Quantcast

Radio-cassette

Calendrier

Juin 2013
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Jeudi 13 juin 2013 4 13 /06 /Juin /2013 22:29

Trois parties la semaine dernière
1. Deux films antithétiques
2. Cycle Michael Anderson
3. Fourre-tout (comme d’habitude)

 

Dans un premier temps on constatera l’omniprésence des médias dans la fille aux allumettes (guerre du golfe, mur de Berlin, Tien An Men) et dans un homme et une femme (faits divers, météo, vieille rengaine, formule 1). Hormis cette ominiprésence déjà antithétique par leur contenu, tout oppose ces deux films.

Ce mélo assumé par un titre référentiel scandinave (l’altération en français grandit la protagoniste interprétée par Kati Outinen, celle des titres anglais – the match factory girl – et finnois précise le contexte industriel) est aussi extraverti qu’un Finlandais. Cet un exemple radical de l’art d’Aki Kaurismäki tant pour le style que pour le propos.

La perspective de revoir Un homme et une femme (dernier film de l’année montré en cinéclub) m’a rappelé que je connaissais Jay-Jay Johansson bien avant et la surprise que j’eus en identifiant une des musiques du film comme un sample du suédois dans It hurts me so.
J’aime Jay-Jay Johansson et ce film de Lelouch pour cette alchimie sobre (quoiqu’on en dise) d’éléments qui auraient pu paraître kitsches (éléments baroques d’un mauvais goût). La voix de crooner du scandinave, les arrangements fonctionnent. On est pas dans la parodie. Un Homme et une Femme parle d’amour, il comporte des motifs romantiques (coucher/lever de soleil, comédie musicale, …) mais fourmille de détails inédits (Lucky Luke et Astérix, un enfant polyglotte – bien, la non-direction des enfants – un documentaire sur les courses automobiles,... ) et dispose surtout d’une structure narrative apparemment improvisée mais finalement maîtrisé (le flash back final est un coup de maître). Le traitement sobre mais fort du deuil a plu à un public plus habitué à du pathétique plus hwstérique que fin.

 Donc, relative sobriété ici, austérité là, pour des genres a priori fondamentalement dramatiques.


-------------- 


Quelqu’un sur FB a partagé son enthousiasme pour Logan’s Run pour lequel je n’avais qu’une curiosité relative. Ce coup de pouce m’a motivé non seulement pour le visionner mais aussi ceux des autres films de Michael Anderson que j’avais à ma disposition. Tous traitaient de leur époque à travers d’autres époques.

L’inventaire des invraisemblances dans L’âge de cristal a sans doute déjà été fait. Je soulignerai ce qui m’a intéressé :
- Le personnage de Logan 7 totalement acquis à la cause qu’il est censé défendre. Contrairement à, mettons, Winston Smith dans 1984 (dont on doit une version à Michael Anderson), le système dans lequel il vit le satisfait totalement. Il ne lui vient pas à l’idée de remettre en cause un système dont il s’accomode parfaitement. Son évolution dépend des évènements.
- La musique de Jerry Goldsmith proche dans l’expérimentation de celle de Planet of Apes (auquel semble se référer la vision d’un New York occupé par la nature).
- Une séquence finale de résistance mentale qui fait du bien malgré le fait qu’on ne peut y croire.

Les souliers de Saint-Pierre devaient être un film d’anticipation mais aucun travail sur les costumes ou les décors n’a donné l’impression que ce film tourné en 1968 se passait dans un futur proche situé dans les années 80. Tant mieux. Ce film pourrait paraître un documentaire sur les procédures au Vatican. Une fois l’absence d'action acceptée, on suit le rythme de la réflexion. L’anticipation porte sur quelque chose de difficilement envisageable. L’histoire illustre une réflexion politique sur le rôle du Vatican. La question de la spiritualité est illustrée par quelques remarques dans les dialogues et le jeu convainquant d’Anthony Quinn (bien au delà de Fernandel dans Don Camillo en Russie). En parlant de performance, en quelques scènes, Laurence Olivier joue parfaitement la raison d’état. Note pour plus tard : voir finalement Habemus Papam.

Opération Crossbow est un film d’espionnage situé dans la deuxième guerre mondiale. Le déroulement est comme d’habitude inattendu. Il commence avec une longue description des opérations avant de rencontrer les protagonistes. Avant ce moment-là, on rencontre relativement longtemps des Allemands en version originale et peu caricaturaux (avec même une certaine empathie conçue pour l’une d’entre eux). Cet acteur qui ressemble tant à Crispin Glover, c’est en fait Tom Courtenay, rencontré dans Billy Liar.

C’était bien. 


  -------------- 

 

Sinon en vrac :

La série de trois heures intitulée Noirs de France rappelle dans la forme et le propos Comme un juif en France dans le sens ou cette traversée historique permet de faire un point sur l’histoire de la République et de ses valeurs. Le premier volume remplit son office, informe, donne envie d’approfondir cette question. En lisant Les Nègres par exemple, dont la première distribution comprend deux membres de la famille de Pascal Légitimus (et dont j'ai vu une représentation hier, par l'atelier théâtre de la chaire de français de Novi Sad).

Le retour de l’inspecteur Harry montre que ce personnage permettait une nouvelle variation sur le thème de la loi et de la vengeance. La conclusion complexifie la position du personnage (ce que permettait déjà Magnum Force), même si elle ne résiste pas un instant à une enquête qui aurait mis à jour pas mal d’incohérences.

Le soupirant m’a fait penser que Pierre Étaix a probablement fait partie des plus grandes influences d’Artus de Penguern.

J’ai revu René Goscinny : profession humoriste que j’avais vu sur Arte lors de sa diffusion en 1998 (la télé était dans le salon) ! L’impression de réviser une histoire connue pour avoir lu des biographies de cet auteur et une histoire de Pilote. Des images connues, d’autres moins comme celles des Arroseurs de Cherbourg de Jacques Troisquart et Michel Lepetit et interprété par Roger Pierre. On s’est rappelé l’opposition entre Goscinny et Cavanna qui a obligé Reiser, Gébé et Cabu à revenir à choisir entre Pilote et Hara Kiri.

Imphy, capitale de la France est une découverte très drôle, celle du cinéaste Luc Moullet dont je ne pouvais pas m’imaginer qu’il serait si ludique : un Rohmer burlesque en fait. Ici, il se met en scène, ne joue pas très bien, mais me fait jubiler. J’ai hâte d’explorer tout ça.

Le documentaire Vive la France est un film dégueulasse. J’ai ricané aux vacheries d’Audiard, parfois bien vues. Le point positif est qu'il m'a énervé. Il ferait penser à un Sacha Guitry qui cracherait sur la France.
La première fois dont j’ai entendu parler de ce film, me renvoie dans la chambre de bonne que j’occupais étudiant rue de Toulouse, au moment où je dévorai un recueil des Lundis de Delfeil de Ton dans lequel il expliquait pourquoi il n’aimait pas ce film, (ni, par ailleurs, Siné qui a commis quelques illustration pour ce film). Effectivement, Audiard et Hara Kiri, s’ils avaient les mêmes cibles (De Gaulle, l'armée), sont à des années lumières l'un de l'autre.

