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Lundi 29 décembre 1 29 /12 /Déc 01:23

 

Films vus entre le 15 et le 21 décembre

 

Cinéclub de l’Institut Français (7/7) La Bûche de Noël, ou, pour moi, le retour de Cheval, Cowboy et Indien après Panique au Village. Un grand plaisir.

Cinéclub de l’Institut Français (7/7) Comme Ma maman est en Amérique, Elle a rencontré Buffalo Bill se situe dans les années 70, on a pu évoquer quelques marqueurs culturels (les bagnoles) et présenter deux sketches évoqués ou cités dans le dessin animé : Le Plombier de Fernand Raynaud et la Publicité de Coluche. Le papa de Jean regarde ce sketch de Raynaud à la télévision et les enfants crient à tue-tête "Mamie écrase les prouts" sur le parking d’un supermarché Mammouth. C’est important à comprendre si tu veux capter la mentalité française. On a présenté DS, 4L et Simca. On a présenté Emile Bravo.


yakuza

Kinoteka –J’ai abordé Yakuza en me essayant de faire attention au point de vue américain de ce film japonais. Vous n’êtes jamais plus attentif aux clichés que lorsqu’ils sont vos seuls repères et à la dénonciation d’une forme de paternalisme que lorsque vous êtes victime du politiquement correct (ce qui fait dire à Tarantino des bêtises au sujet de John Ford). Aussi vigilant que peut l’être un inculte en la matière, j’ai passé un bon moment, à ne plus pouvoir me curer l’oreille.

Kinoteka Il y avait une trentaine de films inspiré ou adapté de Shalespeare à la cinémathèque. Le cycle a commencé avec une série de courts films du début du cinéma. Les meilleurs m’ont paru ceux qui se déroulaient dans un contexte magique (La Tempête, Le Songe d’une nuit d’été) mais l’acteur principal et la scénographie de Richard III ont aussi intéressé.

Allez raconte !, c’est la transposition en long-métrage d’une série de dessins-animés, elle-même transposition de deux volumes de bande-dessinée de Trondheim et Parrondo. L’univers graphique de Parrondo paraît respecté, les prénoms de la famille de Trondheim aussi. Je prends exemple sur ce film pour générer des histoires. C’est très utile pour les ateliers d’écriture. Dommage que je n’ai pas le temps d’écrire ? (Ce blog ? Franchement, tu le lis vraiment ?).

Cinéclub de la fac J’avais raté Ernest et Célestine à sa sortie à Noël 2012. Le dessin m’attirait. C’est le film que j’ai choisi pour le traditionnel dessin animé de Noël. C’était du coup l’occasion de faire découvrir Gabrielle Vincent dont j’ignorais tout jusqu’au moment de préparer la séance car il fallait bien sûr situer Ernest et Célestine et donner à voir la spécificité de ces livres jeunesse. Du coup, j’ai emprunté les quelques livres disponibles à la médiathèque de Belgrade pour les faire lire aux étudiantes avant le film. Il fallait souligner les différences et présenter Daniel Pennac. J’ai d’ailleurs peut-être dit une bêtise, mais j’ai remarqué que j’avais l’impression de ne connaître que des filles parmi mes amis amateurs de Pennac.

La première séquence de Yoyo est effectivement magnifique. Je ne sais pas pourquoi j’ai attendu si longtemps avant de me lancer dans ce film alors que j’avais regardé les autres assez rapidement. Si un jour un éléphant venait me chercher… Il y avait Philippe Castelli !

 

 

La Bûche de Noël, Vincent Patar et Stéphane Aubier, 2013

Ma maman est en Amérique, Elle a rencontré Buffalo Bill, Marc Boréal & Thibaut Chatel, 2013 

The Yakuza, Sidney Pollack, 1974

Shakespear Silent :

The Tempest, Percy Stouw, 1908
King Lear, Gerolamo Lo Savio, 1910
A midsummer night’s dream, J. Stuart Blackthon & Charles Kent, 1909
Twelfth night, Charles Kent, 1910
Il mercante di venezia, Charles Kent, 1910
Richard III, F.R. Benson, 1911
King John, W-K L Dickson, 1899

Allez raconte !, Jean-Christophe Roger, 2010

Ernest et Célestine, Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier, 2013

Yoyo, Pierre Étaix, 1964

 

Deux notices de Georges Sadoul…

 

Stuart Blackton :

(Shefield 5 janvier 1875 – Hollywood 14 août 1941) Ce pionnier américain, trop méconnu, égale en importance artistique Griffith. Comme réalisateur ou comme producteur (pris dans le sens de directeur artistique) des films Vitagraph, on lui doit dès 1906 le « mouvement américain », ainsi nommé en France après ses premiers films utilisant le procédé de prise de vues « image par image ». Si l’on appelle aujourd’hui encore « plan américain » une sorte de gros plan, c’est qu’il fut le premier (dès 1908 et avant Griffith) à en systématiser l’emplo dans le montage de ses films et surtout dans ses Scenes of the True Life. Renouvelant d’autre part le scénario et le style d’interprétation, ses Scènes de la vie réelle exercèrent une influence universelle bien avant 1911, où furent seulement appréciés en Europe les films de Griffith. Il réalisa d’autre part aux US les premières séries d’art. En 1896, fonde avec Albert E. Smith la Vitagraph. [Une liste.] Après 1930, ruiné, finit par montrer pour vivre, costumé en cinéaste 1900, ses anciens films accompagnés de boniments comiques, dans de petits music-halls miteux.

