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Vendredi 19 septembre 2014 5 19 /09 /Sep /2014 23:48

 

Cet été, pendant les vacances, j’ai surtout lu.

 

Ce sont des livres lus entre le 21 juillet et le 25 août.


 

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Partant à Amsterdam, j’ai décidé de relire La Chute d’Albert Camus.


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Avant de partir de Belgrade, j’avais emprunté au Chicon, le Conflit d’Élisabeth Badinter, pour le lui rendre à Bruxelles. Le ton sarcastique de l'auteure vis-à-vis des breastfeeder m’avait d’abord agacé, les références étaient curieuses. À la longue, le livre est devenu plus instructif, moins caustique et plus édifiant. Désormais, je me méfie des breastfeeders, mais surtout de ceux qui me disent comment je dois allaiter mon enfant.


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À Évasions, Bruxelles, j’avais acheté quelques Marabout fantastique et Mes Années folles, une autobiographie de Marcel Dalio dans laquelle il évoque la mort d’un cheval sur le pavé de Paris, ce qui m’a rappelé la Traversée d’une vie de Françoise Rosay. C’est plein d’anecdotes. Le personnage le plus touchant est celui de Pierre Brasseur.


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Le premier Marabout fantastique que j’ai lu est le varié Cérémonial Nocturne de Thomas Owen. Je garde les autres pour plus tard. Je veux dire le premier des deux achetés à évasion. Le tout premier que j’ai lu était un recueil de nouvelle de Selma Lagerlof. C’est un bon conteur. Le recueil contient un récit plus long que les autres et qui me marque d’une autre façon. J’ai du mal à saisir ce qui fait l’unité de ce recueil. On s'en fout, sans doute.


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Au musée de la bande dessinée (que je n’ai pas visité) je me suis offert le premier volume de l’intégral des aventures de Philémon de Fred.


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Dans la bibliothèque de feu mon grand-père, il y a beaucoup de romans d’espionnage de type Fleuve Noir. Comme je vis dans les Balkans, j’ai été attiré par Du côté de Sarajevo de Jean Mazarin. On ne parle pas vraiment de Sarajevo, mais des Bled, une ville de Slovénie. J’ai surtout été étonné de l’accuité en matière de géopolitique de ce roman de 1977 qui disait comme si c’était évident que la Yougoslavie avait peu de chance de survivre à Tito en raison des nationalismes.

Peut-être un jour essaierai-je de lire un S.A.S.


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Il y a aussi d’autres livres dans cette bibliothèque. Notamment le Mermoz de Joseph Kessel, dont la trajectoire est passionnante. Le sujet, le personnage, la période charnière que représente celle de sa carrière (la création de l’aéro-postale)  était passionnante. On saura que la période de l’entre deux guerre est une période qui m’intéresse relativement.

 

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Les Incidents de la nuit, c'était pour retrouver David B. grâce à qui j'explore une certaine littérature fantastique, notamment celle publiée dans Marabout Fantastique. Ce livre aurait pu être publié dans cette collection.


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C’est aussi de cette époque que date le Chien Jaune de Simenon, un Maigret qui se situe à Concarneau. Pour une fois, la toponymie m’était familière.


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J’ai relu Un Homme est mort (attention ce lien renvoie vers un article du temps où le président était à peine Sarkozy) de Kris et Étienne Davodeau, le livre figure quant à lui dans ma bibliothèque. Comme j’ai passé cet été à explorer Brest, j’ai appris à ne plus confondre Jean Macé et Édouard Mazé.


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J’ai aussi relu un Modiano, Dimanches d’août, qui m’a permis de constater que j’ai sais mieux lire. Je l’avais lu à la fin du lycée, sans vraiment le comprendre. C’est un très beau livre. J’y appris l’existence de Raymond Aimos 70 ans après sa mort le 20 août 1944, tué par une « balle perdue » lors de la libération de Paris.


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Enfin sur le trajet Brest – Paris – Beauvais – Belgrade j’ai eu l’immense plaisir de lire un autre roman de Roger Vercel – je n’avais lu que Capitaine Conan -  celui-ci étant Remorques, dont j’ai vu quelques jour plus tard l’adaptation de Grémillon. Le livre est bien moins daté que le film, mais on n’en reparlera.


*********


C’est bath de faire les livres du mois.

Je continuerai peut-être. En l’occurrence, c’est parce que j’ai envie de recommander tous ces livres-ci.

Le simple fait de les évoquer évoque le moment où je les lisais.

Décidément, c'est rien bath.

 

*********

 

Bon, récapitulons !

La Chute, Albert Camus, 1956

le Conflit – la femme et la mère, Elisabeth Badinter,  2010

Mes Années folles, Marcel Dalio, 1976/1986

Cérémonial nocturne, Thomas Owen, 1966

Intégrale Philémon t.1, Fred, 2011

Du côté de Sarajevo, Jean Mazarin, 1977

Mermoz, Joseph Kessel, 1938

Les Incidents de la nuits, David B., 1999-2002, 2012

le Chien Jaune, Georges Simenon, 1931

Un Homme est mort, Kris et Étienne Davodeau, 2006

Dimanches d’août, Patrick Modiano, 1986

Remorques, Roger Vercel, 1935

 

Les illustrations correspondent aux éditions dans lesquelles je les ai lus.


 

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : C'est pour lire
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Mardi 16 septembre 2014 2 16 /09 /Sep /2014 14:55

En voyage, on a vu un documentaire dans une chambre d’hôtel de Rotterdam, un film à la télé et un autre au cinéma.

Ce sont des films vus entre le 20 juillet et le 25 août.

 

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Je ne sais pas si Clothes to die for sera exploité en France. Ce documentaire raconte la catastrophe du Rana Plaza qui a eu lieu en 2013, l’été dernier, donc, à Savar, au Bangladesh. Édifiant et bien loin des junk reportage à laquelle la télévision anglosaxone (je parle de la langue) m’a habitué via ces chaîne de type discovery channel. Il y a de l’humanité et de l’objectivité dans ce documentaire. Il cherche à faire comprendre ce qu’ont vécu les victimes de ce drames aux quelles se joignent tous ceux qui sont poussés à accepter des conditions de travail lamentables. Autant que je me souvienne, il ne remet pas en cause le système de production qui profite des inégalités, mais préconise une certaine moralisation de ce système. On sent bien sûr une certaine hypocrisie de ce point de vue. Le plus important dans ce documentaire, ça reste le témoignage des survivants et la modification de leur rapport au travail. Ceux-là ne pensent généralement plus que la pauvreté justifie la prise d’autant de risques.

 


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Le Viager est un film quand même assez mal foutu. Le plaisir ne vient pas de ce que c’est un film mais de tout ce qu’il contient, un humour mi-potache, mi-cruel, un contexte partagé par les Français d’une certaine époque, de bons comédiens, une idée originale liée au passage du temps.


