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Lundi 17 novembre 2014 1 17 /11 /Nov /2014 00:02

Quand j'apprenais le serbe, je me suis fait un petit pense-bête.


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Celui-ci ne sert à rien.

On ne peux pas confondre "pratiti" ("suivre") avec autre chose.

 

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L'éléphant est un hommage, pas un plagiat.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Protopicts
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Dimanche 16 novembre 2014 7 16 /11 /Nov /2014 18:07

films vus entre le 21 et le 28 septembre

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Chaque fois que je regarde un film, j’aime à jeter un œil sur les avis de certains bloggueurs. Dans le cas de Cent dollars pour un shériff, il est apparu que la critique de ce film a souvent consisté en une comparaison avec le True Grit des frères Coen que je n’ai pas vu. Juste après avoir le film de Henry Hathaway, j’ai visionné la bande-annonce du remake dans lequel j’ai retrouvé tous les passages clés avec un traitement plus sombre. Le film paraît donc plus un remake qu'une adaptation originale de l’œuvre, même si semble-t-il, l'esprit est mieux respecté.
Denis Hopper et surtout Robert Duvall font glisser ce film vers quelque chose de plus étrange qu'un western familial, mais c'est surtout le personnage de John Wayne qui donne sa saveur au film, un personnage que j'ai adoré découvrir.

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L’arbre et la forêt s’inscrit dans le faisceau de contacts virtuels m’exhortant à m’intéresser à Wagner. Le jeu de François Négret m’a intéressé à ce comédien qui interprète un rôle relativement ingrat. Il m’avait déjà marqué, pour de similaires raisons, dans Au revoir les enfants, où il jouait une sorte de Lacombe Lucien.

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Après Les Mariés de l’an deux, je retrouve Jean-Paul Belmondo avec Cartouche. C’est intéressant de comparer ces deux films de dix ans séparés, situés à peu près à la même époque en raison de leurs auteurs souvent comparés, voire opposés (de Broca et Rappeneau, donc). Si je me prête au jeu, je dirais que je préfère celui-ci, qui me donne l’impression de respirer, de m’amuser…

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J’ignorai que la chanson Nature Boy fut révélée par Le garçon aux cheveux verts.


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Ça fait depuis que j’ai raté une représentation à Saint-Malo il y a dix/quinze ans que je voulais voir Cravate club. Les adaptations de pièces à succès m’intéressent, surtout quand je les découvre. C’est souvent une expérience un peu bâtarde qui n’est pas propre au cinéma, avec une mise en tension, un climax et une débandade. C’est le cas notamment des Jaoui/Bacri, de certains films de William Wyler. Ce n’est pas général (le théâtre du splendid) mais c’est souvent le cas (Tout baigne). En l’occurrence, l’évolution, la folie, de l’un des personnages ne m’a pas paru convainquante. Après superficielle réflexion, cela ne semble du fait ni de l’acteur (qui n’a rien à prouver) ni de la mise en scène, ni même, peut-être du fait de l'auteur. Je suis à peu près certain que ce récit fonctionne mieux au théâtre.
Édouard Baer, grâce à un personnage raisonnable, y est joliment juste.

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Mauvais sang se pose comme un À bout de souffle des années 80 (même si ce n’est pas le premier de Léos Carax). Ce qui m’a frappé, c’est la référence commune à il n’y a pas d’amour heureux, qui devient une sorte de méta-référence à cause d’À bout de souffle qui appliquait déjà une forme d’esthétique de la citation.
Michel Piccoli est plus vieux ou plus jeune que d’habitude. Je m’aperçois que c’est le seul film de la période que j’ai vu avec lui entre 1982 (Espion, lève-toi) et 1991 (La Belle noiseuse). C’est une matière intermédiaire intéressante.
C’est un film généreux.

 

 

True Grit, Henry Hathaway, 1969

L’arbre et la forêt, Olivier Ducastel & Jacques Martineau, 2010

Cartouche, Philippe De Broca, 1962

The Boy with green hair, Joseph Losey, 1948

Cravate club, Frédéric Jardin, 2002

Mauvais sang, Leos Carax, 1986

 

Les notices de Georges Sadoul

Cette semaine, Henry Hathaway :

(Sacramento 13 mars 1898 /) Il eut, dans son abondante carrière (environ cinquante films), deux grandes chances, en 1935, les Trois Lanciers du Bengale, réussite commerciale ; Peter Ibbetson, réussite artistique. Après la guerre, Louis de Rochemont l’orienta vers le style documentaire, et l’on put prendre cet artisan pour un auteur. [une liste]

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Samedi 15 novembre 2014 6 15 /11 /Nov /2014 00:47

 

Quand j'apprenais le serbe, je me suis fait un petit pense-bête.


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Ici, c'était pour jouer sur la différence entre "se réveiller" (probuditi se) et "se lever" ("podignuti se").

 

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J'en ai quelques autres, je les ajouterai petit à petit.

 

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Protopicts
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Vendredi 14 novembre 2014 5 14 /11 /Nov /2014 00:27

Films vus entre le 15 et le 20 septembre
(ce qui, convenons-en, fait une paye, ce qui aurait dû avoir l’avantage de donner un peu plus de recul)

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Ça commence à Vera Cruz a la pêche. J’aime un peu tout dans ce film. Le rythme (ça commence tout de suite), l’humour, (les policiers mexicains sont paradoxalement à la fois efficaces et sympathiques).