 

William Kennedy Laurie Dickson :

(1860-1937) Il inventa vers 1890 le film de 35 mm perforé, bien plus qu’Edison, qui surveillait distraitement ses travaux ; il réalisa les premiers films du kinétoscope, 1893-1894, puis ceux de l’American Biograph, dont il était un fondateur (1895-1900).

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Dimanche 28 décembre 7 28 /12 /Déc 23:50

Films vus entre le 8 et le 14 décembre

 

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Cinéclub de la fac Adieu Gary, pour montrer un peu d’Ardèche et aussi Jean-Pierre Bacri. Le film parle de misère sociale, mais avec un regard positif. Il n’y a pas d’intrigue, peu de noirceur, du soleil, de la lumière, de la lucidité. Il y a des sentiments, mais ils sont cachés. En ce moment, je lis Giono.

Cinéclub de l’Institut Français (6/7) Agent Trouble remplace un Chabrol qui n’était plus disponible. Ça m’a permis de me rendre compte du nombre de films français adaptés de romans américains de la Série Noire. Il faudrait que je systématise un peu ces listes. Le revoir me confirme l’intelligence de l’écriture, et la passion que j’ai pour Alexandre, le personnage de Richard Bohringer.


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Cinéclub de la fac Le Prénom, vu deux fois de suite également. Maintenant, j’ajoute à la préparation des cinéclubs la vision des films. Cela permet d’anticiper pas mal de choses, comme expliquer ce que sont Télérama et le Figaro Magazine, Boby Lapointe, la chanson Je te donne, des choses qu’en somme on étudie rarement en cours. Grosse farce, ce qui me gêne dans ce déballage de secret, c’est qu’absolument aucun personnage n’apprend rien, et c’est en cela que j’ai bien plus aimé Un air de famille. Le Prénom est une farce qui mise donc surtout sur la connivence (cf. les références culturelles citées plus haut), le rythme (les secrets qui s’enchaînent comme s’égrenne je ne sais quoi) et les acteurs.


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Alceste à Bicyclette parle aussi de théâtre. Je l’ai vu dans l’optique de le programmer à la fac. On en reparlera probablement. Un cycle sur la misanthropie.


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Junior Bonner, le dernier bagarreur, comme la Ballade de Cable Hogue, raconte un changement d’époque. Sam Peckinpah aurait peut-être aimé le livre de Jean Renoir sur Pierre-Auguste Renoir, ou du moins les premières pages.

 

Adieu Gary, Nassim Amaouche, 2009

Agent Trouble, Jean-Pierre Mocky, 1987

Le Prénom, Matthieu Delaporte & Alexandre de La Pâtellière, 2012

Alceste à Bicyclette, Philippe Le Guay, 2012

Junior Bonner, Sam Peckinpah, 1972

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Jean-Pierre Mocky :

(J. Mokiejewski, Nice 6 juillet 1929) Jeune comédien passé à la mise en scène après le succès commercial des Dragueurs (1959), il a réalisé : [une liste].

Il retrouve un autre souffle après 1968, développant sur des thèmes fort proches, un long discours passionnel sur la solitude, discours qu’il porte (auteur et acteur) jusqu’à son terme : une « belle » mort à la fin de chaque récit. On passe ainsi de Solo (1969) à l’Albatros (1971). [Une liste].

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Samedi 27 décembre 6 27 /12 /Déc 23:41

Films vus entre le 1er et le 7 décembre

FAF J’ai voulu voir Fishing without nets à cause de Kapringen, le film de Tobias Lindholm. Le deux films racontait la capture et la demande de rançon d’un bateau européen dans l’Océan Indien par des pirates somalis. Le film danois racontait l’histoire du point de vue de l’équipage et de l’armateur. Fishing without net le raconte depuis le point de vue d’un pirate malgré lui. C’est précisément ce qui a rendu le film décevant.

Les deux films sont donc assez proches par les motifs (situation, typologie des personnages), et choisissent des directions différentes. Ce qui gêne dans Fishing without net est l’espèce de sentimentalisme social de Victor Hugo sans véritable vision digne de l’écrivain (malgré des motifs comme celui de la mer…). L’accumulation de tout ce qui arrive à ce pauvre petit pêcheur devenu pirate malgré lui mais pour sa famille est le sujet du film, c’est gênant.

FAF Voir Adieu au langage 3D avec lunettes, ça change tout. Surtout avec les intertitres. L’idée de revoir ce film m’avait enthousiasmé. C'est bien de revoir.

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Cinéclub de l’Institut Français (5/7) Jour de fête a pas mal de motifs communs avec Et maintenant on va où. Guy Decomble fait désormais partie des acteurs qui me sont définitvement familiers.

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L’Homme de l’Ouest fait son chemin.

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Avec son introduction documentaire, 13, rue Madeleine m’a happé. Il a du faire partie des multiples films auxquels Momuments Men rendait hommage. J’ai dû m’y reprendre à deux fois pour y reconnaîre Karl Malden. De même, j’ai été bluffé par les décors que j’ai vraiment pris pour un décor normand.