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Boyhood aussi est basé sur une idée originale, pas tant l’histoire d’un passage de l’enfance à l’âge adulte, que la décision de tourner le temps que les acteurs grandissent.
On pense à une sitcom ou à un soap, une longue série sur une famille qui vieillit, et notamment à ces épisodes à flashbacks dans lesquels on mesure le temps passé, le vieillissement des acteurs qui ont porté si longtemps leur personnage, notamment les enfants devenus adolescents. De ce point de vue le film était plaisant parce qu’une fois l’idée posée, il ne jouait pas sur cela. C’est à peine si on voit une photo du protagoniste enfant vers la fin du film. Pas de rétrospection nostalgique. Il a d’autre travers de soaps (des discussions définitives sur la vie notamment).
Je ne sais pas si c’était voulu, mais le film m’a révélé à quel point j’étais conditionné par les médias. Chaque épisode contenait un moment qui habituellement appelle un drame qui ne s’est jamis produit en l’occurrence. Par exemple, à un moment, lors d’une première soirée arrosée entre ados, on joue à des jeux dangereux mais, semble-t-il, aucun accident n’a lieu. À un autre moment, on consulte son i-phone en conduisant, comme dans une pub de la sécurité routière, mais sans accident (il faut dire que les routes du Texas sont plus longues et moins fréquentées). Parlant du Texas, on apprend à manier des armes, on s’attend, encore une fois à un accident (étant donné l’abondance de faits divers sur le sujet) mais tout va bien. Certains clichés étaient volontairement amenés pour être déjoués, c’est patent dans l’écriture (quand le deuxième beau-père demande à Mason l’heure qu’il est), mais dans les cas mentionné plus tôt, je me dis que ce gamin, comme beaucoup d’autres moi compris, revient de loin.
Le film a donné lieu à beaucoup de discussions, de parallèles avec la réalité. Il est propice à des « dossiers de l’écran » privés dans la mesure de son côté universel. On sait gré à ce film de ne pas expliquer ce gamin qu’on suit à peine. Ce n’est pas de la télé-réalité, le film, ou du moins les séquences qui le composent, est clairement écrit.
Le personnage interprété par Ethan Hawke est particulièrement attachant. Celui de Patricia Arquette, la mère, est à la fois plus présent (c’est elle qui s’occupe des enfants), et plus en retrait (ils communiquent moins). C’est évidemment une question de point de vue. Il n’en reste pas moins que le parcours de ces deux parents séparés est aussi intéressant, sinon plus, que celui de Mason.
(Le titre de cette note vient d'une chanson entendue dans Boyhhood.)

 

Clothes to die for, Zara Hayes, 2014

Le Viager, Pierre Tchernia, 1972

Boyhood, Richard Linklater, 2014

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Yves Robert, qui joue dans le Viager, mais dont je n’ai vu aucun film, ce que je regrette. Cela dit, dans le Viager, on chante « un éléphant, ça trompe, ça trompe, un éléphant, ça trompe énormément. » En tout cas, voici la notice :

(Saumur 19 juin 1920) Venu du cabaret (« la Rose rouge ») et du théâtre, il est passé à la réalisation et a emporté un grand succès avec la Guerre des boutons (1962),suivi de Bébert et l’omnibus (1963) et des Copains (1964).

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 20:35

Ça y est, le Chicon s’en est retourné à Bruxelles. Au Tuckwood on s’est fait un ultime double-bill avec des frites, deux films européens très rapides qui vont dans tous les sens, avec plein de choses qui m’ont échappé et qui justifieraient une nouvelle vision.

 

(Ce sont des films vus entre le 16 et le 19 juillet.)

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Les Sorcières de Zugarramurdi n’a aucune pitié pour ses personnages : joyeusement misogyne, il donne une lecture intéressante des origines de la vénus de Willendorf. C’est burlesque.

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Quelle surprise de voir 9 mois ferme exploité en Serbie. Cela dit, on voit depuis quelque temps dans un circuit hors festival de plus en plus de comédies françaises, ce qui est peut-être dû au succès d’Intouchables. On a vu l’affiche d’Amour et turbulences et, en ce moment, Avis de mistral, dont je n’avais jamais entendu parler. Renseignement pris après le film, le lien avec 10ème chambre, Instants d’audiences loin d’être fortuit a bien constitué une source d’inspiration non négligeable.

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J’ai vu Au bistro du coin par hasard sur youtube. Je me sens coupable, mais mon parti pris d’exhaustivité m’oblige à le citer. Sans juger de sa qualité, il est étonnant qu’on ne produise plus beaucoup de ce genre de films de tradition pourtant bien française que constitue la comédie de quartier. Après le Crime de monsieur Lange et Domicile Conjugal, après la Trilogie marseillaise et  Hôtel du Nord, bref, depuis Chacun cherche son chat, il y a vingt ans, et bien sûr les films de Guédiguian, je ne vois pas d’exemple à la fois populaire et critique traitant d’un microcosme local (je suis curieux de voir Le Café du Pont de Poirier, qui se situe cependant loin dans le passé). C’est pourtant un genre propice à la photographie sociale, et rien que pour ça il m’a paru très intéressant. Je m’aperçois que les œuvres citées plus haut sont des œuvres à caractère populiste, le film inspiré d’un livre d’Eugène Dabit en particulier. Le glissement du terme populiste se perçoit dans le traitement de ce genre de film par la critique. Il y a pourtant un travail de représentation à faire, critique ou non. Le succès de Plus belle la vie le montre bien.

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La Porte du Diable est un western parfois mis en scène comme un film noir. Je pense à la dernière visite du héros dans le saloon, une nuit d’orage. Je l’ai vu au moment du début des affrontements de cet été entre l’État d’Israël et le Hamas et après m’être penché sur la guerre d’Algérie (un peu, au sujet des Parapluies de Cherbourg). C’est pourquoi j’ai beaucoup d’affection pour ce film qui décrit un engrenage font sont victime un peu tout le monde, surtout d’un côté, et surtout les morts. Certes, Robert Taylor n’est pas un Indien, mais le personnage qu’il incarne l’est. Le sentiment de spolliation et celui de la trahison est palpable. La difficulté de se mettre à la place.

On peut lire ceci sur Inisfree et plus généralement, au même endroit, ce démontage salutaire de clichés dont ceux selon lesquels il a fallu attendre le nouvel hollywood pour voir se dégager des westerns critiques...

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Le Temps d’aimer et le Temps de mourir est un autre film sur les pauvres gens confonté à une autre guerre. C’est bien.

 

 

Las Brujas de Zugarramurdi, Àlex de la Iglesia, 2013

9 mois ferme, Albert Dupontel, 2013

Au bistro du coin, Charles Némès, 2011

Devil’s doorway, Anthony Mann, 1950

A time to love and a time to die, Douglas Sirk, 1958

 

Les notices énucléées de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Douglas Sirk.

(Danemark 26 avril 1900) Non pas un auteur de films, mais un fort honnête adaptateur, dont les films ont valu ce que valent les best-sellers ou les scénarios qui en ont été tirés. Sa meilleure réussite : Écrits sur le vent (1956). [soupir]

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Lundi 8 septembre 2014 1 08 /09 /Sep /2014 20:38

 

Ce sont des films vus entre le 12 et le 17 juillet.

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La plupart des Chabrol que j’ai vus datent des années 90 et 2000 parce que c’est de cette période que datent la plupart des titres de la médiathèque de l’Institut Français. J’aimerais bien voir ceux avec Jean Yanne et ceux de la période Nouvelle Vague, par exemple, sans compter les films un peu barrés. Merci pour le chocolat appartient donc à la période que je « connais » le mieux.J’aime bien cette musique un peu subversive et ces histoires simenoniennes.

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J’ai compris vers lafin (l’apparition du personnage de Françoise Fabian, la mère de l’héroïne interprétée par Sandrine Bonnaire) à quel mythe se réfère le très beau Secret défense. J’ai abordé ce film en m’attendant à un ballet de rivettiennes (comme Céline et Julie, La Bande des Quatre et Haut Bas fragile), ce film était plus tendu, plus tragique.

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Le personnage d’Audie Murphy, le héros d’À feu et à sang, est condamné à être un outlaw jusqu’à ce qu’en l’en condamne. Parmi les motifs familiers, des films de cette période, il y a le principe de l'opposition entre les gentils et les méchants rendue complexe par le fait qu'il y ait d'un côté des gentils gentils et des gentils méchants et de l'autre des méchants méchants et des méchants gentils. On voit ainsi que c'est complexe mais on espère que la justice triomphera. Chaque fois que je suis dubitatif sur le charisme d’Audie Murphy, je me rappelle qu’avant d’être acteur, il a été un héros de guerre. Les autres comédiens semblent s’en souvenir aussi.