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 Les mariés de l’an deux  est un film extrêmement calibré. Il paraît que c’est la marque de fabrique des comédies de Jean-Paul Rappeneau. La direction de Belmondo m’a impressionné. On le sent bridé, il en ressort une sorte puissance brute. Sami Frey est l’autre performance du film, mais cela est plutôt dû à l’écriture, sa froideur convenant bien à ce personnage d’aristocrate sans pitié. Ce film rappelle donc la Vie de Château mais paraît (autant que je m’en souvienne) plus réussi. Je classerais cette comédie de remariage à côté de Stavisky. Ce n’est pas seulement pour Belmondo, mais c’est parce que dans l’un il rencontre Dewaere et dans l’autre Depardieu.

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Ce que je retiens du film Le Procès, il me semble que c’est l’ouverture, la visite des policiers chez K. La folie, le rythmes, tout était travaillé. Pour la suite, ce sont surtout des bribes. J’ai été content de reconnaître Akim Tamiroff (vu dans Ocean’s Eleven et dans la Tulipe Noire). Le décor des bureaux m’a rappelé celui de ceux de the Appartment, sauf que chez Welles, ce n’était pas un trompe l’œil.


Foucault contre lui-même est instructif.

 

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Nous avons gagné ce soir a été limpide. Robert Ryan que je connais assez peu finalement est un acteur que j’affectionne à peu près autant que Sterling Hayden. Sur l’écran noir des nuits blanches, je pourrais imaginer un film dans lequel ils joueraient des frères. Dire qu’ils n’ont jamais joué ensemble.

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La Captive aux yeux clairs déroulement limpide, des personnages (Kirk Douglas) qui n’en pensent pas moins. Étant professeur de FLE (Français Langue Étrangère), je le placerai à côté d’Across the Wide Missouri, pour le français qu’on y entend. D’ailleurs les deux films se situent à peu près dans les mêmes régions. C’est pour l’anecdote. Pour le film, je me range sans contrainte à l’opinion générale sur Howard Hawks.

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Panique à l’hôtel aura été un Marx Brothers relativement pénible. En fait, ce n’est pas un film des Marx Brothers, c’est une pièce de boulevard jouée par les Marx Brothers.

 

The Big Steal, Don Siegel, 1949

Les mariés de l’an deux, Jean-Paul Rappeneau, 1972

Le Procès, Orson Welles, 1962

Foucault contre lui-même, François Caillat, 2013

The Set-Up, Robert Wise, 1949

The Big Sky, Howard Hawks, 1952

Room Service, William A. Seitler, 1938

 

Les notices de Georges Sadoul

Aujourd’hui, Orson Welles.

(Kenosha, 6 mai 1915) Il manquerait quelque chose au cinéma s’il n’avait pas existé, cet enfant prodige qui aimait à se grimer en vieillard, cet homme vieilli avant l’âge qui garde quelque chose de son enfance dans son génie et dans son désordre. Cocteau en a donné ce portrait : « Il est une manière de géant au regard enfantin, un paresseux actif, un fou sage, une solitude entourée de monde, un étudiant qui dort en classe, un stratège qui fait semblant d’être ivre quand il veut qu’on lui foute la paix. Il semble avoir employé mieux que personne […] cet air d’épave qu’il affecte parfois, et d’ours ensommeillé. » (1950.) Il apparut comme un météore, à 24 ans, dans un Hollywood ensommeillé, après avoir, par son adaptation radiophonique de « La Guerre des mondes » de H.G. Wells, affolé l’Amérique qui, à la veille de la guerre, crut à une invasion. Il y eut – dit-on – plusieurs morts, mais l’auteur involontaire de cette panique devint célèbre. Il était déjà très connu dans les milieux théâtraux d’avant-garde, comme acteur et comme metteur en scène. La RKO, grande firme d’Hollywood, lui accorda par contrat des pouvoirs absolus sur les films qu’il réalisait : « Voilà le plus beau chemin de fer électrique dont un homme ai jamais pu rêver » dit-il, après être entré dans les studios où il devait réaliser Citizen Kane, prodigieux portrait de l’artiste par lui-même, mais aussi du  milliardaire William Randolf Hearst. Ce magnat de la presse voulut interdire la sortie du film. Cet incident fut utilisé pour la publicité, et le film fut salué comme un chef-d’œuvre – qu’il était –, à New York et dans les grandes villes américaines avant d’échouer lourdement en province. Alors qu’il tournait un semi-documentaire en trois épisodes, il fut rappelé à Hollywood, et fut mis à la porte de la RKO réorganisée. On remonta et on mutila sa  Splendeur des Amberson . Il dut renoncer au cinéma pendant toute la guerre, où il participa activement à des campagnes progressistes. Revenu dans les studios comme réalisateur, il y dirigea son excellente Dame de Shangaï. Après avoir tourné Macbeth à Hollywood, il s’établit pour huit ans en Europe où il réalisa un Othello, et parut se consacrer aux adaptations Shakespeariennes. « Même s’il ne tenait pas toutes ses promesses contenues dans ses premiers films, ceux-ci suffiraient à sa gloire, écrivait alors André Bazin. Tout y aurait été remis en question : le personnage, le récit et la mise en scène. »