 

Fishing without nets, Cutter Hodierne, 2014

Adieu au langage 3D, Jean-Luc Godard, 2014

Jour de fête, Jacques Tati, 1949

Man of the West, Anthony Mann, 1958

13 Rue Madeleine, Henry Hathaway, 1947

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Jacques Tati :

(Tatischeff – Le Pecq 9 octobre 1908) Le meilleur comique français depuis Max Linder. Parce que très français, il a eu un énorme succès dans le monde entier. Il possède un rare sens de l’observation, des gags, de l’atmosphère, de la poésie. On parle à peine dans ses films, mais leurs bandes sonores y sont presque aussi importantes que leurs images, par leur montage de bruits, de musiques, de conversations. Comme Max Linder, il a pris pour héros les « Français moyens » : ceux d’un village, Jour de fête ; d’une plage bon marché, les Vacances de M. Hulot ; d’une banlieue proche de Paris, Mon Oncle. La gentillesse avec laquelle il les décrit n’exclut pas une cinglante férocité. Il n’a pourtant jamais « l’air d’y toucher ». Il a ainsi défini son comique : « Au fond, Hulot n’est pas jamais dans le coup. Chaplin, devant une difficulté, un objet qui le gêne, a des idées, trouve quelque chose, modifie, interprète l’objet. Hulot, lui, ne fait jamais exprès, n’endosse rien, ne construit jamais. Dans la séquence du cimetière des Vacances, il arrive avec sa voiture et se trouve en panne. Il ouvre son coffre, prend une chambre à air, la laisse tomber, les feuilles s’ycollent, elle se transforme en couronne. Hulot ne l’a pas fait exprès. Su Chaplin avait accepté un pareil gag, il aurait lui-même collé les feuilles et tendu la couronne en faisant des moulinets avec sa canne. Les spectateurs y auraient trouvé l’intentiion comique. Hulot, lui, sort du cimetière sans même savoir pourquoi ces feuilles se sont collées ; il n’invente rien. » Le réalisateur n’écrit jamais de scénarios, mais les prépare minutieusement et prévoit tous les gags. Il lui faut plusieurs années pour imaginer, réaliser et monter un film. Nul n’est plus exigeant que lui en France, sinon Robert Bresson. « Je ne peux pas fabriquer les films comme des petits pains. Je ne suis pas un boulanger. Je regarde vivre les gens, je me promène. J’écoute les dialogues, j’observe les tics, le détail, la manière d’être qui révèlent de chaque individu la personnalité […] Sans chercher de message, j’aimerais exprimer ce qui aboutit à la suppression de la personnalité dans un monde de plus en plus mécanisé. »

D’abord cabaret et music-hall. Un peu de cinéma. [une liste.]

C’était (voir ce que dit ici [c'est-à-dire plus haut] Georges Sadoul) « le meilleur comique français depuis Max Linder ». On peut, après ses deux derniers films, ajouter que Tati est l’un des plus grands cinéastes français et des plus importants de ce temps, en ceci qu’au-delà d’une anecdote vagabonde, il tend avec de plus en plus de rigueur à batir une « œuvre » qui soit à lire non dans les rapports qu’elle entretiendrait avec une réalité immédiate, mais dans l’organisation même, extrêmement élaborée, des matériaux qu’elle ordonne. [Une liste]

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Vendredi 26 décembre 5 26 /12 /Déc 23:05

Films vus entre le 24 et le 30 novembre

Cinéclub de la fac  Dans La Féline, lors de la scène du mariage qui a lieu à The Belgrade, un restaurant serbe de New York, un invité dont le coiffeur est serbe utilise le terme de Komitadji. Simone Simon le corrige en disant que ce mot est plutôt insultant et signifierait Le mot, inconnu des étudiants pourtant serbophones, existe et n’a pas tout à fait le même sens. C’est Albert Londres qui me l’avait appris dans un reportage intitulé Les Comitadjis ou Le terrorisme dans les Balkans (Albin Michel, 1932).

Cinéclub de l’Institut Français (4/7)  Et maintenant on va où ? a permis de faire un tour à l’autre bout de l’ex Empire Ottoman, dans un village mixte libanais. Le style a rappelé celui de Kusturica a certains membres de l’assemblée. Comme j’avais d’abord pensé aux comédies italiennes, je me suis rappelé opportunément cette critique de Serge Daney qui en 1988 disait que Kusturica faisait des comédies italiennes des années 50.

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FAF Adieu au langage 3D était censé être mon premier film en 3D (si j’exclus celui qu’on avait vu à la Géode durant une excursion à Paris avec l’école, en CM1). Padpo, mes lunettes était cassées. J’ai un instant élaboré plusieurs théories dont un problème occulaire. Mais tout le public avait l’air attentif. Il paraît que les gens se marraient pour Film Socialisme. Cette fois-ci, les gens étaient plutôt respectueux.

FAF La Chambre bleue m’a permis de faire un retour aux adaptations de Simenon. Cela avait constitué un petit cycle d’exploration il y a quelques années. La façon de distiller les informations est assez déconcertante : elle empêche le spectateur de s’identifier à un membre du jury, ce qui est tant mieux. Elle permet de se focaliser sur la détresse du personnage interprété par Mathieu Amalric. Je ne suis pas sûr que ce soit réussi, mais peu importe ce qu’il peut avoir à se reprocher, c’est un personnage qui a renoncé, qui me rappelle celui de Coup de lune.