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Gosses de Tokyo figurait en bonus dans un coffret consacré contenant également Bonjour ! Le fait que les deux films mettent en scène deux enfants en grève contre les adultes indique que celui-ci est un remake de celui-là. Si Bonjour ! est touchant et donne à méditer, Gosses de Tokyo est infinimment plus violent et douloureux dans ce que les enfants perçoivent comme l’humliliation chez un père qui se confond en politesse face à son patron.

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C’est vrai, l’allégorie est très bien faite entre ce qu’incarnent Beauregard et Personne. Je m’en rends bien compte quand je mesure la différence en terme de densité et d’humanité entre les deux personnages, le tout revenant à Fonda. « Postmoderne » mais pas bavard, bancal, Mon nom est personne en est d'autant plus touchant.

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L’Arriviste, c’est Reese Witherspoon, mais ce n’est pas le seul personnage du film. 15 ans après Ferris Bueller, Matthew Broderick incarne de nouveau un personnage détestable, mais là, c’est exprès. Il est d’ailleurs tellement chargé qu’il tient plus de la caricature que de la satire. C’est aussi une petite leçon de politique.

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Après Mélo et La Vie est un roman, j’avais un perdu ma foi [de consommateur] en Alain Resnais, mais alors Vous n’avez encore rien vu a parfaitement fonctionné et a produit des images qui deux mois après me hantent encore. J’y inclurais la dernière réplique d’Amalric, saisissante. Ce film, adaptation de deux pièces d’Anouilh rejoint Secret Défense qui travaillait sur Giraudoux. Fantasmons : et si Jouvait avait pu jouer pour Resnais et Rivette. Il y en a bien qui rêvent un film avec Gabin dirigé par Chabrol…

 

Merci pour le chocolat, Claude Chabrol, 2000

Secret défense, Jacques Rivette, 1997

The Cimarron Kid, Budd Boetticher, 1952

大人の見る絵本 生れてはみたけれど, Otona no miru ehon - Umarete wa mita keredo, Yasujiro Ozu, 1932

Il mio nome e nessuno, Tonino Valeeri & Sergio Leone, 1973

Election, Alexander Payne, 1999

Vous n’avez encore rien vu, Alain Resnais, 2012

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Alain Resnais.

(Vannes 3 juin 1922) Le meilleur cinéaste de la Nouvelle Vague française, entendue comme la promotion, après 1959, par le long métrage, d’une centaine de nouveaux réalisateurs. Il est exigeant, inquiet, minutieux, respectueux, parfois à l’excès, de ses scénaristes, et pourtant chacun de ses films porte profondément sa marque, celle d’un véritable auteur. Pendant plus de dix ans, les conditions de la production l’obligèrent à s’exprimer parle seul court métrage. On le crut d’abord spécialiste des films sur l’arrt, après le succès d’un Van Gogh un peu anecdotique. Mais  Guernica  était tout autre chose, une sorte d’opéra où s’unissaient Picasso, le lyrisme d’Éluard, la réalité espagnole, la musique de Guy Bernard. On aurait pu comprendre dès lors que, pour lui, l’art du film était d’abord le montage : le choix des images, leur cadrage, leur rythme, l’organisation, en partant d’éléments parfois disparates, d’un contrepoint audio-visuel tendu comme une corde vibrante, qui prend loe temps et l’espace comme matières, les combinant pour les besoins de sa création. Dès ses courts métrages, il eut un sens aigu de la « contemporanéité », ce qui qui lui valut la censure de Nuit et Brouillard, sur les camps nazis, ou l’interdiction des  Statues meurent aussi, pour crime de lèse-colonialisme. Il aborda le long métrage par le plus ardent problème contemporain, la bombe atomique, la guerre et la paix, avec Hiroshima mon amour, dont le sens profond est ce cri : « Comment peut-on faire cela aux hommes ! » Tout en se plaçant à l’avant-garde du cinéma moderne avec un intellectualisme certain, il se réfère constamment aux traditions populaires, méprisées par les élites, du roman-feuilleton à la bande-dessinée. Peut-être est-ce pourquoi Hiroshimaou Marienbad, que l’on on aurait pu croire réservés à un public d’amateurs éclairés, touchèrent ddans de nombreux pays un très vaste public. Son univers était loin d’être aussi clos que le palace baroque de Marienbad : même ce film, en apparence intemporel, s’ouvrait en définitive sur la réalité contemporaine, comme le firent ensuite, très ouvertement, Muriel et, bien plus encore, La guerre est finie. [Une liste].

Durant quatre ans, celui que tous tenaient pour l’un des plus grands réalisteurs français fut muré dans le silence : un demi-échec financier, (Je t’aime, je t’aime), des projets qui n’aboutissent pas faute de producteurs pour en assurer le financement, une grave crise et c’est assez, l’industrie du cinéma étant ce qu’elle est, pour qu’ne voix se taise pendant quatre ans. Si Stavisky pourtant, marque en 1974 son retour sur les écrans, c’est en 1977 que l’on retrouve Alain Resnais, avec Providence, angoissée mise en abyme des fantasmes d’un écrivain vieillissant.

 


- Toutes les illustrations sont de qui ?

- Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Samedi 30 août 2014 6 30 /08 /Août /2014 19:56

 

En juillet dernier, on a organisé un cinéclub de FLE. Cela signifie qu’il fallait faire découvrir du cinéma et de la civilisation française. Comme le site Institut Français Cinéma contenait pour encore quelques semaines plusieurs films de Jacques Demy, on a voulu composer un programme autour de la musique. Le programme fut le suivant.

 

Films de Jacques Demy

Lola

La Baie des Anges

Les Parapluies de Cherbourg*

Les Demoiselles de Rochefort*

Peau d’Âne

Film sur Jacques Demy

Jacquot de Nantes*

Films revendiquant la filiation avec Jacques Demy

Jeanne et le Garçon formidable*
(avec le fils de Demy)

Les chansons d’amour
(avec la fille de Deneuve)

Documentaires liés à la chanson française

Brigitte Fontaine, reflets et crudités

Il est minuit, Paris s’éveille*

* Film vu avant d'être projeté.

Sur les dix, je n’en avais vu que cinq avant leur projection, ce qui n’est pas très professionnel. Il y eut donc deux types de présentation :

-         pourquoi on veut le présenter ;

-         pourquoi on veut le voir.

On a synthétisé en deux pdfs des documents conçus pour l’occasion très rapidement.

L’un consiste essentiellement en filmographies thématiques ne retenant que les films disponibles à la médiathèque de l’Institut Français de Serbie, sans aucun jugement de valeur, juste pour brasser des titres.

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L’autre reprend trois articles de l’ouvrage collectif intitulé la Ville au Cinéma (une mine, une somme selon qu'on y puise ou qu'on s'y attaque). Le lien avec Jacques Demy est évident puisque, outre un article lui étant directement consacré, on en trouvera également un lié à son genre de prédilection (la comédie musicale) et un autre lié au port, motif urbain si souvent présent dans ces films. Ces deux derniers articles consacrent chacun un gros paragraphe à Jacques Demy.


 

En parallèle, on a regardé d’autres films franchouillards et une classic musical comedy.

Janis & John

Singin' in the rain.

Gainsbourg, Vie héroïque

Quand j’étais chanteur

 

Ce sont des films vus entre le 30 juin et le 11 juillet, évoqués dans l’ordre du visionnage, comme d’habitude.

 

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Le fait que Lola soit un film dédié à Max Ophüls m’a fait prendre conscience du fait que la médiathèque ne compte aucun film de lui.

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Il fallait un documentaire sur Brigitte Fontaine, reflets et crudités pour intéresser un public néophyte à son personnage. On l’avait introduit en écoutant quelques chansons utilisées dans le documentaire. On avait demandé à chaque spectateur de choisir un titre

 

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Janis & John est plutôt glauque. Toute cette solitude finit par rendre les personnages touchant. Malgré tout, c'est bien une comédie, avec quelques gags et quelques résolutions finales qui ne retire pas cette sensation désagréable.