La France culturelle des années 60, c’est quatre pôles avec des échanges comme ça :
- La Nouvelle Vague contre la Bande à Audiard (avec des acteurs qui jouent avec les deux : Belmondo et Brialy).
- Pilote "contre" Hara Kiri (avec des auteurs qui ont travaillé pour les deux : Gébé, Reiser, Cabu et Fred).

 

Tulitillutehtaan Tyttö, Aki Kaurismäki, 1990

Un homme et une femme, Claude Lelouch, 1966

Logan’s run, Michael Anderson, 1976

The Shoes of the Fisherman, Michael Anderson, 1968

Operation Crossbow, Michael Anderson, 1965

Noirs de France (1/3) Le Temps des pionniers, Juan Gélas & Pascal Blanchard, 2012

Sudden Impact, Clint Eastwood, 1983

Le Soupirant, Pierre Étaix, 1963

René Goscinny : Profession Humoriste, Michel Viotte, 1998

Imphy, capitale de la France, Luc Moullet, 1995

Vive la France, Michel Audiard, 1973

 

Les notices de Georges Sadoul

Cette semaine, Michel Audiard

(Paris, 15 mai 1920) Brillant dialoguiste français de style boulevardier, a poursuivi après 1950 la tradition d’Henri Jeanson. A collaboré avec Hunebelle, Delannoy, La Patellière, etc.

S’est décidé, à partir de 1968, à mettre lui-même en scène ses mots d’auteur. Et cela a donné : [une liste].

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Jeudi 6 juin 2013 4 06 /06 /Juin /2013 20:48

 

 

Voici quelques mois, j’ai entrepris une exploration des titres utilisés dans On connaît la chanson. Le travail pas encore achevé a pris des proportions que je ne soupçonnais pas. J’en suis à 54 chansons et d’autres pistes d’explorations (notamment les lieux parisiens visités). On peut voir une tentative de synthèse ici. Qui sait, peut-être ce site deviendra une manière de référence en ce qui concerne le film. Le but de ce travail était de faire passer des éléments de cultures populaires qui n’auraient pas été choisis directement par moi-même. Résultat, je m’imprègne de culture d’opérette à laquelle je prends goût sans être allé plus loin que les chansons explorées.
Quand j’ai commencé l’entreprise je n’avais pas vu le film depuis octobre 2009. J’avais l’impression que Nicolas, le personnage de Bacri, était plutôt en retrait, mais il apparaît comme celui que je préfère. C’est assez curieux de le regarder en en connaissant toutes les chansons. On sent encore mieux le côté artificiel, patchwork de ce film.

Question chanson, Parlez-moi de la pluie fait plutôt référence à Brassens avec ce titre et une fanfare jouant les passantes. Cette fois-ci on retrouve Pascale Arbillot plus dramatique que dans Grégoire Moulin contre l’humanité (Penguern) ou dans l’Extraterrestre (Bourdon), les deux seuls films où je l’ai vu. On regrette que certains personnages ne soit pas plus développés. Alors que j’écris et que j’évoque certaines images, un écho résonne entre deux moments du film que je n’avais pas rapproché pendant la vision. Ce blog me sert aussi à ça.

Dans un documentaire de François Thomas que je n’ai pas mentionné ici alors que je l’avais vu il y a deux semaines, on apprend qu’Alain Resnais avait montré une séquence de Haute société dans laquelle Franck Sinatra passait du parlé au chanté sans que ce passage ne soit perceptible. Le vrai plaisir résidait dans les chansons et dans la présence de Louis Armstrong dans un rôle de Coryphée. En revanche, c’était bizarre de voir se dérouler une histoire déjà connue jusque dans certaines répliques via Philadelphia Story dont ce film était en fait un remake. Grace Kelly était magnifique, mais Katharine Hepburn m’a semblé mieux correspondre au rôle. La même chose concernant Cary Grant par rapport à Bing Crosby. En revanche, Sinatra faisait un journaliste un peu plus ambigü que James Stewart.

 

On connaît la chanson, Alain Resnais, 1997

Parlez-moi de la pluie, Agnès Jaoui, 2008 

High Society, Charles Walters, 1956

 

Les notices de Georges Sadoul :

 

Cette semaine, Charles Walters

(Pasadena US 17 novembre 191 ?) Bon spécialiste de la comédie musicale américaine, il contribua à son renouvellement aux environs de 1950, avec des films du genre ravissant et un peu sucrés : Parade de printemps (1948), Entrons dans la danse (1950), Lili (1953). Puis l’âge venant, avec de moindres moyens, il évolua vers les comédies mondaines : Haute société(1957), Ne mangez pas les marguerites(1959).

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 1 juin 2013 6 01 /06 /Juin /2013 23:22

J’ai proposé Saint Jacques… La Mecque en cinéclub car c’était le seul film de l’institut dans lequel Artus de Penguern joue un rôle important. Je savais que cette histoire de deux frères et une sœur se détestant et devant toucher une héritage me rappellerait les trois frère et que Pascal Légitimus jouerait dans le film, mais je n’ai fait le rapprochement qu’au moment où il est entré dans le bureau du notaire.
Une belle chorégraphie, située vers la fin du film, entre Artus de Penguern et Muriel Robin m’a fait songer que l’acteur en était peut-être l’instigateur.
Le racisme d’un curé espagnol m’a moins perturbé que la violence des Français le traitant de franquiste. C’est parce que je me tiens à carreau lorsque je ne me sens pas chez moi.

La semaine dernière, il y a eu une rétrospective John Ford à la cinémathèque, au programme : vieilles bobines et divx (c’est la Kinoteka). J’aurai appris à repérer d’un film à l’autre des gueules faciles à identifier. Je connaissais déjà Victor McLaglen, Henry Fonda et John Wayne, je connais désormais Ward Bond, Jack Pennick et Jeffrey Hunter. C’est ainsi que j’ai appris l’existence du John Ford Stock Compagny. L’Irlande est omniprésente dans ces films. Un autre motif récurrent, serait the Battle Hymn of the Republic (Glory Glory Alleluia) (dans les fillms avec Ward Bond).

Curieusement, Le mouchard, m’a autant rappelé Hugo Pratt que The Lost Patrol. Cette fois-ci, c’est à l’ambiance de Concerto pour Harpe en Nytroglycérine, une aventure de Corto Maltese. Le film commence comme un film muet, à tel point que lorsque les voix apparaissent, j’ai eu du mal à les croire.

Vers sa destinée est donc un film de procès. Henry Fonda, était taillé pour faire un Lincoln du tonnerre. Conçu comme un Jesse James, il avance avec beaucoup de messages bizarrement coupés des bobines yougoslaves. Impossible de trouver une raison satisfaisante à cet escamotage systématique. The Battle Hymn a donc ici un emploi anachronique puisqu’il a été composé à l’occasion de la guerre civile, située des années après l'histoire ici racontée.