FAF Still the water / Deux fenêtres était très beau. Le film composé de tableaux indépendants a donné envie de s’installer sur les îles d’Amami, de retrouver les chansons du film.

 

Cat People, Jacques Tourneur, 1942

وهلّأ لوين؟  Et maintenant on va où, Nadine Labaki, 2011

Adieu au langage 3D sans lunette, Jean-Luc Godard, 2014

La Chambre bleue, Mathieu Amalric, 2014

2つ目の窓, Futatsume no mado, Naomi Kawase, 2014

 

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Jean-Luc Godard :

(Paris 3 décembre 1930) Une des fortes personnalités révélées par la Nouvelle Vague. Inquiet, incisif, irritant, ambigu, silencieux, se laissant aller aux mots d’auteur, refusant tout engagement, il s’engagea malgré lui en posant des questions sur une conception anarchiste de la vie : À bout de souffle ; sur la guerre d’Algérie : Le Petit Soldat ; sur la condition de la femme : Vivre sa vie. L’œuvre de ce négateur sarcastique se trouve positive par une certaine qualité de cœur. Son style nerveux et dépouillé, vibrant sous une apparente froideur, a contribuant à le placer à la tête de la Nouvelle Vague française avec, notamment, la réussite du Mépris. [une liste].

Parce qu’ils sont aussi et toujours réflexion sur la fonction même du cinéma et réflexion sur les moyens d’expression, les films de Jean-Luc Godard sont bien parmi les plus importants de ces dernières années. Et c’est à partir de la Chinoise – avant mai 1968 – qu’il a commencé à s’interroger sur son insertion propre et sa « fonction ». Après la Chinoise dont on a dit qu’elle préfigurait l’explosion étudiante », de mai 68, il devait aller jusqu’au bout de son propos, avec la longue période des films « insortis » du groupe Dziga Vertov, films militants pour une part, de « laboratoire » pour une autre, dont on mesurera mieux l’importance quand ils seront enfin tous accessible. L’intérêt majeur en tout cas, de tous les films de Godard, c’est qu’ils ne sont pas réductibles à une lecture unique, c’est qu’ils sont toujours traversés par les conflits de notre temps. Et que ces conflits mêmes nourrissent ses recherches sur la « représentation du réel. » [une liste].

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Jeudi 25 décembre 4 25 /12 /Déc 22:55

Films vus entre le 17 et le 23 novembre

 

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Cinéclub de la fac C’est L’Arnacœur qui m’a donné l’idée de commencer cette liste, à cause du personnage de Goran interprété par Jean-Marc Paris. Les résolutions de Screwball comedy paraissent des dénouements logiques. Ici, cela ne paraît pas le cas. On pense à Bringing up Baby notamment pour la conclusion. Le film de Hawks paraît s’asumer là où le film de Chaumeil paraît plutôt complaisant. Le personnage de Jacques Franz est le plus sympathique, il offre l’astuce scénaristique la plus amusante du film.

Cinéclub de l’Institut Français (3/7) Le Naufragé et Un Monde sans femmes ont permis de visiter un petit coin marin de Picardie (il y a de la mer en Picardie). Une scène d’Un monde sans femme en rappelle une autre de the Gold Rush.

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Vincent mit l’âne dans un pré (et s’en vint dans l’autre) avec Fabrice Lucchini et Michel Bouquet.

Lire ici.


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Vaudou a paru un très bon film de Zombie. Le Cat People de Paul Schrader pourrait être un mix entre le Cat People original (pour le sujet) et ce I walked with a Zombie pour l’atmosphère. On pense aussi à un étrange cas.

 

L’Arnacœur, Pascal Chaumeil, 2010

Le Naufragé, Guillaume Brac, 2009

Un Monde sans femmes, Guillaume Brac, 2012

Vincent mit l’âne dans un pré (et s’en vint dans l’autre), Pierre Zucca, 1975

I walked with a Zombie, Jacques Tourneur, 1943

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Mark Robson (assistant de Jacques Tourneur sur  walked with a Zombie) :

(Montréal 4 décembre 1913) Dans une carrière très standard, ce cinéaste eut la chance de mettre en film quelques bons scénarios : [une liste].

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Mercredi 24 décembre 3 24 /12 /Déc 21:11

Films vus entre le 3 et le 16 novembre


 

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Cinéclub de la fac  Ayant lu et aimé le livre de Japrisot, j’étais curieux de voir Un long dimanche de fiançailles, curieux mais pas impatient. Le film fait penser à ces sketches « à la manière de » : le livre est respecté, mais les images pisseuses plutôt que sépia sont poisseuses. Manech est un nom basque qui sonne breton. Alors du coup on transpose Cap-Breton (Aquitaine) en Bretagne, mais si en Bretagne tu n’avais jamais entendu ce nom, c’est normal. Il y a aussi un côté Tour de Gaule d’Astérix, les subtilités régionales en moins. C’est à peu près à ce moment là que nous vîmes une pièce traitant des réfugiés serbes du front de l’orient en Corse. Cette pièce aide comprendre pourquoi le « je ne suis même pas français, je suis corse » a fait polémique dans cette région.