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Dans La Baie des Anges Jeanne Moreau offre une véritable composition. Je ne peux plus voir une roulette sans entendre la musique de Michel Legrand. C'est vrai qu'on pense à Pickpocket ou à des films sur l'alcoolisme.
Lola m’a rappelé Conte d’Hiver d’Éric Rohmer dans lequel on évoque le pari pascalien.
‘La Baie des Anges’ est une analyse de l’addiction au jeu qui rappelle également un texte de Pascal sur le divertissement.
On m’avait présenté La Baie des Anges comme un film quasi bressonien, ce qui est peut-être exagéré étant donné la mise en scène et la musique, mais ce qui ne l’est pas dans l’analyse de l’addiction, dans la structure du récit.
Je n’ai de Pascal que des souvenirs de lycée (qui remontent à la sortie de Jeanne et le Garçon formidable), mais il se trouve qu’on avait précisément étudié ces deux textes, en 1ère. C’est Rohmer qui a permis de cultiver ces souvenirs.
Dans ce document, on apprend que c'est généralement au lycée qu'on découvre Pascal. (C'était un bonus de 'Ma nuit chez Maud'.)

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J’avais vu Jeanne et le Garçon formidable à l’occasion d’un stage d’analyse filmique auquel on a participé avec Pascal en terminal à Saint Brieuc. Ce stage, le seul du genre auquel j’ai participé, était animé par Jean-Pierre Jeancolas. Il s’agissait d’un petit cycle sur le cinéma social français contemporain qui comprenait également Fred (1997) et En avoir (ou pas) (1995). À l’époque, ces films de vingt ans étaient contemporains.

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BIEN se préparer psychologiquement pour animer une discussion après  Les Parapluies de Cherbourg  (en s'entraînant à contenir les sanglots dans la voix, en s'asseyant pendant la projection sur une planche à clou, ou en sortant au moment de la troisième partie)...
Ou alors, parce que c'est le dernier film de la semaine et qu'on se revoit lundi pour regarder "Les Demoiselles de Rochefort", profiter de ce que l'assistance (quelques étudiantes) soit bouleversée pour laisser reposer pendant tout un weekend.

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Et puisqu'on est vendredi, sachez qu'une étudiante qui, lundi, n'avait jamais entendu parler de Demy (on est à Belgrade) a été doublement touchée par les Parapluies pour y avoir reconnu Roland Cassard.

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Le lundi suivant, cette étudiante m’a dit qu’elle avait entendu dans une émission de quizz serbe – Slagalica –  la question suivante : quelle actrice a joué le rôle principal des Parapluies de Cherbourg ?

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J’avais également déjà vu Chantons sous la pluie il y a longtemps. Comme j’étais patraque (je m’étais même endormi), j’avais le souvenir d’une histoire simple servant de prétexte à de chouettes numéros psychédéliques. J’avais mis ce délire sur le compte de la fièvre, mais ils étaient effectivement psychédéliques.

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Il est minuit, Paris s’éveille est un documentaire qu’on aura vu dans la version de 52 minutes. On y évoque Nantes (par la voix de Jean Rochefort), l’importance de la musique après la guerre, les couleurs des frères Jacques, le jazz.

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Ce film devait permettre de contextualiser la période qui précède les premiers films de Demy. Même si Aznavour et (un tout petit peu) Brel sont les seuls artistes qui ont évoqué quelque chose au public, le film de Jeuland avait au moins l’intérêt de sensibiliser à une forme de chanson assez spécifique et de décrire le contexte du Paris des années 50.

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Gainsbourg, Vie héroïque est exactement comme on avait dit. L’absence d’expérience dans le milieu du cinéma et (apparemment) un fort ego a permis à l’auteur de faire un film personnel qui parle plus de Sfar que de Gainsbourg. Quand on connaît un peu la biographie du chanteur, presque chaque rencontre avec une star (Gréco, les frères Jacques, Bardot, etc.) a permis d’anticiper la chanson qui lui correspond. On ne l’a pas montré dans le cycle mais on aurait pu : il s’accordait avec le documentaire précédent et cet artiste (1928-1991) a vécu a peu près en même temps que Demy (1931-1990).

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Les Demoiselles de Rochefort filent une de ces pêches ! On y retrouve le ballet des personnages qui a plu dans Lola et qu’on dit d’Ophüls, ainsi que Danielle Darrieux.

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Connaissant des gens dans le milieu décrit dans Quand j’étais chanteur, ça m’a parlé. Malgré le fait que Depardieu ne soit pas un grand chanteur, son personnage reste crédible. L'histoire m'a moins intéressé.

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Outre le fait que Jacquot de Nantes s’intègre parfaitement au cycle avec une biographie du réalisateur, un retour sur des films déjà vus, et la description d’un contexte musical qui fait le lien avec le documentaire de Jeuland, le film raconte surtout la naissance d’une vocation, la persévérance et la débrouillardise. C'est surtout pour cet aspect que j'aime montrer ce film.

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Peau d’Âne aura été le dernier film de Demy du cycle. J'avais pour l'occasion donner le texte de Perrault à lire avec un petit lexique franco-serbe des termes peu usités actuellement. Je cherche encore la traduction de "lapidaire", ""infante", "pain-bis", "grisette", "gaupe", "souillon"...


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Les chansons d’amour est donc un film truffé de références, dont une à des marins croisés ici dans le Xème arrondissement ! On en aura vu, des marins, dans ce cycle. Je ne sais pas si c’était une bonne chose de terminer le cycle avec ce film, mais il semble que la musique d’Alex Beaupain, plus moderne, a rafraichi après les « jazzeries » de Michel Legrand et les « chansons à texte » des autres films. En ce sens, il semble qu’il ait plu malgré les bizarreries qu’on constitué pas mal de situations (une mort brutale, des lycéens qui récitent Aragon). Le fait que le film soit chanté n’était plus un problème.

 

Voilà. Ajoutons que 8 femmes fait partie des films français des années 2000 les plus connus dans le monde francophone ici.

 

Lola, Jacques Demy, 1961

          Brigitte Fontaine, reflets et crudités, Benoît Mouchart & Thomas Bartel, 2013

Janis & John, Samuel Benchetrit, 2003

La Baie des Anges, Jacques Demy, 1963

Jeanne et le Garçon formidable, Olivier Ducastel & Jacques Martineau, 1998

Les Parapluies de Cherbourg, Jacques Demy, 1964

Singin’ in the rain, Stanley Donen, 1952

            Il est minuit, Paris s’éveille, Yves Jeuland, 2012

Gainsbourg, Vie héroïque, Joann Sfar, 2010

Les Demoiselles de Rochefort, Jacques Demy, 1967

Quand j’étais chanteur, Xavier Giannoli, 2006

Jacquot de Nantes, Agnès Varda, 1991

Peau d’Âne, Jacques Demy, 1970

Les chansons d’amour, Christophe Honoré, 2007

 

 

Aujourd’hui Jacques Demy (rediffusion)

(Pontchâteau 5 juin 1931) Avec Lola (1961), ballet fantaisiste, désinvolte, ému, il apporta à la Nouvelle Vague son « néoréalisme poétique » - puis dans cette direction : la Baie des Anges (1963) et les Parapluies de Cherbourg (1964), originale comédie musicale comme les Demoiselles de Rochefort (1966).

L’amertume d’une découverte californienne (Model Shop) et Peau d’Âne marquent un retour vers la féerie. [une liste]


Toutes les illustrations sont de Šejma.

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Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 23:31

Dans le cadre d’un petit cycle sur le cinéma français et la musique, avec notamment une rétrospective de cinq des premiers longs-métrage de Demy, j’ai cherché à voir des films musicaux et des films français exploitant la musique.

 

(Ce sont des films vus entre le 21 et le 30 juin.)