Les Sacrifiés a été le film de guerre des années 40 le plus spectaculaire que j’ai jamais vu. Il avance pourtant lentement. On y retrouve des séquences typiques de films de Ford (dont une chœur de soldats chantant lors d’un repas d’officiers).

C’est donc Le Massacre de Fort Apache qui ouvre la trilogie de la cavalerie (suivi de She wore a yellow ribbon et de Rio Grande). L’emploi de Henry Fonda est étonnant. Il y joue un homme de son âge.

La dernière fanfare semblait volontairement non spectaculaire. La séquence des résultats des élections aux quelles se présentait le personnage de Spencer Tracy m’a semblé tournée sans la moindre volonté d’établir de suspense. AU fur et à mesure que les résultats tombaient, on comprenait simplement vers quel résultat on se dirigeait. J’ai pensé à The Ides of March. Un film prégnant.

 

Saint Jacques… La Mecque, Coline Serreau, 2005

John Ford

     The informer, 1935

     Young Mr. Lincoln, 1939

     They were expandable, 1945

     Fort Apache, 1948

     The last hurrah, 1958

 

Les notices nuancées avec de gros sabots de Georges Sadoul

 

Cette semaine, John Ford (Sean Aloysius O’Fearna) :

(Cape Elizabeth 1er février 1895) Le Monument du cinéma américain: Il a réalisé plus de 125 films. Il débuta en 1920-1930 par une abondante série de westerns d’où se détacha son intéressant Cheval d’acier. Après 1930, il donna coup sur coup la Patrouille perdue, Toute la ville en parle et surtout le Mouchard. Après une mauvaise passe, il s’affirma de nouveau avec La Chevauchée fantastique et les Raisins de la colère. Depuis, solidement assis sur une réputation bien méritée, il multiplia les productions excellant surtout dans les westerns, avec une authenticité un peu routinière. Généreux et paternaliste, tantôt critiquant l’armée et tantôt ultra-militariste, luttant contre les préjugés et leur obéissant, excellent artiste ou bon commerçant, épique et familier, il est, avec son tempérament puissant et ses contradictions, le meilleur continuateur de Thomas Ince. Dans une partie de ses meilleurs films, on put découvrir un thème commun : celui du groupe humain traqué par la mort ou d’inquiétants périls. À ce propos, il déclara à Jean Mitry en 1956 : « Il me semble que c’est pour moi le moyen de confronter des individus. Ce moment tragique leur permet de se définir, de prendre conscience de ce qu’ils sont, de sortir de leur indifférence, de leur inertie, de leur convention, du "quelconque": Trouver l’exceptionnel dans le quelconque, l’héroïsme dans le quotidien, voilà le ressort dramatique qui me convient. Comme de trouver le comique dans la tragédie. » « C’est dans la façon de raconter l’histoire, dans la mise en scène, qu’un cinéaste peut se définir. Les situations ne sont qu’un point de départ. Il faut les dépasser. » Il a dit d’autre part : « Je suis irlandais d’origine, mais de culture western. Ce qui m’intéresse, c’est le folklore de l’Ouest, montrer le réel, presque le documentaire. J’ai été cow-boy. J’aime le plein air, les grands espaces. Le sexe, l’obscénité, les dégénérés, ces choses-là ne m’intéressent pas. » Il a enfin défini ainsi ses servitudes de créateur : « Il existe pour un réalisateur des impératifs commerciaux qu’il est indispensable de respecter. Dans notre profession, un échec artistique n’est rien. Un échec commercial est une condamnation. Le secret, c’est de tourner des films qui plaisent au public et d’arriver pourtant à y introduire sa personnalité. [...] Dans mon œuvre, je ne compte pas dix films où j’ai pu m’accomplir suivant mes goûts et mes affinités, car être son producteur, donc soumis aux distributeurs, ne donne pas une liberté plus grande. » [une liste]

Un net ralentissement dans les années qui précédèrent sa mort, mais un film important :1966 Seven Women (Frontière Chinoise).

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 1 juin 2013 6 01 /06 /Juin /2013 22:49

Je ne vais pas non plus me justifier pour ce retard.

Ça faisait longtemps que je voulais regarder Monsieur Joe. J’avoue que le décès de Ray Harryhausen (1920-2013) a provoqué ce visionnage. Le film a été un bien beau spectacle, comme si la réalisation du film avait d’abord été confiée à l’animateur. Il contenait beaucoup de morceaux de bravoure suffisant largement à faire oublier l’indigence et les invraisemblances de l’histoire. Comme un gamin, j’étais. Vrai. Comme devant un film de Spielberg en fait.

J’ai regardé les trois films suivants souffrant d’une rage de dent. Ils m’ont bien distrait.

Un travail sur Floc’h m’avait donné envie de voir le Grand alibi, le Grand alibi m’a donné envie de relire de l’Agatha Christie. Ce n’était pas le cluedo au quel je m’attendais : il n’y avait pas d’unité de lieu, mais j’ai retrouvé des atmosphères qui m’avait plu dans, mettons, Mr. Brown.

Je retiendrai avant tout, dans Le Gentleman d’Epsom, la musique de western chaque fois que se produit une course de chevaux. Francis Lemarque et surtout Michel Legrand semblent s’être bien amusés. L’article de wikipédia au sujet de ce film est stupide.

Bien sûr, Le Guignolo, c’est moins bien que Flic ou voyou. L’intérêt, c’est de retrouver les comédiens dans des emplois tout différents (à part Tony Kendall qui ressemble un peu moins à Gérard Hernandez ici que dans l’autre)

La structure du Jour de la colère est amusante : Un jeune garçon à tout faire apprend d’un pistolero interprété par Lee van Cleef et lui récite sa leçon à la fin. Encore une fois, c’est la musique qui m’a plu. La page française de wikipédia est la seule qui fait co-signer le film par Sergio Leone et la musique par Ennio Morricone. Je suis sûr qu’ils n’ont rien à voir avec le travail de Tonino et Valerii et Riz Ortolani.

Le trouillard du Farwest comporte une scène de chorégraphie folle illustrée par une musique, ce qui rappelle la séquence muette de présentation du personnage de Louis De Funès dans le Gentleman d’Epsom. Lon Chaney Jr., Dean Martin, Lee Van Cleef… pas mal pour une parodie !

Les Géantsm’ont rappelé Suton / Twilight de Goran Paskalijević (que nous avons croisé deux fois dans la rue la semaine dernière) pour la mise en scène de gamins livrés à eux-même et l’intervention d’une star hollywoodienne (Karl Malden dans Suton, ici Marthe Keller). J’ai souvent un problème avec les films qui mettent en scène des enfants car ils sont souvent archétypaux. Ceux-ci sont gentils et crédibles. C’est un film sur la liberté, sur des gamins qui deviennent « des hommes et non des adultes ».