 

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Cinéclub de l’Institut Français (1/7)  Queen of Montreuil a été le premier film du cinéclub de l’Institut Français de Belgrade de la session novembre – décembre. Occasion de voir Montreuil (93), de revoir Samir Guesmi, d’entendre parler islandais, d’apprendre que des Paimpolais et des Islandais peuvent être cousins.


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DSK, Hollande, etc., après les Nouveaux Chiens de Garde. On peut en dire autant. Le film dit en gros qu’on n’a pas vraiment le choix.

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Cinéclub de la fac  ‘Orsay est-il un documentaire amoureux ou un publi-documentaire ? En tout cas, c’était instructif. Un morceau d’histoire de France qui permet de citer les noms de Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac. Oui, parce qu’on a montré ce film au cinéclub, à la fac. Ces noms de président étant inconnus à la plupart des étudiants, je saute sur toutes les occasions pour les montrer. À cette occasion, j’ai commencé à lire Pierre-Auguste Renoir, mon père de Jean Renoir. Instructif et plaisant. Eh bien dans ces deux documents, on parle avec condescendance d’un certain Bouguereau. Je l’ai encore entendu cité ici, dans cette émission de Vincent Josse. Depuis plus rien. C’était donc la journée Bouguereau. En serbe, « jour » se dit « dan », c’était donc le Bouguereau dan. Et comme chacun sait, « Bougereau dan » et « Bouguereau d’andouille » ne font qu’un. Le Musée d’Orsay n’est pas loin de la Comédie Française (un quart d’heure, un peu plus d’un kilomètre). Le tournage n’a pas dû poser beaucoup de problème à Éric Ruff.


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Cinéclub de l’Institut Français (2/7)  Les Combattants Africains de la grande guerre a été le deuxième film du cinéclub de l’Institut Français de Belgrade de la session novembre – décembre. 1983, le film rend compte de la parole des anciens combattants de l’ex AOF (du Burkina Faso et du Sénégal). Cette voix est importante.


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Ils parlent de leur itinéraire. Après un passage par Toulon, ils débarquent sur le Front de l’Orient à Thessalonique. Cette impression nous a touchés dans le public : « les Grecs étaient un peu bozarre, unb peu hostile. Et puis on a vu les Bulgares qui étaient contre nous. Les Turcs aussi, on les a vus, ils étaient aussi contre nous. Les Serbes, eux, ils étaient gentils, ils nous ont bien accueillis. Et puis les Italiens, et les Anglais, ils étaient aussi avec nous. » Le film évoque trop superficiellement la spolliation des anciens combattants des colonies.


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Calmos m’a rappelé Merci la vie !, le film de Bertrand Blier que je préfère. Les deux films mélangent, mixent, amalgament allègrement les thématique du sexe et de la guerre. Je préfère toujours, et de loin, le film de 1991, mais Calmos compte pas mal de séquences étonnantes, dont l’ouverture (« pâle ordure », « qu’est-ce que ça peut vous foutre ? », etc.), mais il est plus à rapprocher des Sextraordinaires aventures de Zizi et Peter Panpan de Lauzier.


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J’ai une certaine tendresse pour le roman de Joseph Kessel, mais le Belle de jour de Buñuel paraît effectivement supérieur. Francis Blanche est aussi inquiétant que dans la Tulipe Noire, mais dans ce contexte, cela paraît plus normal. J’avais lu le roman en me le représentant avec les acteurs du film : Jean Sorel fonctionnait plutôt bien, il m’a fallu du temps pour m’habituer à Catherine Deneuve, mais Husson paraissait plus âgé que Piccoli. Je croyais ne pas connaître Pierre Clémenti (dont la ressemblance avec Cillian Murphy a souvent été commentée) mais on l’avait déjà vu dans Porcile.

 

 

Un long dimanche de fiançailles, Jean-Pierre Jeunet, 2004

Queen of Montreuil, Solveig Anspach, 2012

DSK, Hollande, etc., Pierre Carles, 2012

‘Orsay, Bruno Ulmer, 2012

Les Combattants Africains de la grande guerre, Laurent Dussaux, 1983

Calmos, Bertrand Blier, 1976

Belle de jour, Luis Buñuel, 1967

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Luis Buñuel :