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Avant La Belle de Moscou, je n’avais jamais vu Fred Astaire danser dans un film.
Des remakes, il y en eut de tout temps, c'est entendu. Je me suis dit en voyant Silk Stockings (avec Fred Astaire et Cyd Charisse) qu'il y eut peut-être une vague dans les années 50 d'adaptations en comédie musicale de comédies des années 30/40.
En l'occurrence, il s'agit d'un remake de "Ninotchka" (Lubitsch, 1939 avec Greta Garbo et Melvyn Douglas). Dans le remake, le récit est beaucoup plus lâche, mais certains numéros sont fantastiques. Cyd Charisse paraît plus slave que Garbo, mais lepersonnage de Greta est beaucoup plus marquant. La différence d'âge entre les acteurs principaux est également criante lors des scènes dramatiques. Elle disparaît lors des scènes musicales.
Silk Stockings suscite exactement les mêmes impressions que High Society (Charles Walters, 1956 avec Bing Crosby, Grace Kelly et Frank Sinatra), un remake musical de The Philadelphia Story (George Cukor, 1940 avec Cary Grant, Katherine Hepburn et James Stewart).
Y a-t-il d'autres exemples de ce type de remake ?
(J'ajoute que j'ai regardé High Society car j'avais appris qu'Alain Resnais avait demandé à ses comédiens d'en regarder et analyser une séquence afin de se préparer au tournage d'On connaît la chanson. De même, je viens de voir Silk Stockings dans le but de me nourrir de comédies musicale.)

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Je n'avais jamais vu de film de Christophe Honoré. C'est chose faite désormais avec 17 fois Cécile Cassard que j'ai regardé à cause de Lola Jacques Demy.
Des rapports, il y en a :
- Cécile est le vrai prénom de Lola (Anouk Aimée) et Cassard est le nom de Roland Cassard (Marc Michel), également présent dans Les Parapluies de Cherbourg.
- Lola est le premier film de Jacques Demy, 17 fois... celui d'Honoré.
- Romain Duris (dont c'est peut-être le meilleur rôle) chante et danse "Lola".
- La réplique « Vouloir le bonheur, c'est déjà un peu le bonheur »
Les comédiennes Béatrice Dalle (Cécile) et surtout Jeanne Balibar (Édith) peuvent avoir quelque chose d'Anouk Aimée. La musique joue également un rôle prépondérant dans ce film chanté. Quelques séquences comportent des couleurs bien vives. Ces dernières remarques sont dues à la recherche de références à Demy.
Ce flot de références dont on se demande l’intérêt, si ce n’est de permettre à des étudiants ou des bloggers de gloser, ne noie pas les quelques bons souvenirs que j’ai de ce film.

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Quel rapport entre Mes Funérailles à Berlin et Demy ? Attention, c’est tordu. C’est le deuxième épisode (un très bon) des aventures de Harry Palmer. Il se trouve que Françoise Dorléac joue dans The Million dollar brain, l’épisode qui suit.
Étonnant que ce film si âpre soit l’œuvre d’un réalisateur de films de James Bond.


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Le Zinzin d’Hollywood est un film bordélique. Certaines séquences qui relèvent de la poésie aident à mieux comprendre l’engoument suscité par Lewis dont les compositions nasillardes ont souvent tendance à m’agacer. Ici, on déplore encore un problème de rythme de l’acteur parfois en roue libre – je pense que c’est la première fois que j’utilise cette expression – mais sa liberté de réalisateur burlesque donne à ce film une mesure inédite (je n’avais vu que des films du duo Jerry & Dino). Les meilleurs gags sont peut être ceux où Lewis est plutôt straight. La séquence du dialogue avec une marionnette ou celle qui se passe sous l'eau m'ont marqué pour leur poésie. Celle où il vend des bonbons aussi, comme exemple d'un sketch dont l'intérêt est justement son étirement.



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Dans Le Grand Ziegfield on retrouve Nat Pendleton, le costaud dans At the circus, qui avait la même coiffure que Harpo Marx. Ce film fut assez étrange à regarder car je n’ai pas l’habitude d’entendre mon prénom, Flo, répété si souvent par de jolies filles dans un film américain*. Il y a une petite collection de success story derrière les quelles se cache Florenz Ziegfiel ce qui fait de l’histoire de ce producteur une sorte de "meta-success story".


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On m’a dit que la musique jouait un rôle dans Les Sentiments et en effet certaines séquences sont illustrées par une sorte de chœur illustrant les sentiments du titre. Bon. Le sujet évoque un mélange de la Femme d’à côté et du Démon de Midi. Le film donne la désagréable impression de voir des personnages se débattre comme des poissons en apesanteur.


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Ce qui me plaît dans The Artist, c’est sa modestie et son efficacité. Ce n’est pas une production Ziegfield. Le phénomène qu’il a été m’épate, comme il semble avoir épaté tous ceux qui y ont participé.


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Encore une fois, j’ai cru Mélo lié à la musique. Les personnages sont des musiciens, le réalisateur est un musicophile dont les films sont composés musicalement, l’auteur de la pièce, Henri Bernstein, a un nom de compositeur.


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Cloclo est exactement comme on avait dit. Des séquences parfaitement réglées lorgnant sur d’autres genres que celui du biopic tout en y demeurant fidèle, un spectacle s’adressant autant à ceux qui connaissent un peu le contexte qu’à ceux qui n’en ont jamais entendu parler, un comédien qui ressemble vachement au personnage. C’est surtout la personnalité de Florent-Emilio Siri qui m’avait intéressé à ce projet.

 

 

Silk Stockings, Rouben Mamoulian, 1957

17 fois Cécile Cassard, Christophe Honoré, 2002

Funeral in Berlin, Guy Hamilton, 1966

The Errand boy, Jerry Lewis, 1961

The Great Ziegfield, Robert Z. Leonard, 1936

Les Sentiments, Noémie Lvovsky, 2003

The Artist, Michel Hazanavicius, 2011

Mélo, Alain Resnais, 1986

Cloclo, Florent-Emilio Siri, 2011

 

Les notices de Georges Sadoul.

Aujourd’hui, Robert Z. Leonard.

(Denver 7 septembre 1889). Un « director » à tout faire, le plus souvent au service des stars : sa femme Mae Murray, 1916-1922 puis Marion Davies, 1928-1932. Spécialiste sans éclat de la comédie musicale, il eut pourtant la chance de faire débuter Fred Astaire avec Dancing Lady (1933).

 

 

*La distribution comprend aussi une certaine Fannie Brice.

 


Toutes les illustrations sont de Šejma.

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Mercredi 27 août 2014 3 27 /08 /Août /2014 18:50

Encore une semaine toute en français.

 

Ce sont des films vus entre le 11 et le 20 juin.


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À l’Institut Français, on a organisé une soirée courts-métrages dont le thème aurait pu être « début d’histoire d’amour à Paris » si l’un d‘entre eux ne se situait pas à Versailles.

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Ce qui est marrant dans Tous les garçons s’appellent Patrick c’est que l’on retrouve déjà des spécificités (superficielles) de Rohmer dans le scénario et les dialogues (la thématique) et de Godard dans la mise-en-scène (beaucoup de citations et déjà la ville).


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J’aurais pu être une pute est un film de Baya Kasmi. Je le dis car on y retrouve effectivement quelques thèmes du Nom des Gens. Bruno Podalydès joue un personnage proche de celui qu’il interprète dans l’épisode Montmartre qu’il a réalisé pour Paris, je t’aime.


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Mais le clou, c’était bien sûr Versailles Rive gauche avec une apparition du même Bruno Podalydès qu’il fallait jouer à reconnaître. D’un point de vue civilisationnel (je suis prof de FLE), le film comprend beaucoup d’éléments intéressants, dont la passion d’Arnaud (Denis Podalydès) pour Tintin, personnage peu connu hors du monde francophone, passion assez étrange vue de l’étranger dans un intérieur bourgeois.


Ce qui frappe dans ces trois films, c’est l’abondance de livre, voire de bibliothèques, dans les appartements. C’est aussi la passion pour les livres au moins chez Godard et Podalydès. C’est aussi la musique. C’est encore des histoires de rencontres, de séduction.

 

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Dans Conte de printemps il y a également des bibliothèques.


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Désormais, je peux dire que j’ai vu tous les contes des quatre saisons. Conte d’automne fut le premier film que j’ai jamais vu d’Éric Rohmer, au lycée avec Pascal. Ça l’avait ennuyé, ça m’avait séduit. J’ai attendu longtemps avant de voir en vrai (et aimer) Conte d’Été dont je vis jadis des bouts chez Olivier. Conte d’Hiver et Conte de Printemps sont des films que j’aurais donc vu plus récemment. Il est encore un peu tôt pour le dire au sujet du Printemps, mais des films de Rohmer, il me semble que ce sont ceux-là aux quels il m’arrive le plus souvent de penser.
Conte de Printemps a quelque chose d’un thriller à la Barbet Shroeder. La situation dans laquelle cette jeune prof de philo se retrouve embarquée est assez flippante en fin de compte.

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La vie est un roman est la combinaison de deux histoires situées sur le même lieu (un château des Ardennes françaises) à deux époques distinctes (l’avant et l’après première guerre mondiale et une époque contemporaine) L’un des thèmes de ce film et notamment de la partie contemporaine est l’éducation. Le personnage de Pierre Arditi, un instituteur fantasque convié à ce colloque un peu surréaliste, m’a rappelé celui de Roberto Benigni dans Chiedo asilo. Pierre Arditi n’étant pas Roberto Benigni, cette performance paraît la moins convainquante du film.

 

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Retour au cinéclub de l’Institut Français.

Un bisou pour le monde est un court métrage qui se passe dans une salle de classe. Une institutrice un peu caricaturale semble avoir un problème d’autorité. On y aperçoit également un numéro du monde. Ce sont là des motifs du film suivant.

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Il s’appelle Du vent dans mes mollets. Il fut l’occasion de retrouver Denis Podalydès. Cette comédie touchante pleine de gros mots et de mélancolie a bien fonctionné. Un film féminin jusqu’à la chanson finale inattendue et impressionnante, comme si le film devait servir à aborder cette chanson de Barbara.

 

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Dans la perspective d’un cycle autour de Jacques Demy [qui a eu lieu les deux premières semaines de juillet], j’ai choisi de voir deux films avec Catherine Deneuve.

 

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Je connais très mal Jean-Pierre Mocky. De lui, je n’ai vu que le Furet. Et ce n’est malheureusement pas cet été que j’aurais pu me rattrapper à la cinémathèque française. On dit du Furet que ce n’est pas son meilleur film. C’est possible. Pourtant, on y trouve déjà de quoi comprendre pourquoi aimer Mocky. Je parlais à propos de Poupoupidou le plaisir que m’a procuré l’intrigue qui est manifestement le résultat d’un certain travail de production qui remonte à l’écriture. Agent trouble, comme le Furet d’ailleurs, est encore plus proche d’un polar (dont il est d’ailleurs une adaptation) dans la tonalité. Il m’a fait l’effet d’un vieux "série noire" dont le papier a jauni, mais dont le contenu est sinon subversif du moins suffisamment choquant pour intéresser.
Catherine Deneuve à contre emploi est excellente. Les comédiens font bien leur boulot. Le personnage incarné par Bohringer est particulièrement épatant.

 

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L’Africain se situe évidemment sur un autre mode de production et Catherine Deneuve, volubile et charmante, autoritaire et touchante, est en revanche telle qu’en son personnage. On retrouve un Noiret africain plus bonhomme que dans Coup de torchon.
Une vraie comédie d’aventure que j’aurais sûrement aimé voir quand j’étais petit et dont j'aurais apprécié la redécouverte.

 

 

Tous les garçons s’appellent Patrick, Jean-Luc Godard, 1959

J’aurais pu être une pute, Baya Kasmi, 2011

Versailles Rive gauche, Bruno Podalydès, 1992

Conte de printemps, Éric Rohmer, 1989

La vie est un roman, Alain Resnais, 1983

          Un bisou pour le monde, Cyril Paris, 2007

Du vent dans mes mollets, Carine Tardieu, 2012

Agent trouble, Jean-Pierre Mocky, 1987

L’Africain, Philippe de Broca, 1983

 

 

Les notices expédiées de Georges Sadoul.

Aujourd’hui, Philippe de Broca.

(Paris 1935) Plein de savoir-faire intelligent, doué pour les aventures comiques. [Une liste]

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Vendredi 18 juillet 2014 5 18 /07 /Juil /2014 13:10

Une nouvelle série de films de cinéclub, certains à l'université et d'autres à l'institut. Le quatrième, on l'a vu avec le chicon mais je ne sache pas qu'il en ait parlé.

Ce sont des films vus entre le 27 mai et le 10 juin.

 

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À propos du cinéclub de la fac, je me suis aperçu que beaucoup d’acteurs apparus dans les films programmés précédemment figuraient également dans Camille redouble que j’ai donc décidé de programmer en clôture, pour le plaisir de retrouver des acteurs familiers dans un film populaire. C’est que les étudiants ne connaissent quasiment aucun acteur français (et c’est bien normal). Restait d’ici-là à faire éventuellement découvrir d’autres acteurs et univers. Des films avec Samir Guesmi, il n’y en avait pas tant, et aucun où il jouait autre chose qu’un second rôle. Dans Anthony Zimmer, il joue un personnage important même s’il n’a que peu de scènes (pas étonnant qu’il ne soit pas sur l’affiche). Mais il fait partie des éléments positifs de ce film par ailleurs bien mené. Yvan Attal est très bien, la main dans son polo lacoste pendant son voyage en TGV.

On en a parlé dans les Caves.

Comme un air

« Vous les femmes, vous le charme », c’est la chouette chanson de Julio Iglésias qui parcourt de fredonnement en performances Comme un air. On a choisi ce court-métrage pour proposer un contrepoint contemporain au film suivant tourné en studio en 1942.


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L’Assassin habite au 21 mais il n’est pas le seul puisqu’au 21, il y a une pension. Captivant. Suzy Solidor était joyeusement agaçante et Pierre Fresnay sympathique mais maladroit. Cela me donne envie de lire du S-A S. (Stanislas-André Steemanns) surnommé par certains le Simenon belge. L’usage de la caméra subjective, l’accumulation des motifs, et quelques passages proches du réalisme-poétique (Bussières sur son lampadaire, la mort de la première victime), en font un vrai film de cinéma, ce qui n'était pas évident si on en croit une certaine tendance du cinéma français.

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Desert Victory est un documentaire primé aux Oscars dont l’intérêt principal semble consister dans le montage et les images proches de la réalité. Quoique documentaire, cela s’inscrit bien dans ce mouvement de cinéma de propagande. Je préfère quand même les fictions franches.

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Touki Bouki était un beau poème. Il m’a renvoyé au lycée, en cours de lettres avec Senghor (beaucoup de choses me renvoient au lycée) pas tant pour le poète que pour la contextualisation. Je sais si peu de chose du Sénégal.
Il avait une nature à la fois élégiaque et documentaire. Certains passages matinés de satire (la préparation de l'accueil de Gaulle) ne sont pas parvenus à trivialiser le propos.