 

Mighty Joe Young, Ernst B. Schoedsack, 1949

Le Grand alibi, Pascal Bonitzer, 2008

Le Gentleman d’Epsom, Gilles Grangier, 1962

Le Guignolo, Georges Lautner, 1981

I Giorni dell’ira, Tonino Valerii, 1967

Pardners, Norman Taurog, 1956

Les Géants, Bouli Lanners, 2011

 

Les notices de Georges Sadoul :

 

Cette semaine Ernest Beaumont Schoedsack

(Council Bluff 8 juin 1893) Parti d’un documentarisme à la Flaherty avec Transhumance et Chang, à vrai dire très mis en scène, il aboutit aux grandes productions, aux truquages extravagants jusqu’au lyrisme, qui firent le succès de son fameux King Kong. [Une liste].

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 9 mai 2013 4 09 /05 /Mai /2013 17:45

Dans Beaumarchais, l’Insolent, on retrouve le casting de beaucoup de films, normal pour un film allstar. Comme on l’a montré en cinéclub à la fac, on aura pu repéré outre Fabrice Luchini, ses partenaires de Potiche : Judith Godrèche et Bruno Lochet. Il y a aussi beaucoup de gens de Canal Plus : deux deschiens, un nul et José Garcia, dans le rôle (bonne idée) de l’acteur qui joue Figaro. J’avais déjà vu au lycée à la télé. Ce film semble avoir donné envie aux trois étudiantes présentes de (re)lire le Mariage de Figaro. À moi aussi.

La chaleur de ses derniers temps m’a donné envie de voir enfin ces films maritimes qui traîne depuis un moment : en fait de rafraichissement, la chaleur a correspondu aux intérieurs de sous-marin.

Torpilles sous l’Atlantique est un film de guerre qui se passe presque de morts. C’est une bataille navale qui oppose le USS Haynes commandé par Robert Mitchum à un U Boat allemand commandé par Curd Jürgens qui joue un officier loyal mais pas nazi. Ça se passe dans l’Atlantique. Grâce à Gérard Delahaye qui l’a chantée en français, j’ai été touché par la mélodie de Ich hatt’ einen Kameraden.

L’Odyssée du sous-marin Nerka a des airs de Bounty et de Moby Dick mais c’est aussi une histoire de sous-marin. Ça se passe dans le Pacifique. Ici, le point de vue est unilatéral et le budget plus faible, je crois. Le périscope en noir et blanc n’a cessé de me rappeler On the beach.

Traité de bave et d’éternité m’a touché pour sa radicalité et l’intérêt qu’il a sucité en moi. Il s’oppose de façon inattendue à une certaine idée du cinéma français, le pamphlet de François Truffaut qui en devient du coup conservateur. Les images et le texte ne m’ont pas paru aussi déconnectées (peut-être l’habitude des vidéoclips).

Yoshiwaku

Tournée m’a plu et m’a rappelé que je n’ai vu que très peu de film de Cassavetes. J’y ai malgré tout pensé. J’avais aussi identifié l’ultime échange Truffaut-Godard dans un dialogue. Mais le film m’a surtout touché au premier degré. La question du rapport entre la face et la capacité à laisser pissé quand tout est de guingois.

Le Temps retrouvé, d’après l’œuvre de Marcel Proust est d’abord un film de Raùl Ruiz. Les mêmes couleurs, les mêmes mouvements de caméra, les mêmes motifs (ombres, dialogues avec un moi du passé), de mêmes acteurs et le même plaisir pour le spectateur… Ayant lu les deux premiers volumes, j’ai rechigné à le voir et il était évidemment truffé de spoilers. Mettons que cela facilitera la lecture des volumes suivants et permettra à mon attention de se porter ailleurs. On y retrouve une partie du casting de la Reine Margot : Pascal Gregory (que je retrouve enfin comme acteur), Vincent Pérez et Patrice Chéreau.

 

Beaumarchais, l’Insolent, Edouard Molinaro, 1996

The Enemy Below, Dick Powell, 1957

Run silent, run deep, Robert Wise, 1958

Traité de bave et d’éternité, Isidore Isou, 1951

Tournée, Mathieu Amalric, 2010

Le Temps retrouvé, d’après l’œuvre de Marcel Proust, Raùl Ruiz, 1999

 

Les notices de Georges Sadoul

 

Aujourd’hui Édouard Molinaro

(1928) Intelligent, cultivé, aimant le cinéma, mais il n’a guère pu se dégager des contingences commerciales. [Une liste].

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 5 mai 2013 7 05 /05 /Mai /2013 20:57

 

J'ai de plus en plus de mal à livrer à l'heure.

Un peu d’identification avec les premiers films, des westerns. Dans le premier, James Stewart jouait de l’accordéon et dans le second, Kirk Douglas portait des lunettes rondes.

Dans Le survivant des monts lointains le jeu d’Audie Murphy était proche de celui qu’il avait dans No name on the bullet. C’est fou ce qu’on repère une boîte à sandwich quand on la sait contenir un magot.

Le Reptile figurera sans doute dans la liste des meilleurs films vu en 2013 bien que je l’aie déjà vu ado, sans doute avant le Grand Détournement. C’était même le seul film que j’étais capable d’identifier. Autant dire que Henry Fonda était pour moi avant tout barbu. Ce film vient à point nommé pour illustrer certains textes de l’Anthologie de Subversion Carabinée que depuis quelque temps j’étudie. Il ne démontre rien mais montre efficacement des archétypes dont je retiendrai le couple formé par Hume Cronyn et John Randolph. Un directeur de pénitencier s’appelle Le Goff, un type de nom assez rare dans un western pour le signaler. Paris Pitman, Jr, le personnage de Kirk Douglas, est dans mon panthéon des personnages les plus intelligents et les plus libres.

C’est bien sûr le casting Serge Gainsbourg et Jane Birkin qui m’a donné envie depuis longtemps de voir Balade à Sarajevo, film de partisan qui rappelle un peu Bombaši et qui surtout ne se passe pas du tout à Sarajevo (un peu comme quand René Château diffuse Coffy, un film qui se passe à Los Angeles, Cofy, La Panthère de Harlem pour bien montrer que c’est un film de Blaxploitationm cočče il le raconte dans l'un des cinq numéro de cette série).

On ne verra ni Sami Naceri ni René Château ni Jean-Luc Godard dans cet hommage à Belmondo, un itinéraire…, non, mais beaucoup de chouettes extraits.

En regardant Flic ou voyou, j’ai compris ce qui tyachait dans beaucoup de films de Bébel de cette période : c’est sa façon d’humilier les personnages, fussent-ils méchants. Cela constaté, je vais pouvoir regarder les autres tranquillement et en connaissance de cause pour les qualités de mise en scène et peut-être aussi d’autres surprises, tels les musiciens engagés (ici Chet Baker, Ron Carter, Billy Cobham d’un côté, Hubert Rostaing, de l’autre).

Un divan à New York a des problèmes de rythme sensible pour une screwball comedy, c’est peut-être pour cela que certaines péripéties ont du mal à passer. Elles passent cependant. Juliette Binoche et William Hurt jouent bien. On a une fois de plus envie de visiter Brooklyn et Belleville (Manhattan, un peu moins).

