le mouton. Pour le jeter sur kes CRS, il faut d’abord le hisser dans les étages, puis les balancer par la fenêtre. Ils l’ont fait. Ils en ont bavé. Ceux qui cultivent la tomate ou le chou-fleur ne connaissent pas leur chance. Ils ont hissé les moutons là-haut, et hop, vas-y donc, par la fenêtre ! Bien attrapés, les CRS. Ils ne s’attendaient pas à celle-là, dis-donc. Les moutons, eux, tout cassés. Ça bêlait, là-dedans ! Dans un sens, c’est un avantage, ça amplifiait, la merde. Les choux-fleurs, ça ne bêle pas.

Une autre fois, dans leur sainte et légitime colère, ils y ont mis le feu, aux moutons. Carrément. Un camion bien bourré. Alors là, non seulement ça bême, mais ça pue le mouton cramé, la laine, la graisse, tout ça te fait une de ces fumées noires bien dégueulasse, les médias ont été gâtés.

Ils l’ont fait. Ils en ont fait, en font, en feront bien d’autres. Ce sont des actes symboliques, voyez-vous. C’est pour bien faire comprendre à qui de droit qu’on préfère jeter la marchandise que la vendre à ce prix-là. Tomates, choux-fleurs, moutons, tout ça c’est de la marchandise…

Non, pas comme ça. Me voilà encore parti à ironiser. Je dérape dans le sarcasme. C’est ça, l’écriture : tu prends la plume fou de rage, tu la prends parce que tu es fou de rage, et le temps que la phrase te descende du cerveau au papier en passant par le bras, la main et le feutre, ta colère a bifurqué. Oh, elle est toujours là, virulente, mais, au lieu de mordre assassine à pleines mâchoires dans la viande, elle ricane, elle fait le croche-pied, elle ridiculise. Pas de ça ! Les mecs qui font ça, des choses pareilles, tu les auras pas au sarcasme. Rien à foutre de l’ironie, ces fumiers-là. De la brute pur jus, du Croc-Magnon plein silex. La tatane à clous dans la gueule, c’est tout ce que ça comprend, comme ironie.

Ils l’ont fait. Ils ont arrosé d’essence, ils ont foutu le feu et ils ont regardé cramer les moutons tout vivants, ils les ont entendus gueuler, jusqu’au bout, jusqu’au bout, et ils se marraient, les épais, ils imaginaient la grimace du préfet ou de je ne sais quel fonctionnaire, qu’ils visaient , ils se fendaient la gueule, ils buvaient le coup, rien de grand ne se fait sans l’alcool, ah, dis-donc, t’as vu le travail.

Dis-moi que c’est pas possible, dis-moi que des paysans français n’ont pas pu faire ça, dis-moi que c’était juste un petit groupe de sales cons bourrés à mort, dis-moi que les autres, la majorité,  l’immense masse des paysans qui étaient là, leur sont tombés dessus, leur ont écrasé la gueule à coups de sabots sur le pavé, dis-moi qu’ils ont tous couru chercher des seaux d’eau et se sont rués dans le brasier, et ont risqué leur peau, et ont sauvé tout ce qu’ils ont pu sauver, dis-le moi, dis-moi ça, c’est comme ça que ça s’est passé, n’est-ce pas ? Ils ne sont pas tous restés là, les gros cons, à regarder flamber des êtres vivants, des êtres avec des yeux qui les regardaient, avec des voix qui les suppliaient…

Non ? Tu dis rien ? Tu me dis que je ferais mieux de laisser tomber, que je vais finir par insulter la classe paysanne, et que ça, c’est très dangereux, ça ?

Oh, je ne les insulte pas, les paysans. J’aurais tant aimé qu’ils soient un peu moins cons, un moins ingénûment féroces que les autres, c’est tout…

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : C'est pour lire
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Mercredi 8 octobre 2014 3 08 /10 /Oct /2014 23:48

Ce sont des films vus entre le 8 et le 14 septembre.


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À première vue Les Hommes le dimanche, vu par hasard sur youtube, peut faire penser à un film Nouvelle Vague avant la lettre. Mais ce serait réduire les caractéristiques de la Nouvelle Vague à ce qu’elle a en commun avec le Free Cinema ou le néoréalisme (liberté, tournage extérieur, manque de moyen). Le véritable point commun serait peut-être le fait que ce premier film a été conçu par de futurs grands cinéastes (Hollywoodiens) en réaction contre les travers des films allemands (abusant d’expressionnisme) produits précédemment.

 

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Je ne peux comparer L’impossible monsieur Bébé qu’à His Girl Friday, autre comédie à 100 à l’heure de Howard Hawks.

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Le Cercle Rouge a beau être invraisemblable, qu’est-ce que c’est bien. J’ai appris que la distribution a connu quelques aléas. Personnellement, je suis très satisfait avec Gian Maria Volonte et Yves Montand, à la place duquel, pour la scène d’exposition du personnage, j’ai beaucoup de mal à imaginer Paul Meurisse.

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La chose d’un autre monde est efficace. J'ai pu constater à quel point le film a été séminal. On pense à Alien pour les séquence furtives où l'alien apparaît. On pense à Day of the Dead pour la folie du chef de l'équipe de scientifiques.

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Le film 38 témoins évoque effectivement Fury de Fritz Lang. Il y a deux parties dans ce film que j’aime beaucoup qui dépend de la décision du personnage d’Yvan Attal. L'exposition de la ville comparée à celle du Liège de La Raison du plus faible est ce qui m'avait d'abord intéressé. Le récit est net mais demande beaucoup d'empathie de la part du spectateur. Patrick Descamp est toujours bon et Natacha Régnier a eu une droit à une tirade remarquable.

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Grâce à September, j’ai appris que Woody Allen pouvait faire un film plombant. Le rythme, l'atmosphère east coast, l'univers (jazzy et cinéphile), les dialogues ("euh... i don't know... you think that... that.. that...") sont typiques de l'univers de Woody Allen, mais le film est plutôt à rapprocher d'"un air de famille" pour parler d'unité de lieu et de vidage de sac, d'adaptation de pièce de théâtre.

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On a vu La fille du 14 juillet au cinéma Fontana dans des conditions un peu triste. D’abord, la résolution de l’image était trop faible pour l’écran (on aura gravé un fichier trop petit sur le dévédé) et d’autre part la fréquence sonore était un cran trop élevé (à moins que ?). En revanche, le film a vraiment de quoi faire plaisir. Il prend un malin plaisir à mélanger hommages et contre-pied. La seule crainte que j'ai est que les auteurs n'en fassent pas d'autres. J'aimerai bien que ce film burlesque devienne un genre. Ou redevienne.


 

Menschen am Sonntag, Robert Siodmak, Curt Siodmak, Edgar G. Ulmer, Fred Zinnemann, Rochus Gliese, Billy Wilder, 1930

Bringing up baby, Howard Hawks, 1938

Le Cercle rouge, Jean-Pierre Melville, 1970

The Thing from another world, Christian Nyby & Howard Hawks, 1951

38 témoins, Lucas Belvaux, 2011

September, Woody Allen, 1987

La fille du 14 juillet, Antonin Peretjakot, 2013

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Jean-Pierre Melville.

(Paris octobre 1917 – août 1973) Il a débuté par un bon film, le Silence de la mer, qui valut par son exemplaire fidélité au livre de Vercors.  Les Enfants terribles ne furent pas de la même qualité et Deux Hommes dans Manhattan ne furent pas une réussite. Devenu propriétaire de studios, il a atteint le succès commercial en misant sur Belmondo, avec Léon Morin, prêtre et le Doulos. Comme acteur, on lui doit une excellente création d’écrivain vaniteux dans À bout de souffle, et comme dialoguiste cette réplique à la question : « Vous êtes un des premiers auteurs complets du cinéma français ? – Pas « un des », « le » premier ! » [Une liste]

Avec ses tout derniers films où l’intrigue policière se voulait d’abord support à une réflexion sur la solitude, Melville tendait à cerner de plus en plus le portrait de son « héros » idéal : un être en marge de la société qui bâtit sa vie selon son propre code moral. [Une liste]


Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Mardi 30 septembre 2014 2 30 /09 /Sep /2014 21:48

Ce sont des films vus entre le 1er et le 7 septembre.


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La RKO, une aventure hollywoodienne est donc un documentaire instructif qui raconte clairement l’histoire de la RKO avec les intervenants indubitables que sont Joe Dante, Bertrand Tavernier et Michel Ciment. Le documentaire constitue une bonne introduction parfaite à ce catalogue et à ce coffret.


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À cause de Jeff Daniels, Les Berkman se séparent résonne étrangement après Tendre Passion où il incarnait un jeune père de famille. Les personnages sont certes différents, mais on se dit qu’ils ont vécu des choses similaires à des moments similaires. Je ne sais plus à quelle occasion je l’ai déjà dit, mais j’aime bien, de temps en temps, voir ce genre de film (type Sundance) au moins pour la bande originale, mais aussi parce qu’on prend son temps et les transports en commun.


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RKO


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Je me souviens de la dernière semaine de septembre 2010 comme de celle où j’ai conçu le désir de voir Le danseur du dessus pour en avoir vu un extrait dans the Green Miles et pour avoir lu une aventure de Dylan Dog dans laquelle le tueur s’était grimé en Jerry Travers (le personnage de Fred Astaire).

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Le Capitan inaugure un cycle composé de films de capes et d’épées glanés pour l’essentiel à la médiathèque. Celui-ci ce situe en 1616, lors de la régence avec un tout jeune Louis XIII, une conspiration et un favori terriblement méchant. On dit d’un film que quelle que soit sa qualité, il y a toujours quelque chose à retenir. Pour ma part, ce sera d’une part Bourvil chantant Baladin (la chanson qui m’a poussé à jeter un œil à ce film) et ce qu’il fit du voleur (interprété par un Préboist qu’on reverra dans ce genre) et d’autre part Concino Concini, incarné par Arnoldo Foà qui en tant que méchant est celui qui aide le mieux à maintenir l’intérêt du film (si, si, si).


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RKO


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Quelle classe, ce George Sanders, dans Le Saint contre-attaque !


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Je n’avais jamais vu traiter comme thème principal au cinéma la question de l’amour derrière les barreaux avant Chaînes ou les Sexes enchaînés dont le titre paraît graveleux. Le film m’a paru d’actualité.


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Un peu d’archéologie. Miller’s crossing, troisième film des frères Coen, était celui qui me manquait pour pouvoir dire que j’ai vu leurs dix premiers films. Ce sont des films que l’on m’a fait découvrir au lycée, des auteurs qu’il fallait avoir vu, aimer, dont le meilleur film était Fargo. En 2003, avec Intolerable Cruelty, je fais de fait une pause. En 2010, je vois un peu par hasard Burn after reading et, en 2014, avec impatience, Inside Llewyn Davis. En racontant cela, je ne fais que prendre la mesure du temps qui passe. Jusqu’à environ the Big Lebowski et O’Brother, c’était des cinéastes qui constituaient un repère important pour l’ado inculte que j’étais, après quoi j’ai probablement perçu une sorte de ronronnement. Je souligne inculte parce que j’avais vu The Man who wasn’t there avec une vague idée de ce qu’était un film noir ou Intolerable Cruelty sans avoir entendu parler de comédie de remariage, de screwball comedy, de Katharine Hepburn et Spencer Tracy. A posteriori (je ne les ai pas revus depuis), je me rends compte du travail de synthèse culturelle et cinéphile des frères Coen. Miller’s crossing en fait partie, mais révèle aussi que ces auteurs ne seraient que vaguement « postmodernes » si leurs films n’étaient pas aussi musclés (Une séquence d'anthologie, celle dans laquelle Leo O'Bannion / Albert Finney se défend).
Sous réserve d’avoir vu les films sortis entre après Intolerable Cruelty, je crois pouvoir dire que leur dernier, Inside Llewyn Davis, est le film des Coen que je préfère.


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Onibabacommence sur du free jazz. L’une des thématiques et une séquence rappellent Elle n’a dansé qu’un seul été (1951). On pense aussi à Themroc (alors qu’on ne l’a même pas vu). À la fin de la projection, quelqu’un a demandé à la cantonade (une dizaine de spectateurs) si quelqu’un a vraiment ressenti quelque chose, sous-entendant probablement que c’était un film bien froid et bien hermétique. On ne s’est pas manifesté, cette personne semblait vouloir avoir raison. Ceci étant, une discussion, une présentation, est toujours bienvenue.
C’était notre première fois à la nouvelle cinémathèque de Belgrade. On y est venu trois jours après Depardieu.

 

 

La RKO, une aventure hollywoodienne, Philippe Saada, 2010

The Squid & the Whale, Noah Baumbach, 2005

Top Hat, Mark Sandrich, 1935

Le Capitan, André Hunebelle, 1960

The Saint strikes back, John Farrow, 1939

Geschlecht in Fesseln, William Dieterle, 1928

Miller’s crossing, Joel & Ethan Coen, 1990

鬼婆, Onibaba, Kanedo Shindō, 1964

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Marc Sandrich.

(New York 26 octobre 1900 – 5 mars 1945) Spécialiste des comédies musicales, surtout connu par les films don’t Fred Astaire fut la vedette : la Gaie divorcée, Suivez la flotte, Top Hat, etc.


Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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