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Tous au Larzac, c’était le documentaire de la session (chaque session dure 7 semaines). Avec Desert Victory, on a appris le rôle de la cornemuse dans les batailles. C’est justement une cornemuse bretonne qui sert de bande originale (animée par André Le Meut). Instructif. On est triste car la victoire du Larzac face à l’État, si elle tient à la constance et la détermination du mouvement, sembl in fine devoir aux circonstances.

les vieux de la vieille

Par contre, Les Vieux de la Vieille, c’était un peu ennuyeux. Notons un parallèle avec les 400 coups inspiré par la présence de l'acteur Guy Decomble qui joue chez Truffaut un instituteur et chez Grangier un chauffeur de car. Le parallèle entre ces deux films, c'est la dénonciation des institution d'enfermement, recours de la société pour les classes qui la gêne (les jeunes ici, les vieux là).


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Par contre, 2 days in new york, c’était chouette. De Julie Delpy je ne connais que ses comédies de famille et interculturelles qui sont très efficaces. Après 2 days in Paris et le Skylab, le plaisir est renouvelé.

 

Anthony Zimmer, Jérôme Salle, 2005

          Comme un air, Yoann Gloaguen, 2006

L’Assassin habite au 21, Henri-Georges Clouzot, 1942

          Desert Victory, Roy Boulting & David MacDonald, 1943

Touki Bouki, Djibril Diop Mambety, 1973

Tous au Larzac, Christian Rouaud, 2011

Les Vieux de la Vieille, Gilles Grangier, 1960

2 days in New York, Julie Delpy, 2012

                                       

Les Notices de Georges Sadoul.

Aujourd’hui Henri-Georges Clouzot.

(Niort 20 novembre 1907) Grand spécialiste du suspense policier, parfois inquiet et trouble, il s’imposa après 1942 par des filmsà grands effets, par son sens de l’atmosphère, le choix des acteurs, sa direction intelligente et un certain goût pour les recherches plastiques, qu’il exprima notamment dans le Mystère Picasso. Ses trois premiers films, L’assassin habite au 21,  Quai des Orfèvres  et le Corbeau, malgré les réactions émotionnelles que ce dernier suscita, étaient avant tout des « policiers ». On le loua, pour ce film un instant interdit, de s’être orienté vers une critique sociale, qu’il voulut affirmer avc Manon, qui n’eut pas la valeur du Salaire de la peur. « Une fois mon découpage esquissé ou terminé, déclarait-il alors, je vais jusqu’à dessiner chaque plan important. Je ne crois pas aux choses prédéterminées. Film et réalisateur font partie d’un « cosmos » complexe dans lequel l’œuvre doit germer, trouver sa matière, sa pâte. Je suis avant tout un physique. Mon plus grand plaisir, c’est le tournage,le montage… Le dialogue, qui tenait une assez grande place dans mes premiers films, a diminué d’importance. Le Salaire de la peur est un film plastique où le dialogue est surtout un fond sonore. J’ai cherché un montage de chocs permanents. Je vise toujours à opposer la lumière à l’ombre. Cela a pu me faire accuser d’être un peu simpliste. Mais je poursuis un effort de simplification pour accentuer les contrastes. […] Et que nous importent les drames mondains, les drames de l’avant-guerre, même relevés d’épices nouvelles ? Le drame social, le drame de notre temps est là. C’est lui qui nous étreint, lui que nous souhaitons fixer sur pellicule. » Les projets qu’il forma alors furent contrariés par la censure. Avec les Diaboliques et la Vérité, fut-il certain de ne pas retourner vert un avant-guerre pimenté d’épices nouvelles (ou non) ? [Une liste]

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Jeudi 17 juillet 2014 4 17 /07 /Juil /2014 00:00

Une nouvelle série de films de cinéclub, certains à l'université et d'autres à l'institut. Les deux premiers, on les a vus avec le chicon. Sacré double bill, quand on y pense.

Ce sont des films vus entre le 17 mai et le 25 mai.

 

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C’est l’été dernier que j’avais lu Amerika. C’éait un roman dont les scènes étaient particulièrement facile à se représenter. Tellement qu’une adpatation fidèle, quel qu’en soit le style, ne peut en altérer le souvenir. Cela fait qu’Amerika-Rapport de classe se distingue fortement du livre original mais a contribué à le faire ressurgir. Outre l’histoire, le film avait en commun avec le roman d’être aussi austère, drôle et révoltant. Je me souviens d’avoir pensé à Kaurismaki en regardant Angst essen seele auf. La même réflexion ici pour l’humour et la lenteur.


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Bêtement, j’en ai un peu honte, je retiens que Serpico était quelqu’un de très stylé. On retrouve ce qui me paraît un élément dramatique efficace chez Stanley Kramer, Yves Boisset, Costa Gavras et d’autres. Efficace, quoique galvaudé aujourd’hui : la démythification de la Justice. Je dis galvaudé car il me semble qu’aujourd’hui, un film avec un tel personnage d’incorruptible paraîtrait irréaliste. A force d'avoir passé tant de temps à expliquer que tout le monde était corrompu, le moins qu'on puisse dire est qu'on y est parvenu. On a certainement l'air plus aguerri quand on dit "tous pourris", "ça marchera jamais", etc. Ce type de fiction aurait dû armer les idéalistes, il en aura finalement désarmé plus d'un. C'est triste.


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La Rose et la Flèche est un très beau film. Il m’a semblé un poème médiéval (un lai) simplement porté à l’écran. On n’est pas dans l’adaptation d’un univers à la sauce hollywoodienne (de quelle époque que ce soit) mais dans un mouvement qui me paraît fidèle à une conception que l’on peut avoir de l’époque à travers sa littérature. Façon alambiquée de dire que le cinéma existait à l’époque, on aurait un film qui ressemblerait à celui-ci (plus qu'au Perceval de Rohmer ou au  Lancelot de Bresson). Et le plus étonnant, c’est que ce soit un scénario original. L'univers de Marian et Robin n’a rien à voir avec celui d'aujourd’hui. Ce sont des archétypes, mais cependant ils existent. Paradoxalement, on croit sentir l’influence des Monty Pythons sur la volonté de réalisme, la littéralité des situations (on les a félicité pour la vision construite dans Holy Graal). Il y a quelque chose de ridicule dans ces armures inconfortables, mais cette maladresse renforce la beauté du film. Je me souviendrai du shériff de Nottingham sous les traits de Robert Shaw (que je découvre décidément avec plaisir depuis the Sting). Ce n’est pas la performance de Richard Harris, en accord avec le film, qui m’a frappé, mais le traitement scénaristique de Richard Cœur de Lion qui est loin de ce que la culture populaire m’a conduit à imaginer. (Une des redondances de ce blog consiste à faire la part entre le jeu et le texte). Un film hantant.


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Puisque le cinéma est un art de la représentation, un art qui peut être pédagogique, donner à faire comprendre des choses, nous avons, en cinéclub à l’Institut, présenté Lumumba. Comme il ne s’agit pas d’un cours, je me permets de n’avoir pas vu le film. Comme le public n’est pas nécessairement aguerri, il est nécessaire de faire un travail de présentation, ce qu’on a fait en étduiant un peu l'histoire du Congo. Cela m’a d’ailleurs permis de synthétiser des infos glanées ici et là. J’avais vaguement entendu parler du Katanga après la présentation d’une chanson de Gainsbourg, et voilà que je peux me le représenter. Le film lui-même pourrait trouver place dans le corpus des histoires étudiées dans le cours « crime politique, élucidation romanesque » que j’avais suivi en LGC à l’université chez monsieur Bouju.  Si tu veux on en reparlera. C’est dans ce cadre que j’avais dû me pencher la première fois sur l’affaire Kennedy. L’affaire Lumumba n’en est pas moins passionnante. La colonisation belge n’était décidément pas plus exemplaire que la française.
Certains connaissaient déjà ce personnage car il y a à Belgrade une cité universitaire qui porte son nom.


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Les chiens de paille, ça, c’est vu. Ça faisait drôle de retrouver David Warner (découvert chez Resnais dans Providence) dans un tel rôle. Les paysages m’ont rappelé ma Bretagne où une terrible langueur me gagne. Mais qu’importe, ici on envoie des danses.