La dialectique peut-elle casser des briques ? est bien plus marrant que What’s up Tiger Lilly ?. La somme compilée par Noël Godin a de nouveau permis ce film dans lequel sont cités Coeurderoy, Fourier et les éditions Champ Libre. Mon personnage préféré fut le gamin ninja vindicatif. 

L’ennemi intime  est un film incroyablement fluide. L’opposition que l’affiche me laissait présager n’a pas eu lieu : il n’y aura pas de cliché. Ce n’est pas le Platoon français. Je n’ai vu le film d’Oliver Stone il y a plus de dix ans, mais j’en ai retenu les allégories interprétées par Dafoe et Berenger qui m’avaient déplu (les allégories, pas les acteurs). Il y a plus de similitude avec Mon Colonel, des archétypes que l’on retrouve ici et là, mais avec de grandes variations qui fait qu’on ne pas pas les confondre. Et puis il y a des éléments culturels qui ne sont pas des anachronismes mais qui en disent long sur le personnage du Lieutenant Terrien : il fait partie du peu de lecteurs de L’Écume des Jours (dans l’édition de Gallimard, avant la réédition de 1962 qui aura, elle, du succès) et les gens écoutent Le Chachacha du loup d’un Gainsbourg pourtant encore peu connu en 1959 et certainement pas aussi festif que Dario Moreno ou d’autres pour des appelés. Cela m'a paru bizarre. En tout cas, cela change des chansons de Bourvil que je croyais obligatoire dans les films racontant cette époque.

L’homme de la loi s’ouvre sur un flash back suivi de l’arrivée d’un homme de loi à cheval accompagné d’un autre cheval sur l’échine le cadavre de son cavalier. Ce motif se trouve à la toute fin de There was a crooked man et c’est intéressant parce que les personnages vivant dans les deux cas suivent une trajectoire similaire qui fait l’objet d’un froncement de sourcil dans un cas et d’un film dans l’autre.

 

 

Night Passage, James Neilson, 1957

There was a crooked man, Joseph L, Mankiewicz, 1970

Devetnaest djevojaka i jedan mornar, Milutin Kosovac, 1971

          Belmondo, Itinéraire…, Vincent Perrot, 2011

Flic ou voyou, Georges Lautner, 1979

Un divan à New York, Chantal Akerman, 1996

La dialectique peut-elle casser des briques ?, René Viénet, 1973

L’ennemi intime, Florent-Émilio Siri, 2007

Lawman, Michael Winner, 1971

 

Les notices (apocryphes) de Georges Sadoul

Aujourd’hui, Chantal Akerman

(Bruxelles, 6 juin 1950) « Jeanne Dielmanest l’aboutissement de mes recherches précédentes, formelles aux USA, narratives en Europe. C’est pour moi la rencontre d’un sujet et d’une forme. » Ainsi Chantal Akerman résume-t-elle, à propos de son premier long métrage, son itinéraire géographique et cinématographique. C’est dire du même coup ce qui fait le prix de ce minutieux inventaire des gestes de la vie quotidienne d’une femme, cette autre façon de dire l’imminence du désordre dans l’ordre immuable de la répétition ; et qui l’imposa dès son premier film. [Une liste.]

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 26 avril 2013 5 26 /04 /Avr /2013 01:15

Le Jour se lève (en cinéclub à l'université) m’amène à retirer ce que je suggérai la semaine dernière, Arletty sait arracher les larmes, Quelqu’un a-t-il noté la réplique référence à Hôtel du Nord ? Elle dit comme un écho : « Des souvenirs...des souvenirs...est-ce que j’ai une gueule à faire l’amour avec des souvenirs ? » mais dans une tonalité toute différente et très discrète. Jules Berry m’a paru plus pathétique qu’à la première vision, peut-être parce que j’ai rencontré depuis un personnage lui ressemblant.

Fedora est clairement un film de Billy Wilder même s’il a des allures hitchcockiennes, voire de palmiennes dans le scénario, pas dans la mise en scène. Le vieux William Holden est tel qu’en lui-même (une sorte de Lino Ventura) par contre José Ferrer (le père de Miguel) est méconnaissable. J’ai pensé à Avanti à cause de gags culturels sur les rapports entre grecs et touristes qui m’ont fait rire. Le fait que personne n’ait ri dans cette salle des Balkans m’a fait encore plus rire.

What’s up Tiger Lily se moque des images et les alourdit plus qu’il ne les détourne. C’est moins drôle que le Grand détournement parce que le décalage entre image et dialogue n’était pas aussi ludique, les personnages pas aussi travaillés, les voix pas aussi convainquantes.

Céline & Julie vont en bateau, était, au niveau du montage, plus brut que la Bande des Quatre et Haut Bas Fragile aux quels il m’a fait penser. Je l’aurais peut-être moins aimé s’il ne m’avait donné l’occasion de décuvrir Juliet Bert (au pays des merveilles de Juliet). Me reste à voir La Chinoise et la chanson d’Yves Simon me sera moins mystérieuse.
C’est donc un film sur Alice au Pays des Merveilles et sur le cinéma. Je l’ai regardé distraitement, et pourtant quelque chose s’est passé, un écho.

Comme je fais de la saisie de données sur un écran relativement grand, je regarde parfois des documentaires en même temps.

Par exemple, j’ai regardé Naissance de l’esprit Dada. Le temps écoulé entre le moment décrit et celui de leur évocation par ceux qui l’ont vécu est plus long (60 ans) que celui qui nous sépare de cette évocation (quarante ans). Attends, gn gn gn : oui, ça fait cent ans, Dada. 

Le documentaire Coluche, un clown ennemi d’Etat, m’a appris le rôle de Romain Goupil dans cette campagne. Ce sont ceux personnalité que je n'imaginais pas ensemble. Je n’ai pas aimé la mise ne scène du documentaire, le sujet m’intéressait suffisamment pour ne pas avoir besoin qu’on sollicite mon attention de façon aussi ridicule et, mettons, anglosaxone.

 

Le Jour se lève, Marcel Carné, 1939

Fedora, Billy Wilder, 1978

What’s up Tiger Lily, Woody Allen & Senkichi Taniguchi, 1966

Céline & Julie vont en bateau, Jacques Rivette, 1973

Naissance de l’esprit Dada, Philippe Collin & Hubert Knapp, 1971 

Coluche, un clown ennemi d’Etat, Jean-Louis Perez, 2011

 

J’ai aussi écouté les passionnants entretiens avec René Château. Ça m’a donné envie de voir du Bébel qui tache. C’était dans À voix nue sur France Culture.

Le premier numéro est ici, on suivra pour les autres.


Les notices discutables de Georges Sadoul.