Il avait révolutionné la technique du film en reprenant des moyens déjà connus : décors plafonnés, images en clair-obscur, « plans séquence », profondeurs du champ, retours en arrière, etc., mais en les unissant et en les transformant pour leur donner un sens nouveau, et de la radio lui était venue une nouvelle conception de la piste sonore dont le rythme s’alliait à un montage d’images employant les ressources les plus diverses. Il revint aux sujets contemporains et, dans une certaine mesure, au héros de Citizen Kane avec Monsieur Arkadin. Puis, réalisant après quinze ans d’absence un nouveau film aux Etats-Unis, il fit d’un sujet policier banal un poignant soliloque avec  la Soif du Mal. Le désordre de sa vie avait paru, dix années durant, l’ensevelir, l’enliser même. Et puis soudain Lazare souleva la dalle de son tombeau : ce fut le Procès, le premier film qu’il ait, depuis Citizen Kane, terminé et monté lui-même, adaptation de Kafka mais aussi autobiographie. Il n’avait pas gaspillé sa vie et son talent. Il les avait magnifiquement dépensés, lui qui s’était choisi pour épitaphe : « Je ne pense pas qu’on se souvienne un jour de moi. Je trouve aussi vulgaire de travailler pour la postérité que de travailler pour de l’argent. » [Une lsite]

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Jeudi 6 novembre 2014 4 06 /11 /Nov /2014 19:43

Ceci vient de mon exemplaire de Coups de sang, un recueil de coups de sang de Cavanna.

Paru chez Belfond, en 1991. C'est un recueil de ce que Cavanna ne pouvait plus écrire dans Charlie Hebdo puisque la revue n'existe plus.

Cavanna existe toujours, lui.

C'est la première chronique du premier chapitre intitulé Les Assassins tranquilles.

Ça m'a paru d'actualité.

Je suis preneur d'informations sur le contexte (syndicats, revendications, etc.).

 

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Non, c’est pas possible ! C’est pas vrai ! Ils n’ont pas fait ça ! Si, ils l’ont fait.

Il faut les comprendre. Ils étaient en colère. Déçus. Désespérés. Ils se sentaient incompris, abandonnés. Il fallait bien qu’ils fassent quelque, quelque chose de gros, d’énorme, de terrible, pour qu’on les entende. Alors, ils ont amené les moutons.

S’ils avaient cultivé les tomates, ils auraient apporté des tomates. Eux, c’étaient les moutons. Ils ont amené des moutons. Des milliers de moutons. Des brebis, des agneaux. C’est ça, leur marchandise, à eux, leur production : du mouton. Ç’aurait été de la tomate, ou de la patate, ou du chou-fleur, ils auraient jété des tomates, des patates ou des choux-fleurs à la tête des CRS, en auraient répandu sur les routes, dans la cour de la Préfecture, enfin partout om ça fait de l’effet. Mais eux, c’était du mouton. Ça se manie moins facilement, le mouton. Pour le jeter sur kes CRS, il faut d’abord le hisser dans les étages, puis les balancer par la fenêtre. Ils l’ont fait. Ils en ont bavé. Ceux qui cultivent la tomate ou le chou-fleur ne connaissent pas leur chance. Ils ont hissé les moutons là-haut, et hop, vas-y donc, par la fenêtre ! Bien attrapés, les CRS. Ils ne s’attendaient pas à celle-là, dis-donc. Les moutons, eux, tout cassés. Ça bêlait, là-dedans ! Dans un sens, c’est un avantage, ça amplifiait, la merde. Les choux-fleurs, ça ne bêle pas.

Une autre fois, dans leur sainte et légitime colère, ils y ont mis le feu, aux moutons. Carrément. Un camion bien bourré. Alors là, non seulement ça bême, mais ça pue le mouton cramé, la laine, la graisse, tout ça te fait une de ces fumées noires bien dégueulasse, les médias ont été gâtés.

Ils l’ont fait. Ils en ont fait, en font, en feront bien d’autres. Ce sont des actes symboliques, voyez-vous. C’est pour bien faire comprendre à qui de droit qu’on préfère jeter la marchandise que la vendre à ce prix-là. Tomates, choux-fleurs, moutons, tout ça c’est de la marchandise…

Non, pas comme ça. Me voilà encore parti à ironiser. Je dérape dans le sarcasme. C’est ça, l’écriture : tu prends la plume fou de rage, tu la prends parce que tu es fou de rage, et le temps que la phrase te descende du cerveau au papier en passant par le bras, la main et le feutre, ta colère a bifurqué. Oh, elle est toujours là, virulente, mais, au lieu de mordre assassine à pleines mâchoires dans la viande, elle ricane, elle fait le croche-pied, elle ridiculise. Pas de ça ! Les mecs qui font ça, des choses pareilles, tu les auras pas au sarcasme. Rien à foutre de l’ironie, ces fumiers-là. De la brute pur jus, du Croc-Magnon plein silex. La tatane à clous dans la gueule, c’est tout ce que ça comprend, comme ironie.

Ils l’ont fait. Ils ont arrosé d’essence, ils ont foutu le feu et ils ont regardé cramer les moutons tout vivants, ils les ont entendus gueuler, jusqu’au bout, jusqu’au bout, et ils se marraient, les épais, ils imaginaient la grimace du préfet ou de je ne sais quel fonctionnaire, qu’ils visaient , ils se fendaient la gueule, ils buvaient le coup, rien de grand ne se fait sans l’alcool, ah, dis-donc, t’as vu le travail.