(Calanda 22 février 1900) D’une infinie tendresse sous une apparente cruauté, intransigeant et compréhensif, l’honnêteté et la fidélité mêmes à soi-même, à son art, à son idéal, à ses amis. Si Vigo fut le Rimbaud du cinéma, alors il en est le Lautréamont. Aragonais comme Goya (l’un de ses dieux), il quitta l’Espagne et la dictature de Primo de Rivera pour trouver en France la liberté. Il fit à Paris ses premières armes comme assistant de Jean Epstein, qu’il admirait. Mais alors « le surréalisme me révéla que l’homme ne peut se dispenser de sens moral. Je croyais à la liberté totale de l’homme ne peut se dispenser de sens moral. Je croyais à la liberté totale de l’homme, mais j’ai vu dans le surréalisme une discipline à suivre et il m’a fait faire un grand pas merveilleurx et poétique » (avec  Un chien andalouet  l’Âge d’or ) Après avoir rompu avec le surréalisme, dirigé Terre sans pain, servi les républicains espagnols, connu un dur exil aux US, accepté de réaliser au Mexique des productions commerciales, il reprit la parole avec Los Olvidados et la garda, réalisant avec sa splendide maturité, à Mexico et occasionnellement à Madrid, une série de violents chefs-d’œuvre, Subida al Cielo, Nazarin, Viridiana, l’Ange exterminateur. « Je n’ai jamais fait que des films de commande, hors mes trois premiers, a-t-il déclaré. J’en ai fait de mauvais, mais toujours moralement dignes ; j’ai toujours suivi mon précepte surréaliste : « La nécessité de manger n’excuse pas la prostitution de l’art. » Je suis contre la morale conventionnelle, les phantasmes traditionnels, le sentimentalisme, toute la saleté morale de la société. La morale bourgeoise est pour moi l’anti-morale, parce que fondée sur de très injustes institutions : la religion, la patrie, la famille et autres piliers de la société. » Il a ainsi défini sa conception du cinéma : « Il suffirait que la paupière blanche de l’écran puisse refléter la lumière qui lui est propre pour faire sauter l’univers. Mais pour le moment nous pouvons dormir tranquilles, car la lumière cinématographique est sûrement dosée et enchaînée. » « Le cinéma est une arme magnifique et dangereuse, si c’est un esprit libre qui le manie. C’est le meilleur instrument pour exprimer la vie du subconscient dont les racines pénètrent si profondément dans la poésie. Qu’on ne croie pas pourtant que je suis pour un cinéma exclusivement consacré au fantastique et au mystère. […] Je demande au cinéma d’être un témoin, le compte rendu du monde, celui qui dit tout ce qui est important dans le réel. La réalité est multiple et peut avoir mille signification diverses pour des hommes différents. Je veux avoir une vision intégrale de la réalité ; je veux entrer dans le monde merveilleux de l’inconnu. » « Le drame privé d’un individu ne peut à mon avis intéresser personne digne de vivre dans son temps. Si le spectateur partage les joies, les tristesses, les angoisses d’un personnage de l’écran, ce ne pourra être que parce qu’il y voit le reflet des joies, des tristesses, des angoisses de toute la société ; donc les siennes propres. Le chômage, l’insécurité, la peur de la guerre, etc., affectent tous les hommes d’aujourd’hui, donc le spectateur. » « Je suis toujours athée, grâce à Dieu… Je crois qu’il faut chercher Dieu dans l’homme, c’est une attitude très simple. » Études à la Cité universitaire de Madrid avec Garcia Lorca, Dali, Rafaël Alberti, Juan Vicens, etc. S’établit après 1925 à Paris. [Une liste.]

Semble venu pour Luis Buñuel le temps de la sérénité inquiète, des grands films apaisés et toujours questionnants, de la distance que met l’humour entre lui et ses œuvres. Le temps aussi d’une écriture ferme et droite. Un temps qu’éclaire ce mot de lui (in « le Monde » du 30 août 1965) : « À l’époque où j’étais jeune, je regarde le ciel et je me dis simplement que c’est beau. » [Une liste.]

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Mardi 23 décembre 2 23 /12 /Déc 19:25

Films vus entre le 27 octobre et le 2 novembre


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Le Déserteur de Fort Alamo a fait plaisir. J’aime Glenn Ford dans ce type de composition. Le récit était assez cohérent pour que la petite histoire s’intègre bien dans la grande Histoire, dont elle se détache pourtant assez rapidement.



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Kinoteka Le Crocodile de la mort a fait plaisir. Il était comme tu as dit. Tout le long du film, Neville Brand m’a rappelé Maurice Pialat.

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Le film était vraisemblablement une comédie. Le dispositif hôtelier, outre le fait qu’il rappelle Psycho (je n’y avais pas pensé) pourrait être celui d’une série. Les visiteurs de l’hôtel, si souvent malades, donnent envie d’en inventer d’autre.


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Kinoteka Dans Un goût de miel, on retrouve dans une fiction ce qui caractérise le Free Cinema. Certains passages sont documentaires. Le personnage de Geoffrey Ingham (Murray Melvin) rappelle celui de Miles Brand (Laurence Harvey) dans Darling de John Schlesinger.

 

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Kinoteka Je suis allé voir El dia de la bestia, mais ils ont montré à la place Résurrection. Je m’en suis rendu compte au moment où le nom de Christopher Lambert a été mentionné. Des séquences réussies et des répliques déconcertantes.


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On m’a prêté une intégrale Robbe-Grillet. J’ai commencé avec Le jeu avec le feu parce qu’il y avait jean-Louis Trintignant et Philippe Noiret. J’ai trouvé un univers familier proche de ce que je connaissais de Raul Ruiz et Luis Buñuel. Je vais visiter la suite tranquillement.

Lire ici.

 

The Man from the Alamo, Budd Boetticher, 1953

Eaten Alive, Tobe Hooper, 1977

A taste of Honey, Tony Richardson, 1961

Resurrection, Russell Mulcahy, 1999

Le jeu avec le feu, Alain Robbe-Grillet, 1975

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Tony Richardson :

(Yorkshire 1928) Il unit dans ses films le Free Cinema et les œuvres des « jeunes gens en colère ». Inégal – Sanctuaire fut pour lui une désastreuse expérience américaine – il a su très bien montrer, avec une certaine poésie et de la sensibilité, l’Angleterre véridique dans les Corps sauvages (Look back in Anger), et surtout l’excellent Un goût de miel. Il est, avec Karel Reisz et Lindsay Anderson, le meilleur espoir du jeune cinéma anglais. [Une liste.]


Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Lundi 22 décembre 1 22 /12 /Déc 22:51

Films vus entre le 20 et le 26 octobre

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Cinéclub de la fac Mine de rien, Tirez sur le pianiste figure dans la première liste des films de la semaine. Je la relis, j’ai changé d’avis quant à Lapointe. C’est un film qu’on a montré à l’université en hommage à Marie Dubois récemment disparue et à François Truffaut disparu il y avait exactement trente ans. Mine de rien, on montre un film de Truffaut chaque année à la même époque.


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Cinéclub de la fac  Dans l’idée de faire un petit cycle autour d’une vie gâchée et d’un piano, La Tourneuse de pages nous avait paru un choix opportun. Efficace, les spectateurs paraissent avoir bien perçu le côté comique de ce film.


 

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C’est dans L’Amour par terre que je découvre le principe du théâtre en appartement. En plus d’être de bonnes actrices, Jane Birkin (37 ans) et Géraldine Chaplin (40 ans) sont vraiment charmantes.

 

Tirez sur le pianiste, François Truffaut, 1960

La Tourneuse de page, Denis Dercourt, 2006

L’Amour par terre, Jacques Rivette, 1984

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Jacques Rivette :

(Rouen, 1er mars 1928) S’il ne s’est pas imposé aussi vite que son ami Truffaut, ce jeune réalisateur exigeant et anxieux a donné, après Paris nous appartient (1961), son adaptation passionnée de la Religieuse de Diderot  (1966) et l’Amour fou (1968).

Ce qui fut dit de Resnais pourrait l’être de Rivette : non qu’il ait été réduit au silence, mais en cette année 1973 existe encore une seule copie de son dernier film Out one (un film de douze heures quarante) qui risque de disparaître : faute de moyens matériels pour effectuer des tirages, de distributeur pour en assurer la sortie, ce film pourrait être bientôt totalement perdu. Et pourtant, Rivette, dès l’Amour fou, tout à la fois réflexion à l’ample respiration sur l’acte même de création, discours théorique sur le cinéma, et chronique passionnée d’un groupe se défaisant, avait prouvé qu’il était le metteur en scène le plus ambitieux et le plus exigeant de sa génération. Champ de recherche qu’approfondit encore Out one et la version « courte » qu’il en a donnée sous le titre Spectre, elle aussi inédite. [une liste].

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Dimanche 21 décembre 7 21 /12 /Déc 21:43

Films vus entre le 13 et le 19 octobre

 

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Cinéclub de la fac  Camille redouble est comme on avait dit. Ce fut le premier cinéclub de la fac de l’année. On l’a choisi d’une part parce que la distribution comprenait plein d’acteurs vus dans des films l’année précédente, d’autre part parce que personne n’est venu lors de la dernière séance de la saison précédente (ce qui eût pourtant été plus logique).

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C’est pour voir Le Hussard sur le toit que j’ai lu le magnifique roman de Jean Giono. J'en suis fort heureux. Je ne sais pas si le film était réussi mais l'adaptation paraît bonne.

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À chaque fois que je vois un film de Federico Fellini, j’ai l’impression de le connaître un peu mieux. La cité des femmes, dont le générique calme et jazzy trompe un peu sur la nature ébouriffante du film. J’ai bien aimé.

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Plutôt qu’un documentaire, Brigitte Bardot, La méprise est un hommage documenté de David Teboul à Brigitte Bardot. La version que j’ai vue est une version réduite. Connaissant si mal ce sujet, j’ai appris des trucs.

 

Camille redouble, Noémie Lvovsky, 2012

Le Hussard sur le toit, Jean-Paul Rappeneau, 1995

La città delle donne, Federico Fellini, 1980

Brigitte Bardot, La méprise, David Teboul, 2013

 

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Federico Fellini :