Cette semaine, Marcel Carné :

(Paris 18 août 1909) Un maître du réalisme poétique qui, débutant à trente ans avec Jenny, exerça une énorme influence internationale. Exigeant, soigneux, convaincu, souvent grand. Lorsque, fin 1940, les moralistes de Vichy accusèrent Quai des brumes d’être coupable de la défaite (en même temps que Gide, Sartre, etc.), il répondit que l’idéal de l’artiste est de devenir baromètre de son époque sans qu’on puisse le rendre responsable des tempêtes prévues par lui. Dans les films qu’il avait réalisés précédemment sur scénario de Jacques Prévert (Quai des brumes,  Le jour se lève ), il avait métaphoriquement exprimé l’angoisse devant la montée des périls. Après les Visiteurs du soir, fable médiévale, les deux hommes atteignirent le sommet de leur art avec les Enfants du paradis. Comme jeune journaliste, il avait posé la question : « Quand le cinéma descendra-t-il dans la rue ? », et y avait répondu pour sa part qu’il ne voyait pas « sans irritation le cinéma actuel se confiner en vase clos, fuir la vie pour se complaire dans le décor et l’artifice ». Il demandait qu’on se penchât comme le romancier Dabit sur certains quartier de Paris. « Populisme, direz-vous ?Le mot, pas plus que la chose, ne nous effraie. Décrire la vie simple des petites gens, rendre l’atmosphère laborieuse qui est la leur, cela ne vaut-il pas mieux que de reconstituer l’ambiance surchauffée des dancings ? » (1932.) Comme réalisateur il suivit un peu le chemin de ses maîtres du Kammerspiel, Sternberg, Lupu-Pick, Murnau, et, de Jacques Feyder. Dans tous ses films d’avant 1948, de Jenny au Portes de la nuit, on retrouve plusieurs constantes : l’amour impossible, son éternité qui seule apporte le bonheur, mais qui ne peut pas longtemps se prolonger ; les salauds ont toujours le dessus. Son univers, comme celui de Prévert, est un théâtre où s’affrontent le Bien et le Mal. Ses héros, souvent incarnés par Gabin, sont de braves gens dont la société a fait des criminels, mais non des bandits professionnels, peints par lui comme des canailles. Ils rêvent d’ailleurs où l’amour sera possible et éternel, se heurtant au destin souvent symbolisé par un des protagonistes, mais aussi par le décor lui-même. Cette fatalité est en définitive une expression de l’ordre social. Sa conception dramatique ne fut pas immuable. Elle évolua pendant la guerre, où le diable des Visiteurs du soir se trouva impuissant devant le cœur battant des amants enlacés… Après l’échec immérité des Portes de la nuit, le réalisateur cessa de collaborer avec Prévert, qui allait abandonner le cinéma. Certaines anciennes constantes n’en subsistèrent pas moins dans La Marie du Port, Juliette, l’Air de Paris, les Tricheurs. Si elles touchèrent moins profondément le public, ce fut sans doute parce qu’elles avaient trop profondément répondu à l’avant-guerre pour convenir aussi bien à l’après-guerre.
Fils d’un ébéniste, d’abord journaliste et critique.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 22:19

Toute la soirée ils restent
Assis à digérer
Des navets indigestes
En salle réfrigérée

J’accumule les titres sur un fichier de traitement de texte, puis en bout de semaine, j’écris ces commentaires. J’avoue que ce titre, Meurtre en musique m’avait laissé perplexe. J’ai dû regarder la liste d’en bas (en vo) pour l’identifier. De fait, le jazz prend une grande place et beaucoup de musiciens donnent à ce film une ambiance inimaginable en 1934 (date du premier opus de la série).

C’est que Jambon, jambon traînait depuis un moment. J’avoue que c’est l’actualité qui m’a amené à le regarder. C’était très beau. J’ai ai été sensible à la structure croisée autour du personnage de SIlvia et au déplacement final autour d'un autre personnage. C’était conçu comme une tragédie implacable. Beaucoup d’animaux (pas que du jambon). Le décor, au moins autant que les personnages, que ce soit l’intérieur ou l’extérieur, m’a paru exotique comme un chaînon manquant. Gainsbourg aurait peut-être aimé.

Javier Bardem évoque Marlon Brandon dans Un tramway nommé désir dont je venais de lire la pièce (depuis la lecture de la bio de Louis Jouvet, j’essaie d’en lire, et de variées, j’ai lu L’École des Femmes, Pelléas et Mélissande, a Street Car named desire et un traité de diction, Dire le vers de Milner & Regnault, un traité de phonologie de l’alexandrin classique en fait, très intéressant). La succession des tableaux de Tennessee Williams n’était a priori pas très dramatique hormis le final perturbant. Le jeu de Vivian Leigh m’a semblé bien "théâtral" en regard de celui de ses partenaires, Karl Malden, Marlon Brando et les autres. À propos de distribution, un personnage de femme noire, shunté dans le film, était joué par un homme lors de la création sur scène, en 1949.

Généalogie d’un crime respecte parfaitement le genre. Je me demande quel est l’apport de Pascal Bonitzer. Le film est clairement un film de Ruiz. C’est tourné à Paris, ou dans la région, mais j’ai toujours l’impression que l’on se trouve à Montevideo. C'était très bien.

Avec La part des anges, il semble que Ken Loach se soit inspiré d’un principe d’Aki Kaurismaki selon lequel une dose d’optimisme, finalement, n’est pas si inutile. J’ai été heureux d’y voir du genêt. Il donne à découvrir, le whiskey, notamment, Edimburgh et Glasgow, mais pas que.

Deux conférences avec Pacôme Thiellement.

Quelque jour après avoir vu cette Soirée "Mon cul" avec Delfeil de ton, et alors que je relis L’Ecume des jours pour la première fois et près de 20 ans après la première (en 1995, ça ne nous rajeunit pas) je me rappelle quand j’ai entendu parler de Delfeil de ton pour la première fois : l’édition 10/18 d’alors avait en quatrième de couverture un extrait d’une critique de D.D.T. Il disait combien étaient rares les auteurs identifiables en quelques phrases. « Lire Vian, lire Léautaud… » J’aimerais bien lire Léautaud. J’ai bien aimé lire Delfeil de ton.

 

Elvis Yoga est une conférence séminale. Ç’aurait été un pléonasme si j’avais ajouté l’adjectif bonne au substantif conférence. Il m’a donné envie de voir Man on the Moon et de m’intéresser à Andy Kaufmann, de revoir des films de Jim Jarmush et David Lynch. Il fallait étudier les représentations d'Elvis.

 

 

Song of the Thin Man, Edward Buzzell, 1947

Jamón, jamón, Bigas Luna, 1992

A Street Car named desire, Elia Kazan, 1951

Généalogie d’un crime, Raul Ruiz, 1997

The Angel’s Share, Ken Loach, 2012

Deux moments avec Pacôme Thiellement :
        Soirée "Mon cul" avec Delfeil de ton (Librairie Monte-en-l’air)
           Elvis Yoga (Forum des Images)

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mardi 9 avril 2013 2 09 /04 /Avr /2013 20:30

 

 

Michel-Simon.jpg

 

Présentation du site du catalogue Drouot :

 

[SIMON (Michel)].