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On l’aura compris, je suis entré dans une période cinoche américain des années 70. C’est à cette occasion que j’ai décidé de regarder Woody et les robots, qui est l’un des deux Woody Allen que j’avais vu étant petit (l’autre étant Guerre et Amour, que je compte bien revoir également). C’est entre autre un formidable hommage au slapstick. Je crois même que Demoliton Man en est un remake qui ce serait « contenté » d’ajouter un superméchant.

Après the Sting sorti la même année, on constate un autre film nostalgique des années 20.


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Husbands est un beau poème. Comment peut-on prendre l’avion aussi facilement ?


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"Bac+2, les enfants"

 

 

J’avais oublié que lles Cordes de la potence faisaient partie des films détourné dans La Classe Américaine. Je crois que c’est la première fois que je vois George Kennedy jouer un méchant, presque un méchant de spaghetti. J’ai même pensé une fois à la Nuit du Chasseur. Il faudra que je revoie ce film.

 

Klassenverhältnisse, Danièle Huillet & Jean-Marie Straub, 1984 

Serpico, Sidney Lumet, 1973

Robin & Marian, Richad Lester, 1976

Lumumba, Raoul Peck, 2000

Straw Dogs, Sam Peckinpah, 1971

Sleeper, Woody Allen, 1973

Husbands, John Cassavetes, 1970

Cahill US Marshall, Andrew V. McLaglen, 1973

 

Les Notices de Georges Sadoul.

Aujourd’hui, Sam Peckinpah.

(US 1926) Son Coups de feu dans la Sierra en 1968 fut salué en France et en Grande-Bretagne, sinon aux USA où il était passé inaperçu, comme le coup d’éclat qui renouvelait le estern : une attention extrême aux détails « archéologique » - costumes, décors, qui dans un tout autre contexte, passionnaient déjà Sergio Leone – et plus profondément encore à « l’histoire des mentalités » donnait à cette très classique poursuite une dimension exceptionnelle. Et l’on apprenait bientôt que ce « fils de l’Ouest », né au pied du mont Peckinpah, descendant de pionniers, métissé d’Indiens, réalisait ainsi son rêve, après ses débuts à la TV et un premier film inédit en France : faire revivre le « vrai » Wild West. C’est à cela qu’il allait se consacrer, élaborant sur le mode épique ( Major Dundee), tragique (la Horde sauvage), élégiaque ( Un nommé Cable Hogue , sa plus grande réussite sans doute, teintée de mélancolie), une « contre-mythologie de l’Ouest des ratés » (« Tous les joueurs sont des perdeurs au fond, dit-il – in « Écran 72 » n°141 – et la personnalité de ces perdeurs, de ces vaincus, de ces gens qui vivent en se détruisant me fascine. ») Avec un danger au terme de cette démarche : que la contre-mythologie sécrète un nouveau mythe, servant à masquer l’histoire qui se fait : ce qui se passe à partir de son avant-dernier film sur un couple de « hos-la-loi » contemporains : Guet-Apens.[une liste]


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Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 15:12

Une nouvelle série de films de cinéclub, certains à l'université et d'autres à l'institut. Le deuxième et le troisième et l'avant-dernier, on les a vus avec le chicon.

Ce sont des films vus entre le 9 mai et le 16 mai.

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D’Airport, je retiens essentiellement l’usage du splitscreen assez virtuose (ou lourdingue, c’est selon) qui suffit à rendre stressant n’importe quoi et des scènes aussi hilarantes que dans Airplane! (je pense aux baffes qui m’ont fait exploser de rire dans le silence de ma cellule monacale). En me repenchant sur le casting, je me rappelle surtout de Van Heflin que je n’avais jamais vu à cet âge-là.

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Si L’imitiation du cinéma n’est pas du cinéma, c’est vachement bien imité. Un moment.

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La dernière séance est un titre (enfin dans sa version originale) que j’associe définitivement à du vent en noir et blanc. C’est là que j’ai appris le visage d’Eileen Brennan. Très beau.

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À propos du cinéclub dela fac, je me suis aperçu que beaucoup d’acteurs apparus dans les films programmés précédemment figuraient également dans Camille redouble que j’ai donc décidé de programmer en clôture, pour le plaisir de retrouver des acteurs familiers. C’est que les étudiants ne connaissent quasiment aucun acteur français (et c’est bien normal). Restait d’ici-là à faire éventuellement découvrir d’autres acteurs et univers. Des films avec Mathieu Amalric disponibles à la médiathèque, Poulet aux prunes était celui quii s'intégrait mieux dans la série.

O en a parlé dans les Caves.


Tu as vu l’Accordeur ? C’est un court-métrage musicalo-policier. Ça te plairait peut-être même si Grégoire Leprince-Ringuet n’articule pas très bien. On la choisi pour annoncer un autre polar. C’est une belle idée pour ce format. Bien écrit, bien structuré, on passe un peu par tous les modes en quelques minutes.

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Quand on lit un polar, un pulp, un série noire, on ne sait jamais à l’avance (sauf à connaître l’auteur) quelle en sera la qualité. Un téléfilm du service public rend plus pessimiste étant donné le rapport producteur/auteur. Même si on a été surpris de reconnaître dans un épisode de Boulevard du Palais vu par hasard (avec Jean-François Balmer et Michel Robin) l’intrigue de Moloch de Thierry Jonquet (5 ans déjà), je te parle de ça, ça fait bien quinze ans… Tout ça pour dire que Poupoupidou fait l’effet d’un bon polar bien écrit (la base de la réussite de ce film), bien mis en scène, bien joué. C’est marrant de présenter ce film à un public d’apprenants de français parce qu’évidemment quand on donne le titre en français, on ne comprend pas, mais dès qu’on imite Marilyn Monroe, on comprend.
Le film brasse des motifs familiers. Sans être familier du genre, on reconnaît pas mal de références dont les auteurs paraissent bien se sortir (Twin Peaks, l'affaire Kennedy, Dennis Lehanne...).
J’ajouterai aussi ce film dans la liste de ceux qui contribuent à jouer sur les représentations : dans un film dont le sujet est le glamour provincial et dont l’héroïne est un modèle qui s’identifie à Marilyn Monroe, il est assez plaisant de voir des pompiers nus, beaux et décomplexés posant également pour un calendrier. Et si certains personnages sont des ordures, il n’y a pas le moindre relent d’homophobie. Que ce soit un militantisme insidieux ou que ce soit fortuit, si le cinéma art de la représentation, peut contribuer à modifier les perceptions, c’est tant mieux.
Jean-Paul Rouve et Guillaume Gouix, Sophie Quinton, Olivier Rabourdin, Ken Samuels, sont tous bien employé, spécialement Sophie Quinton qui parvient à rendre plausible un rôle improbable, alors que le personnage de Ken Samuels, caricatural en diable, situe le film aux limites de la parodie.

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Dans L’Arnaque on retrouve Eileen Brennan. J’aime bien les acteurs qui traversent les univers. Si j’ai bien compris la leçon, George Roy Hill est l’opposé du Nouvel Hollywood et pourtant il réunit dans ce film classique et bien mis en scène un casting qui y a touché. Il m’a rappelé ce qui semble en être finalement une parodie sorti la même année (Anche gli angeli mangiano fagioli) avec Bud Spencer et Giuliano Gemma. On est un peu triste pour Robert Vaughn. Avec également Steven et Dave dans un film qui n’a pas du tout été utilisé pour le Grand Détournement.

 

Airport, George Seaton (& Henry Hathaway), 1970

L’imitiation du cinéma, Marcel Mariën, 1959

The last picture show, Peter Bogdanovitch, 1971

Poulet aux prunes, Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud, 2011

L’accordeur, Olivier Treiner, 2010

Poupoupidou, Gérald Hustache-Mathieu, 2011

The Sting, George Roy Hill, 1973

 

Pas de notice cette fois-ci.


Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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