(Rimini, 20 janvier 1920) Contradictoire, éxubérant, mêlant l’excellent au moins bon, une forte personnalité qui possède un don bien rare : créer des « types ». Collaborateur de Rossellini pour Paisà où il découvrit, dit-il, « une Italie que nous ne connaissions pas, car pendant vingt ans nous étions restés prisonniers d’un régime politique qui nous avait littéralement bandé les yeux ». Lattuada lui permit de débuter dans la réalisation avec Luci di Varietà. Après quoi, la satire des courriers du cœur dans le Cheik blanc et l’autobiographie des Vitelloni s’inscrivirent dans la ligne orthodoxe du néo-réalisme, adhésion que parut confirmer l’Amour à la ville. La Strada se trouver marquer une rupture. « Le néo-réalisme avait été une impulsion énorme, déclarait-il en 1960, une indication vraiment sacrée et sainte pour tout le monde. Mais bientôt la confusion devint très grave. Si son humilité devant la vie continuait aussi devant la caméra, alors il n’y avait plus besoin de metteur en scène. Or, pour moi, le cinéma ressemble très fort au cirque. » Avec ses attractions, minables ou mirobolantes, ses interminables tournées, sa roulotte miniature, ses trois héros, l’hercule, l’acrobate, la clownesse, La Strada fut un cirque intellectuel. « Des distances astronomiques séparent les hommes, disait-il alors, ils vivent à côté les uns des autres sans s’apercevoir de leur état de solitude, sans que jamais s’établissent entre eux de vrais rapport. » Un mystique apparaissait aussi dans le film de celui qui déclara : « Si par chrétien vous entendez une attitude d’amour envers son prochain, oui, tous mes films sont axés sur cette idée. Ils montrent un monde sans amour, des gens qui exploitent les autres, où il y a toujours un petit être qui veut donner l’amour et vit pour l’amour. » Cet idéalisme n’excluait pas une critique sociale. La minable quête d’Il Bidone fut un peu comme  Verdoux  la satire, par son contraire, d’un ordre social om les hommes sont des loups pour l’homme. Dans Cabiria, Gelsomina, « personnage actif qui ne se résigne pas, qui est accroché à la vie », devient un Don Quichotte luttant, lance levée, contre les monstruosités d’un monde corrompu – celui dont La Dolce Vita donna un vaste tableau. Fellini y inséra, comme dans Huit et demi, des séquences anticléricales. [Une liste.]

Dans ses tout derniers films il s’est décidé à parler de ses rapports au cinéma – et même plus largement – au spectacle. Non plus, comme dans Huit et demi, par le biais d’une fiction trop limpide, mais dans son écriture même, cette façon qu’il a désormais (les Clowns, Fellini-Roma) marquant son parti-pris de « tout dire », d’engranger des matéruiaux énormes, comme s’i ne se résignait pas à laisser échapper des mailles de sa caméra/filet des pans de vie entiers – qui pourtant s’échappent, ses films désignant eux-mêmes, par le biais d’une voix « off », d’une attitude entrevue, cette perte de substance (ainsi la séquence du music-hall daans Fellini-Roma). [Une liste.]

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Samedi 20 décembre 6 20 /12 /Déc 21:08

Films vus entre le 6 et le 12 octobre.

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La Tulipe Noire laisse un drôle de goût. La double performance d’Alain Delon est simple et efficace ; qu’ils partagent ou non leurs scènes, les quasi jumaux qu’il interprète sont lisibles. On retrouve Akim Tamiroff dans un rôle caricatural de noble bête et méchant. On retrouve quelques traits repérés dans les différents films de l’époque (action située dans le sud de la France, couple de jeune premier franco-italien, ici Alain Delon et Virna Lisa). On retrouve une satire des deux camps développée dans les Mariée de l’an 2. C’est peut-être d’ailleurs pour ça qu’on a un peu plus d’affection pour Cartouche, Robin des Bois qui ne fait pas de politique, avec ces deux amis Jess Hahn et Jean Rochefort. Ici, Plantin (le personnage de Francis Blanche) est aussi inquiétant. Comme dans le Capitan, mais un peu moins, on retient l’acteur qui fait le méchant Adolfo Marsillach, parfaitement doublé par Michel Roux.


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Kinoteka Certes, le personnage de Humphrey Bogart n’est pas tendre, mais, compte tenu de l’histoire, un titre comme Le Violent, quoique approprié, est un peu trop uppercut, pour ne pas dire direct. Vois-le donc.


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Je préfère Le grand Alibi à Mon petit doigt m’a dit. J’ai regardé ce dernier pour voir Laurent Terzieff. C’est le seul film de la médiathèque où l’on peut le voir. On y entend également Les Pêcheurs de Perle que l’on a appris avec Tino Rossi et David Gilmour.


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L’Énigme du Chicago Express est un film net, sans bavure. On ne racontera pas ce film efficace.


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Les nouveaux chiens de garde, c’était le documentaire du dimanche après-midi de cette semaine-là. Tiens quand un ami Facebook l’a partagé on a eu cette conversation.


à propos des nouveaux chiens de garde flouté


 

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J’aime bien dans La Féline l’onirisme et les bayous inextricables, le travail sur les couleurs et les frère et sœur interprétés par Malcolm McDowell et Nastassja Kinski.

 

La Tulipe Noire, Christian-Jaque, 1964

In a lonely place, Nicholas Ray, 1950

Mon petit doigt m’a dit, Pascal Thomas, 2005

The Narrow Margin, Richard Fleischer, 1952

Les nouveaux chiens de garde, Gilles Balbastre & Yannick Kergoat, 2012

Cat People, Paul Schrader, 1982

 

Les notices de Georges Sadoul…

 

Aujourd’hui, Christian-Jaque :

(Christian Maudet, Paris 4 septembre 1904) Une Cinquantaine de films, une douzaine de grandes réussites commerciales, un incontestable métier, de la conviction et souvent de la générosité. A donné plusieurs films intéressant : les Disparus de Saint-Agil, la Chartreuse de Parme, Si tous les gars du monde, et surtout  Fanfan la Tulipe . Élève aux Beaux-Arts. D’abord décorateur de films. [Une liste.]

 


Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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