Autoportrait érotique avec un travesti [vers 1940-1950]. Photographie originale (162 x 225 mm). Surprenant portrait érotique de Michel Simon avec un travesti. L'aspect provocateur de l'image est renforcé par le fait que les deux protagonistes regardent l'objectif, transformant le spectateur en voyeur. Acteur d'origine suisse, Michel Simon (1895-1975) fut un érotomane insatiable. Sa collection de livres et d'objets érotiques dispersée après sa mort reste fameuse.



Accès abonné
Tous les lots de la vente aux encheres
En savoir plus
Le résultat de ce lot

 

 

Image vue un peu partout sur FB
(sur les pages de Charles Tatum et So Film, notamment)

C'est autre chose que les mises en scène de faux couples gays
avec des personnalités médiatiques
qu'on voit un peu partout.
(fût-ce pour la bonne cause).

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Les extremes satyres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 8 avril 2013 1 08 /04 /Avr /2013 00:52

Une petite panne la semaine dernière, j’avais pourtant le texte globalement prêt. Ce compte-rendu vaudra donc pour deux semaines.

 

De vrais mensonges a fonctionné. Il est allé dans une direction un peu casse-gueule qu’il a assumée. Ce qui a été reproché à des personnages par certains spectateurs pour des raisons morales (je fais ce que je peux pour n’en point trop dire) m’a réjoui.
Je n’ai vu aucun film de Pierre Salvadori de la décade passée. Les Apprentis vus pour la dernière fois il y a dix ans garde une place chère à mon cœur, Cible émouvante et Comme elle respire moins marquant font partie de ce petit cycle réunissant Guillaume Depardieu et Marie Trintignant. C’est peut-être pour ça que je n’avais pas osé regarder un film de Salvadori pendant si longtemps.
Dans mon souvenir, ses films décrivaient des personnages attachants et souvent fantasques. Ici le trio des personnages interprétés par Audrey Tautou, Nathalie Baye (sa mère esseulée) et Sami Bouajila (son soupirant anonyme) sont plutôt des archétypes de comédie ce qui a fait que certains y ont reconnu du Marivaux et du Molière. La performance d’Audrey Tautou m’a fait penser qu’elle serait pour l’Écume des Jours une erreur de casting aussi grande qu’Arletty pour  les Enfants du Paradis (ce qui au final peut s'avérer positif pour la Tautou).

Colloque de chiens reprend le principe narratif de La Jetée (le principe du photo roman), ce qu’ils ont en commun ainsi que le thème de l’inéluctabilité et du bégaiement de l’histoire. En dehors de cela ce film est clairement un film de Ruiz : grotesque, dérangeant et parfait. Impressionnant et cauchemarrant.


Colloque de chiens (Raoul Ruiz, 1977, KINOTE) from jeanne dielman on Vimeo.

 

Les films hollywoodiens des années 50 m’avaient manqué. Je suis heureux d’y revenir. 

Les personnages du Vent dans la plaine étaient particulièrement violent. C’est une Prisonnière du désert à l’envers. Une mise en scène inquiétante, presque métaphysique (les errances dans la tempête). Le visage poupon d’Audie Murphy affublé d’une moustache le rend plus dur. Parmi les raisons qui me font aimer ce film (comme beaucoup de westerns), c’est sa capacité à montrer des personnages froncièrement racistes et à les faire comprendre du spectateur sans pour autant l’obliger à adhérer à ce racisme. Il serait d’ailleurs absurde d’y voir un plaidoyer pour le racisme, mais plutôt un constat désespéré sur l’humanité.
Lire aussi cet article de Teppepa.

En revanche, Le sergent noir est bien un plaidoyer contre le racisme. Vingt ans après l’abolition de l’esclavage. L’affranchissement est loin d’être consommée dans beaucoup d’esprits. Peut-être à voir avant Django (que j’ai raté). Les blanc-becs qui ouvrent et clôturent le film sont bien moins intéressants que le Sergent Rutledge mais cela confère à ce personnage une sorte de mystère (venu de nulle part et n’allant nulle part).
On a l’impression d’une certaine désinvolture dans l’écriture, la mise au point de la structure de ce film de procès, comme si les séquences de flashback avaient été tournées avant et qu’on cherchait un moyen de les assembler. Cette désinvolture est dénoté par le comportement des juges qui jouent de ce comique si typique de seconds rôles de Ford et qui se mêle à une gravité liée à leur fonction (comme ici) ou à leur destin (lorsqu’ils meurent) et à l’absence apparente d’instruction du procès (les faits n’ont pas l’air d’avoir été établis au préalable). Cette désinvolture inquiète dans la mesure où le sort de l’accusé dépend des blancs (la conviction et le sens de la justice de son défenseur – présent lui aussi dans the Searchers avec un regard réprobateur – et la hargne du procureur. Cette désinvolture est sans doute le signe d’une maîtrise (de même le trait de Pratt qui passe d’un académisme proche de Milton Caniff à un trait plus personnel dans lequel on retrouve tout de même son expérience). La preuve de l’attention portée à l’histoire, je la vois dans ce motif que recherche l’enquêteur parfois sans le nommer (le spectateur n’a pas besoin de trop de sagacité pour le découvrir).
J’ajoute qu’une séquence m’a rappelé la Nuit des Morts-Vivants : celle qui raconte la rencontre du Braxton Rutledge et de la jeune femme qu’il protège dans une gare isolée au milieu de nulle part.
Lire aussi cet article d’Inisfree.

Surveillance est une histoire de tueurs psychopathes bien raconté avec une jolie tapisserie/papier peint dont on causera vraisemblablement ici. Il paraît que le film reprend le principe de Rashomôn, mais c’est faux : la variation ne réside pas entre les points de vue mais entre l’image relativement "objective" et la parole qui l’illustre. Procédé qui peut trouver une justification dans un twist final.

deer-wallpaper-mural.jpg
Image relativement récurrente
dans certaines séries et films
dont on causera vraisemblablement ici.

 

C’est une bio de Louis Jouvet* qui m’a rappelé que j’avais sous la main L’Odyssée de Charles Lindbergh :

Parfois, il retrouve Lisa Duncan [fille adoptive d'Isadora], parfois il rentre, le plus souvent à pied, rue Bonaparte. Le théâtre nourrit son esprit mais le succès tarde. En ce moi de mai, les parisiens ne jurent que par un aviateur Américain qui vient de traverser l’Atlantique. Le 21 mai à 22 heures 22, Lindbergh atterrit au Bourget après avoir survolé l’Irlande, l’Angleterre, la Manche et la Normandie. 200 000 spectateurs, parmi lesquels Else [son épouse], Anne-Marie, Jean-Paul et Lisa [ses enfants], acclament à la sortie de son appareil un Charles Lindbergh coiffé d’un chapeau de paille ! Il a franchi six mille kilomètres en 33 heures 30, à la moyenne de 179 km/h ! L’enthousiasme d’une foule éprise de sensations et de rêves se déchaîne. Le Journal Le Matin consacre sa première page à ce formidable et admirable exploit. Dans la même édition, en rubrique « spectacles », pas une ligne sur la Comédie des Champs-Elysées.