Dis-moi que c’est pas possible, dis-moi que des paysans français n’ont pas pu faire ça, dis-moi que c’était juste un petit groupe de sales cons bourrés à mort, dis-moi que les autres, la majorité,  l’immense masse des paysans qui étaient là, leur sont tombés dessus, leur ont écrasé la gueule à coups de sabots sur le pavé, dis-moi qu’ils ont tous couru chercher des seaux d’eau et se sont rués dans le brasier, et ont risqué leur peau, et ont sauvé tout ce qu’ils ont pu sauver, dis-le moi, dis-moi ça, c’est comme ça que ça s’est passé, n’est-ce pas ? Ils ne sont pas tous restés là, les gros cons, à regarder flamber des êtres vivants, des êtres avec des yeux qui les regardaient, avec des voix qui les suppliaient…

Non ? Tu dis rien ? Tu me dis que je ferais mieux de laisser tomber, que je vais finir par insulter la classe paysanne, et que ça, c’est très dangereux, ça ?

Oh, je ne les insulte pas, les paysans. J’aurais tant aimé qu’ils soient un peu moins cons, un moins ingénûment féroces que les autres, c’est tout…

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : C'est pour lire
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Mercredi 8 octobre 2014 3 08 /10 /Oct /2014 23:48

Ce sont des films vus entre le 8 et le 14 septembre.


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À première vue Les Hommes le dimanche, vu par hasard sur youtube, peut faire penser à un film Nouvelle Vague avant la lettre. Mais ce serait réduire les caractéristiques de la Nouvelle Vague à ce qu’elle a en commun avec le Free Cinema ou le néoréalisme (liberté, tournage extérieur, manque de moyen). Le véritable point commun serait peut-être le fait que ce premier film a été conçu par de futurs grands cinéastes (Hollywoodiens) en réaction contre les travers des films allemands (abusant d’expressionnisme) produits précédemment.

 

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Je ne peux comparer L’impossible monsieur Bébé qu’à His Girl Friday, autre comédie à 100 à l’heure de Howard Hawks.

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Le Cercle Rouge a beau être invraisemblable, qu’est-ce que c’est bien. J’ai appris que la distribution a connu quelques aléas. Personnellement, je suis très satisfait avec Gian Maria Volonte et Yves Montand, à la place duquel, pour la scène d’exposition du personnage, j’ai beaucoup de mal à imaginer Paul Meurisse.

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La chose d’un autre monde est efficace. J'ai pu constater à quel point le film a été séminal. On pense à Alien pour les séquence furtives où l'alien apparaît. On pense à Day of the Dead pour la folie du chef de l'équipe de scientifiques.

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Le film 38 témoins évoque effectivement Fury de Fritz Lang. Il y a deux parties dans ce film que j’aime beaucoup qui dépend de la décision du personnage d’Yvan Attal. L'exposition de la ville comparée à celle du Liège de La Raison du plus faible est ce qui m'avait d'abord intéressé. Le récit est net mais demande beaucoup d'empathie de la part du spectateur. Patrick Descamp est toujours bon et Natacha Régnier a eu une droit à une tirade remarquable.

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Grâce à September, j’ai appris que Woody Allen pouvait faire un film plombant. Le rythme, l'atmosphère east coast, l'univers (jazzy et cinéphile), les dialogues ("euh... i don't know... you think that... that.. that...") sont typiques de l'univers de Woody Allen, mais le film est plutôt à rapprocher d'"un air de famille" pour parler d'unité de lieu et de vidage de sac, d'adaptation de pièce de théâtre.

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On a vu La fille du 14 juillet au cinéma Fontana dans des conditions un peu triste. D’abord, la résolution de l’image était trop faible pour l’écran (on aura gravé un fichier trop petit sur le dévédé) et d’autre part la fréquence sonore était un cran trop élevé (à moins que ?). En revanche, le film a vraiment de quoi faire plaisir. Il prend un malin plaisir à mélanger hommages et contre-pied. La seule crainte que j'ai est que les auteurs n'en fassent pas d'autres. J'aimerai bien que ce film burlesque devienne un genre. Ou redevienne.


 

Menschen am Sonntag, Robert Siodmak, Curt Siodmak, Edgar G. Ulmer, Fred Zinnemann, Rochus Gliese, Billy Wilder, 1930

Bringing up baby, Howard Hawks, 1938

Le Cercle rouge, Jean-Pierre Melville, 1970

The Thing from another world, Christian Nyby & Howard Hawks, 1951

38 témoins, Lucas Belvaux, 2011

September, Woody Allen, 1987

La fille du 14 juillet, Antonin Peretjakot, 2013

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Jean-Pierre Melville.

(Paris octobre 1917 – août 1973) Il a débuté par un bon film, le Silence de la mer, qui valut par son exemplaire fidélité au livre de Vercors.  Les Enfants terribles ne furent pas de la même qualité et Deux Hommes dans Manhattan ne furent pas une réussite. Devenu propriétaire de studios, il a atteint le succès commercial en misant sur Belmondo, avec Léon Morin, prêtre et le Doulos. Comme acteur, on lui doit une excellente création d’écrivain vaniteux dans À bout de souffle, et comme dialoguiste cette réplique à la question : « Vous êtes un des premiers auteurs complets du cinéma français ? – Pas « un des », « le » premier ! » [Une liste]

Avec ses tout derniers films où l’intrigue policière se voulait d’abord support à une réflexion sur la solitude, Melville tendait à cerner de plus en plus le portrait de son « héros » idéal : un être en marge de la société qui bâtit sa vie selon son propre code moral. [Une liste]

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Mardi 30 septembre 2014 2 30 /09 /Sep /2014 21:48

Ce sont des films vus entre le 1er et le 7 septembre.


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La RKO, une aventure hollywoodienne est donc un documentaire instructif qui raconte clairement l’histoire de la RKO avec les intervenants indubitables que sont Joe Dante, Bertrand Tavernier et Michel Ciment. Le documentaire constitue une bonne introduction parfaite à ce catalogue et à ce coffret.


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À cause de Jeff Daniels, Les Berkman se séparent résonne étrangement après Tendre Passion où il incarnait un jeune père de famille. Les personnages sont certes différents, mais on se dit qu’ils ont vécu des choses similaires à des moments similaires. Je ne sais plus à quelle occasion je l’ai déjà dit, mais j’aime bien, de temps en temps, voir ce genre de film (type Sundance) au moins pour la bande originale, mais aussi parce qu’on prend son temps et les transports en commun.


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RKO


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Je me souviens de la dernière semaine de septembre 2010 comme de celle où j’ai conçu le désir de voir Le danseur du dessus pour en avoir vu un extrait dans the Green Miles et pour avoir lu une aventure de Dylan Dog dans laquelle le tueur s’était grimé en Jerry Travers (le personnage de Fred Astaire).

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Le Capitan inaugure un cycle composé de films de capes et d’épées glanés pour l’essentiel à la médiathèque. Celui-ci ce situe en 1616, lors de la régence avec un tout jeune Louis XIII, une conspiration et un favori terriblement méchant. On dit d’un film que quelle que soit sa qualité, il y a toujours quelque chose à retenir. Pour ma part, ce sera d’une part Bourvil chantant Baladin (la chanson qui m’a poussé à jeter un œil à ce film) et ce qu’il fit du voleur (interprété par un Préboist qu’on reverra dans ce genre) et d’autre part Concino Concini, incarné par Arnoldo Foà qui en tant que méchant est celui qui aide le mieux à maintenir l’intérêt du film (si, si, si).


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RKO


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Quelle classe, ce George Sanders, dans Le Saint contre-attaque !


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Je n’avais jamais vu traiter comme thème principal au cinéma la question de l’amour derrière les barreaux avant Chaînes ou les Sexes enchaînés dont le titre paraît graveleux. Le film m’a paru d’actualité.


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Un peu d’archéologie. Miller’s crossing, troisième film des frères Coen, était celui qui me manquait pour pouvoir dire que j’ai vu leurs dix premiers films. Ce sont des films que l’on m’a fait découvrir au lycée, des auteurs qu’il fallait avoir vu, aimer, dont le meilleur film était Fargo. En 2003, avec Intolerable Cruelty, je fais de fait une pause. En 2010, je vois un peu par hasard Burn after reading et, en 2014, avec impatience, Inside Llewyn Davis. En racontant cela, je ne fais que prendre la mesure du temps qui passe. Jusqu’à environ the Big Lebowski et O’Brother, c’était des cinéastes qui constituaient un repère important pour l’ado inculte que j’étais, après quoi j’ai probablement perçu une sorte de ronronnement. Je souligne inculte parce que j’avais vu The Man who wasn’t there avec une vague idée de ce qu’était un film noir ou Intolerable Cruelty sans avoir entendu parler de comédie de remariage, de screwball comedy, de Katharine Hepburn et Spencer Tracy. A posteriori (je ne les ai pas revus depuis), je me rends compte du travail de synthèse culturelle et cinéphile des frères Coen. Miller’s crossing en fait partie, mais révèle aussi que ces auteurs ne seraient que vaguement « postmodernes » si leurs films n’étaient pas aussi musclés (Une séquence d'anthologie, celle dans laquelle Leo O'Bannion / Albert Finney se défend).
Sous réserve d’avoir vu les films sortis entre après Intolerable Cruelty, je crois pouvoir dire que leur dernier, Inside Llewyn Davis, est le film des Coen que je préfère.


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Onibabacommence sur du free jazz. L’une des thématiques et une séquence rappellent Elle n’a dansé qu’un seul été (1951). On pense aussi à Themroc (alors qu’on ne l’a même pas vu). À la fin de la projection, quelqu’un a demandé à la cantonade (une dizaine de spectateurs) si quelqu’un a vraiment ressenti quelque chose, sous-entendant probablement que c’était un film bien froid et bien hermétique. On ne s’est pas manifesté, cette personne semblait vouloir avoir raison. Ceci étant, une discussion, une présentation, est toujours bienvenue.
C’était notre première fois à la nouvelle cinémathèque de Belgrade. On y est venu trois jours après Depardieu.

 

 

La RKO, une aventure hollywoodienne, Philippe Saada, 2010

The Squid & the Whale, Noah Baumbach, 2005

Top Hat, Mark Sandrich, 1935

Le Capitan, André Hunebelle, 1960

The Saint strikes back, John Farrow, 1939

Geschlecht in Fesseln, William Dieterle, 1928

Miller’s crossing, Joel & Ethan Coen, 1990

鬼婆, Onibaba, Kanedo Shindō, 1964

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Marc Sandrich.

(New York 26 octobre 1900 – 5 mars 1945) Spécialiste des comédies musicales, surtout connu par les films don’t Fred Astaire fut la vedette : la Gaie divorcée, Suivez la flotte, Top Hat, etc.


Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Dimanche 28 septembre 2014 7 28 /09 /Sep /2014 18:37

Cet été-là je reçus un coffret de 25 films de la RKO dont je fis l’emplette au printemps dernier ; j’injecte ces films dans mon programme qui s’improvise au jour le jour.

 

Ce sont des films vus entre le 26 et le 31 août.

 


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RKO

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Il paraît que King Kong fait partie des films qu’il faut avoir vu avant 14 ans. J’en ai vingt de plus au moment où je le découvre. Je ne sais pas si c’est ma capacité à m’émerveiller ou bien celle du film à fasciner, mais il a fonctionné.

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Dillinger est mort fait plus penser à une installation d’art contemporain qu’à un film. J’ai l’impression de m’être balader dans une galerie d’art avec plusieurs salles dans lesquelles on erre, on revient, on sent quelque chose s’élaborer. Mais ce n’est qu’une impression puisque le fil du film est celui de l’évolution de Glauco, interprété par Michel Piccoli. Un film qui donne envie de savoir cuisiner.


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RKO

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Sylvia Scarlett fait partie des films du coffret dont je n’avais jamais entendu parler. C’est aussi celui qui m’a révélé Katharine Hepburn, comédiennne volubile et dynamique, que je découvre ici agile, véritable pendant féminin de Cary Grant qui joue également dans ce film un personnage d’escroc qui se révèle assez touchant.

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J’ai décidé de regarder Remorques sur youtube tout frais du livre que je venais de lire. Tout au long du livre c’est Gabin que je visualisais, c’est Gabin que j’entendais dans le rôle d’André Renaud, rebaptisé André Laurent dans le film. Malheureusement, le scénario finalisé par Prévert patit de ce prévérisme qui arrive comme une boule de poil dans la soupe. Si on s’accommode dans un premier temps des mots d’auteur à la Prévert, l’histoire d’amour entraîne le film dans une direction un peu trop spécifique pour ne pas faire songer à un gâchis. Même si le film réussit à faire comprendre les enjeux, est formidable quand il met en scène la tempête et les efforts des machines ou l’histoire d’amour dont on se serait bien passé. C’est d’ailleurs un travers que l’on reproche généralement à Henri Jeanson. Mais Brest et le cours Dajot…


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Cela faisait un certain temps que je voulais voir Tendres passions, un film avec Jack Nicholson dans un second rôle. En quelque sorte et malgré lui, c’est le parrain de ce marathon de cinq ans désormais. Cette délicate comédie mélodramatique est la plus instructive que j’ai pu voir sur la société américaine du début des années 80. Les complications que connaissent les personnages dans leur vie ne compliquent pas le scénario, elles en sont le sujet. C’est pour cela que c’est un long film.

 

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RKO

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Outre que ce film a été élu meilleur film sorti en France en 1970 par l’équipe des blogueurs de Zoom arrière (qui par ailleurs, aime beaucoup Jacques Tourneur),La Féline contient l’intérêt non cinématographique de mettre en scène une actrice française interprétant un personnage serbe (je suis prof de français en Serbie). C’est évidemment d’une Serbie d’opérette dont il s’agit (il eût pu aussi bien s’agir de la Syldavie) mais c’est à ma connaissance le seul film américain antérieur à l’ère titiste mettant en scène un restaurant et une communauté serbe sur le sol américain.

 

King Kong, Ernest B. Schoedsack & Merian C. Cooper, 1933

Dillinger è morto, Marco Ferreri, 1969

Sylvia Scarlett, George Cukor, 1935

Remorques, Jean Grémillon, 1941

Terms of endearment, James L. Brooks, 1983

Cat people, Jacques Tourneur, 1942

 

 

Les notices de Georges Sadoul :

Aujourd’hui, George Cukor.

(New York 7 juillet 1899) Un homme de goût, cultivé, soigneux, sans vrai génie, mais intelligent et honnête, qui compta dans sa carrière plus d’une bonne ou excellente réussite. Venu du théâtre, il s’établit à Hollywood avec le parlant et s’essaya à tous les genres : pièces de répertoire, films à costumes, comédies musicales et légères, adaptations de romans, etc., avec un bonheur inégal, consentant parfois au pire. On lui doit : Little Women, Dîner à huit heures, Vacances, Comment l’esprit vint aux femmes, la Famme sacrée, la Diablesse en collant rose, etc. C’est un homme lucide, modeste et sincère, qui a ainsi décrit les servitudes de son métier : « J’avais passé cinq semaines à surveiller le montage de la Diablesse. Le film valait ce qu’il valait, mais au moins il avait un sens ; j’ai eu le malheur de m’absenter ; on a remonté le film d’une façon stupide, et il a tout perdu. Légalement, je n’avais aucun droit de protection. […] En Europe un metteur en scène est bien mieux considéré. À Hollywood, quand vous venez de terminer un film, tout le monde se croit en mesure de vous donner son avis. »

Après avoir été acteur et metteur en scène à Broadway, est appelé à Hollywood où il est directeur de dialoguespour Lubitsch, 1930-1932. [Une liste]


Toutes les illustrations sont de Šejma.

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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Vendredi 19 septembre 2014 5 19 /09 /Sep /2014 23:48

 

Cet été, pendant les vacances, j’ai surtout lu.

 

Ce sont des livres lus entre le 21 juillet et le 25 août.


 

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Partant à Amsterdam, j’ai décidé de relire La Chute d’Albert Camus.


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Avant de partir de Belgrade, j’avais emprunté au Chicon, le Conflit d’Élisabeth Badinter, pour le lui rendre à Bruxelles. Le ton sarcastique de l'auteure vis-à-vis des breastfeeder m’avait d’abord agacé, les références étaient curieuses. À la longue, le livre est devenu plus instructif, moins caustique et plus édifiant. Désormais, je me méfie des breastfeeders, mais surtout de ceux qui me disent comment je dois allaiter mon enfant.


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À Évasions, Bruxelles, j’avais acheté quelques Marabout fantastique et Mes Années folles, une autobiographie de Marcel Dalio dans laquelle il évoque la mort d’un cheval sur le pavé de Paris, ce qui m’a rappelé la Traversée d’une vie de Françoise Rosay. C’est plein d’anecdotes. Le personnage le plus touchant est celui de Pierre Brasseur.


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Le premier Marabout fantastique que j’ai lu est le varié Cérémonial Nocturne de Thomas Owen. Je garde les autres pour plus tard. Je veux dire le premier des deux achetés à évasion. Le tout premier que j’ai lu était un recueil de nouvelle de Selma Lagerlof. C’est un bon conteur. Le recueil contient un récit plus long que les autres et qui me marque d’une autre façon. J’ai du mal à saisir ce qui fait l’unité de ce recueil. Cela signifie que c'est varié. J'ai un faible pour une histoire de vampire (Le Chasseur) et le long récit final (Etranger à Tabiano).


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Au musée de la bande dessinée (que je n’ai pas visité) je me suis offert le premier volume de l’intégral des aventures de Philémon de Fred.


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Dans la bibliothèque de feu mon grand-père, il y a beaucoup de romans d’espionnage de type Fleuve Noir. Comme je vis dans les Balkans, j’ai été attiré par Du côté de Sarajevo de Jean Mazarin. On ne parle pas vraiment de Sarajevo, mais des Bled, une ville de Slovénie. J’ai surtout été étonné de l’accuité en matière de géopolitique de ce roman de 1977 qui disait comme si c’était évident que la Yougoslavie avait peu de chance de survivre à Tito en raison des nationalismes.

Peut-être un jour essaierai-je de lire un S.A.S.


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Il y a aussi d’autres livres dans cette bibliothèque. Notamment le Mermoz de Joseph Kessel, dont la trajectoire est passionnante. Le sujet, le personnage, la période charnière que représente celle de sa carrière (la création de l’aéro-postale)  était passionnante. On saura que la période de l’entre deux guerre est une période qui m’intéresse relativement.

 

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Les Incidents de la nuit, c'était pour retrouver David B. grâce à qui j'explore une certaine littérature fantastique, notamment celle publiée dans Marabout Fantastique. Ce livre aurait pu être publié dans cette collection.


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C’est aussi de cette époque (les années trente) que date le Chien Jaune de Simenon, un Maigret qui se situe à Concarneau. Pour une fois, la toponymie m’était familière.


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J’ai relu Un Homme est mort (attention ce lien renvoie vers un article du temps où le président était à peine Sarkozy) de Kris et Étienne Davodeau, le livre figure quant à lui dans ma bibliothèque. Comme j’ai passé cet été à explorer Brest, j’ai appris à ne plus confondre Jean Macé et Édouard Mazé.


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J’ai aussi relu un Modiano, Dimanches d’août, qui m’a permis de constater que j’ai sais mieux lire. Je l’avais lu à la fin du lycée, sans vraiment le comprendre. C’est un très beau livre. J’y appris l’existence de Raymond Aimos 70 ans après sa mort le 20 août 1944, tué par une « balle perdue » lors de la libération de Paris.


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Enfin sur le trajet Brest – Paris – Beauvais – Belgrade j’ai eu l’immense plaisir de lire un autre roman de Roger Vercel – je n’avais lu que Capitaine Conan -  celui-ci étant Remorques, dont j’ai vu quelques jour plus tard l’adaptation de Grémillon. Le livre est bien moins daté que le film. On en reparlera.


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C’est bath de faire les livres du mois. Le simple fait de les évoquer évoque le moment où je les lisais.

 

Je continuerai peut-être.

 

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Bon, récapitulons !

La Chute, Albert Camus, 1956

le Conflit – la femme et la mère, Elisabeth Badinter,  2010

Mes Années folles, Marcel Dalio, 1976/1986

Cérémonial nocturne, Thomas Owen, 1966

Intégrale Philémon t.1, Fred, 2011

Du côté de Sarajevo, Jean Mazarin, 1977

Mermoz, Joseph Kessel, 1938

Les Incidents de la nuits, David B., 1999-2002, 2012

le Chien Jaune, Georges Simenon, 1931

Un Homme est mort, Kris et Étienne Davodeau, 2006

Dimanches d’août, Patrick Modiano, 1986

Remorques, Roger Vercel, 1935

 

Les illustrations correspondent aux éditions dans lesquelles je les ai lus.


 

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : C'est pour lire
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Mardi 16 septembre 2014 2 16 /09 /Sep /2014 14:55

En voyage, on a vu un documentaire dans une chambre d’hôtel de Rotterdam, un film à la télé et un autre au cinéma.

Ce sont des films vus entre le 20 juillet et le 25 août.

 

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Je ne sais pas si Clothes to die for sera exploité en France. Ce documentaire raconte la catastrophe du Rana Plaza qui a eu lieu en 2013, l’été dernier, donc, à Savar, au Bangladesh. Édifiant et bien loin des junk reportage à laquelle la télévision anglosaxone (je parle de la langue) m’a habitué via ces chaîne de type discovery channel. Il y a de l’humanité et de l’objectivité dans ce documentaire. Il cherche à faire comprendre ce qu’ont vécu les victimes de ce drames aux quelles se joignent tous ceux qui sont poussés à accepter des conditions de travail lamentables. Autant que je me souvienne, il ne remet pas en cause le système de production qui profite des inégalités, mais préconise une certaine moralisation de ce système. On sent bien sûr une certaine hypocrisie de ce point de vue. Le plus important dans ce documentaire, ça reste le témoignage des survivants et la modification de leur rapport au travail. Ceux-là ne pensent généralement plus que la pauvreté justifie la prise d’autant de risques.

 


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Le Viager est un film quand même assez mal foutu. Le plaisir ne vient pas de ce que c’est un film mais de tout ce qu’il contient, un humour mi-potache, mi-cruel, un contexte partagé par les Français d’une certaine époque, de bons comédiens, une idée originale liée au passage du temps.


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Boyhood aussi est basé sur une idée originale, pas tant l’histoire d’un passage de l’enfance à l’âge adulte, que la décision de tourner le temps que les acteurs grandissent.
On pense à une sitcom ou à un soap, une longue série sur une famille qui vieillit, et notamment à ces épisodes à flashbacks dans lesquels on mesure le temps passé, le vieillissement des acteurs qui ont porté si longtemps leur personnage, notamment les enfants devenus adolescents. De ce point de vue le film était plaisant parce qu’une fois l’idée posée, il ne jouait pas sur cela. C’est à peine si on voit une photo du protagoniste enfant vers la fin du film. Pas de rétrospection nostalgique. Il a d’autre travers de soaps (des discussions définitives sur la vie notamment).
Je ne sais pas si c’était voulu, mais le film m’a révélé à quel point j’étais conditionné par les médias. Chaque épisode contenait un moment qui habituellement appelle un drame qui ne s’est jamis produit en l’occurrence. Par exemple, à un moment, lors d’une première soirée arrosée entre ados, on joue à des jeux dangereux mais, semble-t-il, aucun accident n’a lieu. À un autre moment, on consulte son i-phone en conduisant, comme dans une pub de la sécurité routière, mais sans accident (il faut dire que les routes du Texas sont plus longues et moins fréquentées). Parlant du Texas, on apprend à manier des armes, on s’attend, encore une fois à un accident (étant donné l’abondance de faits divers sur le sujet) mais tout va bien. Certains clichés étaient volontairement amenés pour être déjoués, c’est patent dans l’écriture (quand le deuxième beau-père demande à Mason l’heure qu’il est), mais dans les cas mentionné plus tôt, je me dis que ce gamin, comme beaucoup d’autres moi compris, revient de loin.
Le film a donné lieu à beaucoup de discussions, de parallèles avec la réalité. Il est propice à des « dossiers de l’écran » privés dans la mesure de son côté universel. On sait gré à ce film de ne pas expliquer ce gamin qu’on suit à peine. Ce n’est pas de la télé-réalité, le film, ou du moins les séquences qui le composent, est clairement écrit.
Le personnage interprété par Ethan Hawke est particulièrement attachant. Celui de Patricia Arquette, la mère, est à la fois plus présent (c’est elle qui s’occupe des enfants), et plus en retrait (ils communiquent moins). C’est évidemment une question de point de vue. Il n’en reste pas moins que le parcours de ces deux parents séparés est aussi intéressant, sinon plus, que celui de Mason.
(Le titre de cette note vient d'une chanson entendue dans Boyhhood.)

 

Clothes to die for, Zara Hayes, 2014

Le Viager, Pierre Tchernia, 1972

Boyhood, Richard Linklater, 2014

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Yves Robert, qui joue dans le Viager, mais dont je n’ai vu aucun film, ce que je regrette. Cela dit, dans le Viager, on chante « un éléphant, ça trompe, ça trompe, un éléphant, ça trompe énormément. » En tout cas, voici la notice :

(Saumur 19 juin 1920) Venu du cabaret (« la Rose rouge ») et du théâtre, il est passé à la réalisation et a emporté un grand succès avec la Guerre des boutons (1962),suivi de Bébert et l’omnibus (1963) et des Copains (1964).

Par Tzvetan Liétard - Publié dans : Ecran noir de nos nuits blanches
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