C’est la seule superproduction que je crois connaître à Billy Wilder (même si Ace in the Hole et the Apartment manipulent aussi la foule, ils ne sont pas en technicolor, peut être que The Private Life of Sherlock Holmes a aussi nécessité de gros moyens). Je me demande donc quelle fut la nature de son implication dans le projet. En tout cas le film était réussi : les flashbacks pas aussi nombreux que le dispositif narratif pouvait le laisser craindre, et la voix off à l’avenant : une séquence muette m’a fasciné.
Les séquences de construction de l’appareil (contenues dans un flashback) et la séquence du départ que le personnage de Lindbergh, après une nuit d’insomnie, n’avait pas l’air de réaliser m'ont particulièrement satisfait. La structure du film tient en trois temps :
- la nuit d’insomnie précédant le départ,
- le départ (continuité admirable entre la première et la troisième partie)
- le voyage.

------- 

La deuxième semaine a pour lien de continuité avec la précédente Bill Pullman, interprète de The end of violence que je suis content d’avoir vu après Surveillance. À part Andie McDowell agaçante avec ses mimiques qu’aurait magnifiquement parodiées Chantal Lauby, j'ai plutôt aimé ce film. Il y a avait une séquence en champ/contre champ dans laquelle ses réactions d’auditrice censée écouter ne semblaient pas du tout adaptées à la situation, d’où mes soupçons selon lesquels elle jouait sans savoir ce qu’elle écoutait.
Le thème contenu dans le titre m’a paru traité plus frontalement dans Watchmen, la bande-dessinée de Moore et Gibbons, je n’ai donc pas eu à regretter ce non traitement. Atmosphérique, le film réalisé par Udo Kier semble l’adaptation d’un tableau d’Edward Hopper, les éclairages rappellent les derniers Fassbinder (Lola).

La deuxième semaine a pour lien de continuité avec la précédente le thème du racisme avec Le mur invisible, qui décrit les phénomènes de l’antisémitisme avec une analyse plus profonde que celle qu’on a pu voir dans Crossfire, il y a bien longtemps (le même mois que les Apprentis – j’habitais rue de Toulouse à Rennes). La séquence avec le professeur Fred Lieberman (interprété par Sam Jaffe), didactique, fait mouche. Elle interroge frontalement sur la question de la Palestine (certes, en 1947), mais surtout, elle rappelle simplement que ce ne sont pas les Juifs qui sont responsables de l'antisémitisme. Ce personnage de professeur dit quelque chose comme "Moi, athée, américain, s'il n'y avait pas d'antisémitisme, je n'aurais probablement pas conscience d'être Juif."
Ce qui arrive au fils (interpr
été par le jeune Dean Stockwell) de Schuyler Green (encore un prénom impossible pour Peck) est possible dans un film qui peut se permettre d'expérimenter des mises en situation pour voir où cela peut mener serait moralement problématique.  Si le cinéma peut servir à révéler certaines choses, tant mieux.

Je trouve dans un jour au cirque tout ce que j’aime chez les Marx Brothers, notamment les numéros musicaux et la folie destructrice de Harpo. Ce personnage est effrayant (un peu moins ici) et donc réjouissant.

Grimé en Méliès, j’ai pris Malavoy pour Etaix à cause de sa gestuelle de film muet dans le Cauchemar de Méliès.

Je découvre enfin Joris Ivens avec Pluie, une œuvre datant d’avant Misère au Borinage qui l’a révélé si je ne m’abuse pas. La succession de plans intrinsèquement poétiques (ça veut dire que chaque plan est beau pour son motif et donne envie de lire L’eau et les rêves, 1941) rappelle la technique de Человек с киноаппаратом. La jolie musique de Larry Marotta rappelle celle de Marcel Dadi ou Soig Siberil.

 

Supercinema77

La nouvelle vision de Sept Psychopathes m’a rappelé la troisième référence à la France dans cette réplique de Billy (Sam Rockwell) à Marty (Colin Farell) « The Spanish have got bullfighting, the French have got cheese and the Irish have got alcoholism », ce à quoi Marty demande ce qu’on les Américains, la réponse de Billy étant la tolérance. En le revoyant (dans de meilleures conditions, pas à deux mètres de l’écran ni de biais, ni avec des gens qui bavardaient comme à la terrasse d’un café), le film qui m’avait déjà fait plaisir m’a paru encore meilleur, les détails qui m’avaient déplu, je les avais simplement mal compris. Les yeux de Tom Waits lorsqu'il raconte son histoire ! L’affiche ment : il y a au moins trois personnages qui ne sont pas des psychopathes : Colin Farrell et les deux personnages féminins. 

 

De vrais mensonges, Pierre Salvadori, 2011

Colloque de Chiens, Raul Ruiz, 1977

The Unforgiven, John Huston, 1960

Sergeant Rutledge, John Ford, 1960

Surveillance, Jennifer Chambers Lynch, 2008

Spirit of St. Louis, Billy Wilder, 1957

At the circus, Edward Buzzell, 1939

          Le Cauchemar de Méliès, Pierre Etaix, 1988

            Regen, Mannus Franken & Joris Ivens, 1929

7 Psychopaths, Martin McDonagh, 2012

 

 

Les notices vachardes de Georges Sadoul.

Cette semaine, Billy Wilder :

(Vienne 22 juin 1906) Ce boulevardier crépusculaire a bien réussi les comédies légères et les drames. S’il a le sens du ridicule, il ne s’est pas toujours rendu compte de ses propres ridicules** :  Les Cinq secrets du Caire . Formé en Allemagne, il s’est parfois souvenu de l’expressionnisme et du style UFA. Cet ancien scénariste s’imposa après guerre par des films noirs « policiers » :Assurance sur la mort ; un drame de l’alcoolisme :  The Lost Weekend ; un témoignage parfois dégradant sur le vieil Hollywood :  Boulevard du crépuscule ; une satire de la grande presse et de ses mœurs :  le Gouffre aux chimères . Puis il évolua vers de gros vaudevilles dans la vieille tradition européenne et remporta dans ce genre de très gros succès : Sept ans de réflexion, Certains l’aiment chaud,  la Garçonnière . Il a souvent critiqué les mœurs privées ou publiques américaines en frappant toujours deux coups à gauche pour un coup à droite. S’il lui arrive d’être un peu méchant, il n’est pas si bête.

 

*La bio : Louis Jouvet - Biographie, Jean-Marc Loubier, Ramsay, 1986 - Informative, systématique. Je comprends le sens de l'expression pas-à-pas. M'a intéressé.

** Moindres sans doute que ceux de Georges Sadoul, s'il fallait un texte pour en acquérir la certitude, ce serait celui-là.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

RADIO SATYRES

Popetry
Bertram Wooster





Cinéma

Le journal cinéma,
par le Dr Orlof

Sus au vieux monde,
par Chuck Tatum Jr

Inisfree,
par Vincent Jourdan
(John T. Chance) 

Avis sur des films,
par Christophe 

Westerns,
par Tepapa 

Les films libèrent la tête,
par Stéphane du Mesnildot

DVDblog,
par Bertrand Tavernier

ralentir travaux
par Maurice Darmon

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés